«Fructueux et productif»
Les procureurs suisses et italiens enquêtent main dans la main

La Suisse et l'Italie renforcent leur coopération dans l'enquête sur l'incendie de Crans-Montana. Ce jeudi à Berne, les procureurs des deux pays se sont accordés sur des modalités de collaboration judiciaire après des tensions diplomatiques.
Béatrice Pilloud et Francesco Lo Voi, procureur général de Rome, à Berne, le 19 février 2026
Photo: KEYSTONE
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ATS Agence télégraphique suisse

La coordination sera «renforcée» entre la Suisse et l'Italie dans le cadre de l'enquête sur l'incendie de Crans-Montana. Les autorités pénales italiennes et valaisannes se sont mises d'accord jeudi à Berne.

«Nous avons pu avoir aujourd'hui une séance qui était très constructive», a d'emblée déclaré Beatrice Pilloud face à la presse à l'issue de la rencontre organisée sous l'égide de l'Office fédéral de la justice (OFJ). La procureure générale du canton du Valais emmenait la délégation valaisanne.

«La réunion était fructueuse et productive», s'est à son tour aligné le procureur général de la République de Rome, qui conduisait la délégation italienne. Francesco Lo Voi a également remercié les autorités suisses de les avoir conviés à une telle rencontre et a réitéré ses sincères condoléances à l'ensemble des familles, notamment italiennes, touchées par le drame de Crans-Montana.

De là est né l'intérêt porté à la tragédie par les autorités judiciaires de la République, a aussi souligné le magistrat, rappelant que le parquet de Rome a ouvert une enquête le 1er janvier, selon son droit national. Une demande d'entraide en ce sens avait été déposée auprès du Ministère public du Valais, qui y avait répondu favorablement le 30 janvier.

Une collaboration active

Cette première réunion avec la Suisse constitue ainsi «une première étape d'exécution de la commission rogatoire internationale transmise au début du mois de janvier, et qui aboutit aujourd'hui à un accord sur la possibilité de coopérer de manière renforcée», a encore déclaré Francesco Lo Voi. Il s'agit désormais de définir plus précisément les modalités de cette coopération. «Cette entraide réciproque permettra notamment aux autorités italiennes de participer aux actes d'entraide, comme le tri des pièces», a illustré la procureure générale Beatrice Pilloud.

«Le ministère public du canton du Valais conserve la direction de la procédure sur le territoire suisse, c’est-à-dire qu’il décide, entre autres, quels moyens de preuve sont recueillis et si les enquêteurs italiens assistent à leur obtention», a précisé, pour sa part, l'OFJ. Le parquet de Rome a lui la même responsabilité sur le territoire italien. Les deux pays s'accordent ainsi sur un objectif commun: élucider l’incendie de Crans-Montana jusque dans ses moindres détails. Et désormais coopérer en ce sens de manière renforcée.

Cette réunion intervient après des semaines de tensions diplomatiques entre les deux pays. Durement touchée par la tragédie du Nouvel An – avec six jeunes décédés et une dizaine de blessés –, l'Italie a régulièrement critiqué la manière dont la procédure était menée par les autorités suisses. Rome avait d'ailleurs rappelé son ambassadeur le 24 janvier. Parmi les raisons de la rancoeur de l'Italie: l'absence d'autopsies des victimes, la libération du gérant du bar ou encore l'absence d'indemnisation pour les proches des victimes.

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