Manif NoG7 à Genève
Le Conseil fédéral «déplore» les déprédations «avec la plus grande fermeté»

Le sommet du G7 à Evian provoque une vague de protestation, dont le climax est atteint ce dimanche à Genève. La manifestation de la coalition No-G7 a réuni au moins 20'000 personnes, mais est émaillée de casse et d'une nasse tardive.
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Des nasses sont en cours depuis la tombée de la nuit près du quai Wilson. La police empêche les manifestants de partir.
Photo: Blick
15.06.2026, 15:39 heures

Olivier Jornot a validé la nasse

Le procureur général genevois, Olivier Jornot, a validé les modalités de la nasse mise en place par la police genevoise après la dissolution du cortège anti-G7, selon la commandante Monica Bonfanti. La police affirme avoir voulu empêcher la dispersion de deux groupes de black blocs soupçonnés d’être impliqués dans des violences et des dégradations, afin de procéder à des contrôles d’identité, d’interpeller d’éventuels auteurs d’infractions et de récolter des preuves. 

Elle souligne toutefois que la présence de manifestants pacifiques et de passants «restés sur place malgré les injonctions de quitter les lieux», ainsi que les changements de vêtements et la dispersion des éléments perturbateurs, ont compliqué l’opération.

Au total, 549 personnes ont été contrôlées, dont 28 conduites dans des locaux de police pour des vérifications complémentaires. Trois personnes ont finalement été arrêtées puis libérées: deux sont soupçonnées d’avoir tiré des engins pyrotechniques et une autre d’avoir endommagé un véhicule de police.

15.06.2026, 13:38 heures

La coalition No-G7 réclame des excuses

Les organisateurs de la manifestation revient ce lundi sur les événements ayant conclu le rassemblement du 14 juin. «Une nasse policière de plus de 300 personnes a eu lieu sur la place Chateaubriand (quartier des Pâquis) de dimanche à 20h jusqu'à lundi 6h. Elle a concerné la quasi-totalité des porte-paroles du No-G7 ainsi que l'équipe de la Team d'auto-protection (TAP), libérés au compte goutte jusqu'au matin. Des personnes mineures et des personnes extérieures à la manifestation (touristes, passantes, et travailleurs et travailleuses d'une buvette) se sont également retrouvées nassées dans des conditions humiliantes. Cette opération policière est inqualifiable. Nous réclamons des excuses publiques aux responsables Madame Carole-Anne Kast (PS) et Monsieur Olivier Jornot (PLR), qui se cachent commodément derrière leurs porte-paroles», rapporte la coalition.

Cette dernière déplore également l'attitude des élus de la «gauche institutionnelle», qui ont «soutenu la répression», faisant ainsi référence aux élus socialistes et verts au sein d'Exécutif. Ils ont «loupé une opportunité historique de se ranger du bon côté de l'histoire. Honte aux partis conservateurs et d'extrême droite (PLR et UDC) qui ont attaqué la liberté d'expression de la majorité pour protéger des intérêts privés», tonne les organisateurs de l'événement. 

15.06.2026, 07:09 heures

Une nasse de neuf heures qui interroge

Les derniers manifestants bloqués dans la nasse sont sortis vers 6h du matin, après avoir été retenus plus de neuf heures par les forces de l’ordre. De l’eau et des couvertures de survie leur ont été distribuées, mais seulement après plus de quatre heures d’attente. Pour rappel, la nasse avait débuté vers 20h45.

Une grande partie des organisateurs, ainsi que des membres de l’équipe d’auto-protection chargée d’orienter les manifestants vers la sortie de la zone, se sont retrouvés coincés, sans possibilité de partir. Des membres de la coalition No-G7 dénoncent le fait d’avoir été bernés par la police, qui leur aurait indiqué de sortir alors que la nasse se refermait déjà sur eux.

Les forces de l’ordre ont ensuite procédé à des contrôles d’identité, près de quatre heures après le début de la nasse. Malgré l’important dispositif policier déployé sur place, les personnes retenues ne sont sorties qu’au compte-gouttes. Une situation qui interroge, au vu du nombre de policiers mobilisés.Cette lenteur a suscité la colère de plusieurs manifestants bloqués. Ce sont finalement d’autres personnes retenues sur place qui ont contribué à faire retomber la pression.

