Les informations principales sur le drame à Crans-Montana
- L'incendie s'est déclaré vers 1h30 dans le sous-sol du bar «Le Constellation».
- Bilan des autorités: 40 morts, 116 blessés dont 71 Suisses
- L'incendie est dû à un engin pyrotechnique planté sur une bouteille et à l'embrasement d'une mousse insonorisante fixée au plafond. L'enquête est toujours en cours.
Les plans du bar révèlent un deuxième accès de secours, qui aurait été bloqué
De nouveaux éléments émergent dans le dossier de l’incendie meurtrier survenu au bar «Le Constellation» à Crans-Montana. Selon une enquête de SRF, des plans de construction officiels, jusqu’ici restés sous scellés, attesteraient de l’existence d’une seconde sortie de secours au sous-sol de l’établissement. Ce passage aurait toutefois été obstrué la nuit du drame.
Le plan reconstitué par la SRF fait apparaître, à l’arrière du sous-sol, en face des toilettes, une porte menant à une cage d’escalier et identifiée comme issue de secours. Jusqu’à présent, l’existence d’un tel accès n’avait jamais été confirmée. Les investigations, fondées sur des plans, des images, des vidéos et des témoignages, en établiraient désormais l'existence.
Des doutes subsistent
Des images de vidéosurveillance issues du dossier d’enquête montreraient cette porte peu avant le départ du feu. Un tabouret de bar est visible juste devant l’ouverture, susceptible d’avoir entravé la fuite des jeunes clients. On ignore à ce stade qui a placé cet objet à cet endroit. Il reste également à déterminer si les clients ont pu utiliser cette issue ou si les secours ont pu emprunter ce passage pour accéder au bâtiment en flammes.
Jusqu’ici, les avocats du couple Moretti avaient exprimé des doutes quant à la nature même de cette porte, contestant qu’il s’agisse d’une issue de secours ou qu’elle ait été bloquée au moment de l’incendie.
Marche blanche à Lugano en mémoire des victimes
Une marche blanche en souvenir des victimes du tragique incendie de Crans-Montana (VS) a rassemblé une cinquantaine de personnes samedi soir à Lugano. Le cortège silencieux s'est ébranlé des rives du lac pour se diriger vers le parc du centre-ville où une commémoration a eu lieu. La manifestation a eu peu d'échos en raison de l'horaire tardif et des nombreux carnavals qui battent leur plein dans tout le Tessin.
L'initiative a été lancée par deux personnes privées en mémoire des 40 morts et des 116 blessés et en signe de solidarité avec les familles des victimes touchées par le drame.
Les participants à la marche ont défilé en silence jusqu'au Parco Ciani pour se recueillir dans un espace expressément aménagé où un représentant de l'Evêché de Lugano et un membre du Conseil communal ont pris la parole. Pour rappel, une jeune Italo-tessinoise de 18 ans, résidant à Coldrerio (sud du canton) a perdu la vie dans l'incendie.
Source: ATS
Jessica Moretti: «Nous le devons aux victimes»
Le jour de son arrestation, alors que des journalistes encerclaient les gérants du «Constellation» sur le chemin du tribunal à Sion, Jessica Moretti était apparue très éprouvée. Sous la pression des médias, elle s’était excusée en larmes auprès des victimes, des blessés et des proches touchés par l’incendie de Crans-Montana. Ce jeudi, elle est de nouveau apparue face aux caméras.
A l’issue d’un rendez-vous au poste de police de Sion, Jessica Moretti, coexploitante du bar et épouse de Jacques Moretti, a accordé une brève interview à la chaîne italienne TG1. Cette intervention intervenait dans le cadre de l’audition d’un employé de l’établissement.
Jessica Moretti est entrée par l’accès principal du bâtiment, sous l’objectif des journalistes, avant de quitter les lieux par une sortie arrière après la fin de l’audition.
Dans cette courte prise de parole, elle a expliqué s’être présentée par devoir. «Nous le devons aux victimes, auxquelles nous pensons chaque jour», a-t-elle déclaré, ajoutant qu’elle suivrait de près le déroulement de l’enquête.
