Mi-février, la majorité de droite du Grand Conseil genevois imposait une limite de 50km/h sur certains grands axes de la ville et du canton, balayant les 30km/h précédemment en vigueur dans ces zones. Pour ce faire, elle avait demandé la modification de la Loi pour une mobilité cohérente et équilibrée (LMCE). C'était déjà la troisième fois que le projet était évoqué en commission, avant d'être finalement accepté à 65 voix contre 33.
Or, un référendum vient d'être lancé pour s'opposer à ce changement, annonce l'Association transports et environnements (ATE) dans un communiqué diffusé le 23 février. Une coalition de plusieurs organisations, (dont Pro Natura et WWF), d'associations de quartier et de partis politiques (dont Les Vert-e-s et le PS), soutiennent l'initiative. A leurs yeux, la nouvelle loi est à la fois «passéiste, dangereuse et irresponsable».
Pour rappel, la nouvelle limitation concerne les axes structurants en zone II LMCE, à Genève, soit le «centre urbain élargi», dont la Ville de Genève et d'autres centres urbains du canton. Il s'agit donc d'un ensemble de zones différentes, classées sous l'appellation «zone II», précise le Système d'information du territoire à Genève, avec un accent mis sur la mobilité douce et les transports publics. Comme cette zone couvre une bonne partie de la ville et du canton, la droite estime qu'une limite à 50km/h permettra d'améliorer la fluidité du trafic. Le PLR Murat Julian Alder avait notamment déclaré, au moment du vote au Grand Conseil, qu'«il faut pouvoir rouler sur ces axes routiers structurants».
Bruit, sécurité et protection de l'environnement
Les défenseurs du 30km/h invoquent toutefois des risques pour le bien-être des riverains, comme de l'environnement: «A Genève, 120'000 personnes sont déjà exposées à un bruit excessif et y perdent des années de vie en bonne santé», martèle l'ATE dans son communiqué. Le Centre promettait la quête de solutions alternatives, comme la pose d'un revêtement photoabsorbant, pour lutter contre le bruit. Pas suffisant, estime l'ATE, affirmant que les normes fédérales de protection peinent déjà à être appliquées. Le communiqué rappelle aussi que le risque de décès passe de 10% à 30km/h, contre 70% à 50km/h, soulignant que le 50km/h s'accompagne de davantage de danger.
«Une baisse de la vitesse est nécessaire pour réduire la pollution de l’air, les gaz à effet de serre et les microparticules de pneus et de freins qui contaminent l’air et nos rivières», poursuit l'ATE, rappelant que 90% des microplastiques dans notre environnement provient de l'abrasion des pneus. «L’environnement, la santé et la sécurité des habitant-e-s doit compter plus que quelques secondes potentiellement gagnées pour le trafic de transit», conclut le communiqué.