15.06.2026, 19:40 heures

Raiffeisen et PwC estiment l'ampleur des dégâts

Parmi les bâtiments endommagés lors de la manifestation figurent notamment ceux d’une agence de la Banque Raiffeisen, ainsi que les bureaux de PricewaterhouseCoopers (PwC), situés sur l’Avenue Giuseppe-Motta, dont l’entrée et la vitrine ont été détruites. 

Contactée, l’entreprise de cabinets d’audits et d’expertise fiscale, membre des fameux «Big Four», affirme que les dégâts sont en cours d’évaluation. Soulignant qu’il est trop tôt pour fournir une estimation fiable de leur ampleur totale, une porte-parole confirme que les procédures de sécurité mises en place ont fonctionné comme prévu: «Notre priorité est désormais de rétablir le fonctionnement normal aussi rapidement que possible et en toute sécurité», précise-t-elle. 

De son côté, la Banque Raiffeisen Villes et Vignobles genevois confirme que son agence située à la rue de Lyon a subi des dégradations, lors d’événements survenus en marge de la manifestation. «Les dommages constatés restent exclusivement matériels, indique une porte-parole. Le bâtiment n’a pas été pénétré et aucun collaborateur ni client n’a été mis en danger». Notre interlocutrice ajoute par ailleurs que la situation est aujourd’hui sous contrôle et que l’agence est sécurisée, bien qu’elle doive rester fermée jusqu’à nouvel ordre. Les activités de la banque se poursuivent toutefois normalement, et la clientèle est invitée à se rendre sur d’autres sites. L’évaluation complète des dégâts est en cours, tandis que la Banque prévoit d’examiner les suites à donner, «y-compris sur le plan juridique». 

15.06.2026, 16:42 heures

549 personnes contrôlées pour 3 arrestations

Au total, 549 personnes ont été contrôlées lors de la manifestation de dimanche à Genève contre le G7 qui a été infiltrée par des casseurs. Suite à des vérifications, trois personnes ont été arrêtées. Le dispositif policier mis en place pour ces contrôles est la cible de critiques.

Cette tactique policière appelée la nasse consiste à encercler un groupe de personnes pour l'empêcher de quitter une zone déterminée. Cette nasse installée à l'issue de la manifestation en début de soirée entre le quai Wilson et l'avenue de France a retenu pendant plusieurs heures près de 300 personnes.

Ces personnes, dont faisaient partie les organisateurs de la manifestation, ont été libérées progressivement après des contrôles d'identité. Les dernières sont sorties lundi matin. De nombreux témoignages relayés par No G7 dénoncent le manque d'eau et de nourriture pour les personnes retenues toute la nuit.

No G7 fustige «une opération policière inqualifiable». Le PS s'inquiète des conditions dans lesquelles cette opération s'est déroulée et demande des comptes.

De son côté, la police genevoise explique avoir émis de nombreuses injonctions de quitter les lieux avant de boucler le périmètre. Au final, «le dispositif de sécurité a poursuivi son engagement afin de contenir les éléments perturbateurs constitués en deux black blocs, impliqués dans les violences et les dégradations».

Source: ATS

15.06.2026, 15:08 heures

Carole-Anne Kast défend l'action policière genevoise

«A mes yeux, le dispositif de maintien de l’ordre a été proche de la perfection», estime la conseillère d'Etat genevoise Carole-Anne Kast au sujet de la manifestation anti-G7 de dimanche. Dans un entretien accordé au Temps, la cheffe du Département des institutions et du numérique (DIN) relève que l'action policière a été «très proportionnée».

«La police a tout fait pour minimiser l’impact sur les manifestants pacifiques, si bien que la tête du cortège a pu presque terminer le tour complet du tracé», souligne la conseillère d'Etat. «Il y a toujours eu le souci de la désescalade et une gestion des cas isolés», précise-t-elle.

