Drame de Crans-Montana
Le père d'une victime réclame la récusation de Béatrice Pilloud

Une plainte déposée vendredi demande la récusation des procureures enquêtant sur l'incendie à Crans-Montana. Les familles dénoncent des manquements graves dans l'instruction de ce drame.
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Une plainte déposée vendredi demande la récusation des procureurs enquêtant sur l'incendie à Crans-Montana.
Photo: KEYSTONE
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AFP Agence France-Presse

L'avocat du père d'une victime de l'incendie de Crans-Montana, qui a fait 41 morts et 115 blessés la nuit du nouvel an dans la station de ski, a réclamé vendredi la récusation des procureures chargées de l'enquête, qu'il accuse de «grave manquements». Dans une «requête de récusation» que l'AFP a pu consulter, l'avocat Garen Ucari a réclamé le désistement des magistrates du fait de «l'existence d'un nombre inédit de graves manquements et de graves erreurs (...) dans la conduite de la procédure».

Ces manquements sont selon lui «incompatibles avec les exigences d'une procédure équitable (...) a fortiori dans un dossier d'une telle ampleur et d'une telle sensibilité». L'avocat, qui représente le père d'une jeune victime décédée, accuse le trio de procureures chargées de l'enquête de laxisme, et demande leur récusation, ainsi que celles de la procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud, et de son adjointe, Catherine Seppey.

Des erreurs importantes

En écho aux critiques de plusieurs avocats et proches de victimes depuis le début de l'affaire, Me Ucari a notamment pointé l'absence de mesures «visant à pallier un risque de collusion», notamment la privation de liberté du couple de Français propriétaire du bar, dès le début des investigations. Il a également regretté que les magistrates aient tardé à effectuer des «perquisitions de locaux et des séquestres de documents», d'enregistrements et de téléphones portables.

Selon lui, ces «erreurs ont conduit notamment à la disparition ou à la pollution potentielle de moyens de preuve, en particulier ceux à charge, à la favorisation objective des prévenus et à la violation des droits des parties plaignantes». Cette requête a été adressée au ministère public valaisan, qui devra se déterminer avant de transmettre au tribunal cantonal, qui sera chargé de statuer, a expliqué à l'AFP une source proche du dossier.

«Homicide par négligence»

«Cette demande de récusation ne pouvait pas ne pas advenir. La multiplication des interrogations et des improbations en est la source. Pour les victimes, nous ne pouvons qu'espérer des décisions rapides des instances judiciaires», a réagi Me Sébastien Fanti, qui représente quatre familles de blessés. Cette requête survient au moment où les magistrates conduisent une série d'auditions dans cette affaire.

Vendredi, l'actuel responsable sécurité et incendie de Crans-Montana était interrogé sur l'absence de contrôles incendie dans le bar Le Constellation depuis 2019, alors que ces contrôles doivent être effectués tous les ans. La semaine prochaine, ce sera au tour de Jacques et Jessica Moretti, le couple de propriétaires objet d'une enquête pénale pour «homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence».

Cette requête survient au moment où les procureures conduisent une nouvelle série d'auditions dans cette affaire. Vendredi, c'est l'actuel chef de la sécurité de la commune qui a été interrogé dès 08h30 du matin. L'homme est en poste depuis mai 2024 dans la commune du Haut-Plateau.

Il devait notamment répondre à diverses questions en lien avec l'absence de contrôle des normes incendies, tant en 2024 qu'en 2025. La commune de Crans-Montana avait admis quelques jours après le drame qu'aucun contrôle n'avait été effectué depuis 2019.

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