Ce devait être une nuit de fête. Mais le passage à la nouvelle année a viré au cauchemar à Crans-Montana. A 1h30 du matin, jeudi 1er janvier, le bar «Le Constellation», s’est embrasé. Des centaines de jeunes se sont retrouvés pris au piège des flammes. A l’heure actuelle, le bilan provisoire fait état de plus de 40 morts et de 115 blessés, la plupart grièvement brûlés.
Dans la station, l’émotion est immense. Les passants ne parlent que de cette terrible tragédie, se donnent des nouvelles et s’étreignent, les yeux mouillés. La rue centrale a été bouclée pour permettre à la police scientifique d’identifier les corps calcinés et aux autorités valaisannes de mener leur enquête sur les causes de l’incendie.
«Des centaines de personnes ont été brûlées à vif»
Devant les rubalises, Léandre échange avec une femme, portant un gilet vert sur lequel est inscrit «soutien psychologique». Ce cuisinier de 32 ans a été l’un des premiers à se rendre sur les lieux. Visiblement ébranlé, il raconte la scène qui s’est déroulée sous ses yeux.
«Des jeunes tentaient de sortir du bar. Devant, à terre, il y avait des personnes calcinées. On a essayé de les aider au maximum, de donner les premiers secours. Elles n’avaient plus de vêtements, brûlés par les flammes. On les a tirées dehors, certaines étaient conscientes, d’autres non.» Et de décrire une scène de chaos: «On a fait ce qu’on a pu. Même les secours semblaient désemparés et dépassés par l’ampleur de la catastrophe. Des centaines de personnes ont été brûlées à vif.»
D’après le témoignage recueilli auprès d’une personne qu’il a secourue, ce serait une bougie festive, qu’on sert habituellement avec le champagne, qui aurait mis le feu au plafond de l’établissement.
«Un vrai film d’horreur»
A quelques pas de la rue centrale, Gabriel raconte être passé devant Le Constellation au petit matin. «J’ai aperçu de la fumée, puis des gens qui sortaient du bar. En m’approchant, j’ai vu des personnes brûlées vives, dont les lambeaux de peau se détachaient. C’était très choquant…»
Le jeune homme décrit le ballet des ambulances et des camions de pompiers. Et une artère complètement bouclée. «Les pompiers sortaient les victimes sur les canapés de la terrasse. Ils les sortaient, sortaient, ça ne s’arrêtait pas. Tout était en ruines devant le bar.»
Serena et Nancy, habitantes de la station, décrivent aussi une situation apocalyptique. «Les gens couraient, hurlaient, des parents désespérés cherchaient leurs enfants. C’était la panique générale. Un vrai film d’horreur, les gens sortaient sans leurs vêtements. On a entendu des cris à déchirer le coeur.»
Des cris de douleur
Paul*, qui souhaite rester anonyme, a assisté à la tragédie depuis son balcon. Sur son téléphone, il montre les vidéos tournées depuis chez lui, comme s’il avait besoin de prouver que cette «scène de guerre» a vraiment eu lieu. «En face du bar, il y a une banque. C’est là que les secours emmenaient les victimes, dans le sas d’entrée, pour prodiguer les premiers soins.»
Le quinquagénaire décide de sortir de chez lui vers 2h30. «Devant l’entrée de l’immeuble, il y avait les victimes allongées avec des couvertures thermiques qui tremblaient et criaient de douleur.» Il souffle: «Et puis, sur des brancards, des cadavres…»