Initialement autorisée jusqu'à 22h30, la manifestation a été dissoute peu après 18h00. Une dissolution justifiée, selon la conseillère d'Etat «pour éviter que tout ce monde reste rassemblé au parc Mon Repos avant d’être rejoint par les casseurs. Malheureusement, certains sont restés».

Au lendemain de ce cortège anti-G7, qui a été infiltré par des casseurs, de nombreuses critiques ciblent une nasse mise en place jusque vers 6h00. Ce dispositif visant à effectuer des contrôles empêchait les personnes prises dans le périmètre de partir. Interrogée sur cette opération, elle estime que «ce n’est pas le moment de tirer des conclusions ou des bilans».

«ll faudra reprendre cette question des modalités de la judiciarisation – à savoir l’interpellation et le contrôle d’identité lors d’une situation d’émeute – ultérieurement et analyser le dispositif mis en place», ajoute-t-elle. La coalition No G7 a pour sa part dénoncé un dispositif complètement disproportionné.

Source: ATS

15.06.2026, 13:04 heures

Une militante a dû fuir le gaz lacrymogène, alors qu’elle allaitait son bébé

Aude, militante du Collectif fribourgeois de la grève féministe, a rejoint la manifestation du 14 juin avec son bébé de deux mois: «Nous avons pris cette décision après de nombreuses réflexions, sachant qu’on nous prédisait l’utilisation possible de gaz depuis des semaines, et que les nourrissons y sont particulièrement vulnérables. Finalement, on a décidé d’y aller quand même, en prévoyant une stratégie minutieuse pour assurer la sécurité de notre enfant, en cas de besoin.» 

Alors qu’elle allaitait calmement son bébé dans le parc de Vermont, en lisière du parcours, Aude s’est vue contrainte de fuir un nuage de gaz qui traversait le quartier. «On s’est immédiatement réfugiés dans le hall d’un immeuble voisin, raconte-t-elle. Tout s’est bien passé au final, mais ce dispositif démesuré a vraiment mis en danger toute la population. On avait déjà failli se faire renverser un camion de police, en rejoignant le parc pour allaiter. La police était vraiment en formation de guerre.» 

La militante précise aussi que, en comparaison aux précédentes grèves féministes, les poussettes étaient beaucoup plus rares: «Il n’y en avait qu’une dizaine, note-t-elle. Beaucoup de camarades militantes ne voulaient pas venir avec leurs enfants, preuve que les autorités ont réussi à effrayer même des personnes avec une expérience dans le militantisme.»

15.06.2026, 13:03 heures

Un car de militantes féministes arrêté par la police à Bursins (VD)

Alors qu’elles se rendaient à Genève en car, au départ de Fribourg, un groupe de personnes, dont des membres du collectif féministe, ont été arrêtées à Bursins (VD) par une centaine d’agents de police, aux alentours de midi, le dimanche 14 juin. Les forces de l’ordre ont procédé au contrôle de leurs identités, puis de leurs sacs, avant de les laisser repartir une heure plus tard. 

Les personnes concernées ont décrit des affaires en désordre, ainsi qu’une grande perte de temps. «C’est fou, cela donnait vraiment l’impression d’une opération coordonnée pour empêchr un maximum de personnes de se rendre à la manifestation, précise une militante fribourgeoise. D’autant plus que des travaux sur la ligne ferroviaire reliant Fribourg à Genève avaient été annoncés, pile à ce moment-là, et que les transports publics genevois ont interrompu leur activité à midi.» 

15.06.2026, 13:02 heures

Manifestation anti-G7: trois arrestations provisoires

Selon un premier bilan provisoire, «28 personnes, neuf femmes et dix-neuf hommes, ont été amenées à la rétention, dont trois arrestations provisoires», a indiqué le porte-parole de la police genevoise, Alexandre Brahier. Les dégâts sont «relativement minimes par rapport au nombre de black blocs déterminés». Il y a notamment eu des vitres brisées, des abris de bus détruits et une voiture incendiée.

La police a mis en place une nasse en soirée entre le quai Wilson et l'avenue de France retenant près de 300 personnes, selon No-G7, pendant plusieurs heures, dont des membres de l'équipe d'auto-protection et des organisateurs de la manifestation. Elles ont été libérées progressivement après des contrôles d'identité. Les dernières sont sorties lundi matin.

De nombreux témoignages relayés par No-G7 dénoncent le manque d'eau et de nourriture pour les personnes retenues. No-G7 fustige «une opération policière inqualifiable».

15.06.2026, 12:36 heures

«Retenir des centaines de personnes toute une nuit n'est pas acceptable»

Le Parti socialiste genevois condamne la nasse mise en place dimanche soir près du parc Mon Repos, à l’issue de la manifestation No-G7. Selon le parti, des centaines de personnes ont été retenues durant de longues heures, alors que la mobilisation avait réuni plus de 25’000 participants pacifiques.

Le PS affirme que des mineurs, des syndicalistes, des organisateurs, des élus et de simples manifestants figuraient parmi les personnes bloquées. Il dénonce aussi des conditions jugées problématiques, notamment un accès insuffisant à l’eau, aux toilettes et à une protection contre le froid.

Tout en condamnant les actes de vandalisme commis en marge du cortège, le parti estime qu’ils ne peuvent justifier une privation de liberté collective et prolongée. Il demande désormais un bilan complet de l’opération, afin d’en clarifier les bases juridiques, le déroulement et la proportionnalité.

15.06.2026, 11:58 heures

Coincés et en situation de détresse psychologique et physique

La coalition No-G7 communique lundi matin au sujet de la nasse, dont les manifestants ont été libérés durant la nuit de dimanche à lundi, jusqu'à 6h du matin. Les personnes retenues affirment être restées plusieurs heures sans accès aux toilettes, à de la nourriture ou à des soins de base, alors que plusieurs situations de détresse psychologique et physique auraient été signalées.

Toujours selon ces témoignages, la police a laissé sortir les personnes au compte-goutte, après des contrôles d’identité, des fouilles et des prises de photos. Certaines auraient également été emmenées au commissariat. La coalition affirme que la nasse s’est terminée à 6h30 du matin, et non à 3h30 comme indiqué par la RTS, tandis que les dernières personnes seraient sorties du commissariat vers 8h30. Plusieurs cas présumés de violences policières, en lien ou non avec cette nasse, lui auraient aussi été rapportés. Le collectif remercie le réseau de solidarité mobilisé aux abords de la nasse et à la sortie du poste pour accompagner les personnes retenues.

15.06.2026, 10:42 heures

Retour à la normale sur le réseau des TPG

Après un contrôle des lignes aériennes qui se trouvaient sur le tracé de la manifestation de dimanche, les Transports publics genevois (TPG) ont pu mettre en service normalement le réseau lundi matin, ont-ils indiqué lundi. L'horaire vacances est appliqué jusqu'à mercredi.

Des difficultés ont été constatées sur les lignes transfrontalières, en particulier la 80 qui relie Saint-Julien (F) à Bel-Air. Il fallait compter avec 90 minutes de retard dans la matinée. En cause, l'attente au poste frontière où les contrôles sont renforcés. Seuls sept postes de douane restent ouverts à Genève pendant le G7. 

Photo: keystone-sda.ch

Source: ATS

15.06.2026, 10:36 heures

Les tentes des HUG pas utilisées

Les tentes mises en place devant les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) pour accueillir d'éventuels blessés en marge de la manifestation contre le G7 n'ont pas dû être utilisées, ont indiqué lundi à Keystone-ATS les HUG. Ces structures resteront en place jusqu'à la fin du Sommet.

Les HUG ont déployé un important dispositif pour répondre aux risques sanitaires liés à cet événement international. Les opérations chirurgicales électives, c'est-à-dire non-urgentes, ont été réduites de 20%. Les HUG ont aussi ouvert une quarantaine de lits supplémentaires.

Les équipes des urgences ont également été renforcées. Mais lundi matin, du personnel manquait encore à l'appel. Malgré le système de macaron mis en place pour le personnel indispensable, les employés frontaliers accusaient beaucoup de retard en raison des passages compliqués des frontières. Le personnel rencontre aussi d'importantes difficultés pour rentrer en France. 

Photo: keystone-sda.ch

Source: ATS

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