L'Italie obtient un droit de regard sur le dossier Crans-Montana
Le Ministère public valaisan a accordé l'entraide judiciaire à l'Italie dans le dossier du drame de Crans-Montana. L'Office fédéral de la justice (OFJ), en sa qualité d'autorité centrale en matière d'entraide judiciaire internationale en matière pénale, a été informé que le Ministère public du canton du Valais a donné suite, vendredi, à la demande d'entraide judiciaire du Ministère public de Rome, explique l'OFJ dans un communiqué.
Le Ministère public du canton du Valais soutient ainsi la justice italienne dans ses investigations. «Ce n'est pas que le Ministère public valaisan ait besoin d'aide», a déclaré Ingrid Ryser, responsable de l'information à l'OFJ, à la radio alémanique SRF.
Procédure pénale en Italie
Etant donné que des citoyens italiens ont été touchés par l'incendie, la justice italienne est tenue d'ouvrir également une procédure pénale. C'est pourquoi elle a demandé l'entraide judiciaire à la Suisse. «Il pourrait donc être judicieux que les deux autorités judiciaires unissent leurs forces, mettent leurs ressources en commun et travaillent ensemble sur cette procédure pénale», poursuit Mme. Ryser.
Dans le cadre de cette assistance, le Ministère public de Rome aura notamment accès aux éléments de preuve déjà recueillis. Une première réunion technique entre les autorités pénales des deux pays aura lieu à la mi-février. L'OFJ accompagnera cette réunion. L'objectif est de clarifier les détails de la coopération et de coordonner les procédures. Aucune autre information sur la procédure d'entraide judiciaire n'est communiquée pour l'instant.
Source: ATS
«Je me suis recroquevillé dans un coin et j'ai attendu la fin»
Depuis l'incendie à Crans-Montana, la vie de la famille Aubrun s'est arrêtée. «Pour nous, l'année 2026 n'existe pas», déclare Lionel Aubrun, père de Matthieu, 27 ans, à la RTS. Matthieu venait de commencer à travailler au «Constellation» deux semaines auparavant.
Dans la nuit du Nouvel An, 25% de son corps ont été brûlés et ses poumons ont été gravement affectés par les fumées toxiques. Il a longtemps été entre la vie et la mort et a dû être placé dans un coma artificiel. Peu avant, il avait téléphoné à ses parents: «Je ne pouvais pas sortir et pousser les autres. Je me suis recroquevillé dans un coin et j'ai attendu la fin.»
«Un jeune homme dans le corps d'un homme de 90 ans»
Depuis le 1er janvier, la famille Aubrun vit à Metz, à environ 170 kilomètres de chez elle, afin d'être aux côtés de Matthieu au quotidien. Le jeune homme a perdu plus de douze kilos et doit faire face à un processus de guérison qui durera plusieurs années. Ses mains sont gravement touchées et une longue rééducation l'attend. Pour que les greffes de peau cicatrisent, il doit éviter le soleil pendant environ deux ans et porter des vêtements compressifs presque 24 heures sur 24.
Matthieu est désormais hors de danger et n'est plus sous respiration artificielle, mais son père le décrit comme «un jeune homme dans le corps d'un homme de 90 ans». Chaque phrase lui coûte de l'énergie et du souffle. Une nouvelle vie commence maintenant pour la famille, marquée par les conséquences physiques, psychologiques et financières de la tragédie, mais aussi par l'espoir que les responsabilités seront assumées.
Le père d'une victime d'incendie critique les autorités suisses
Son fils, Luka, âgé de 18 ans, a été blessé lors de l'incendie du «Constellation» dans la nuit du Nouvel An. Il a subi de graves brûlures et est toujours dans le coma à l'hôpital universitaire du canton de Vaud. «Il est très bien soigné», déclare Hugues Blatti dans une interview accordée à la RTS.
Il n'y a pas de mots assez durs pour les autorités suisses qui l'ont profondément déçu. «Nous n'avons pratiquement aucun contact, critique-t-il. En revanche, la France s'est manifestée, avec même une rencontre avec le président Macron», ajoute Hugues Blatti, qui réclame davantage d'aide pour les victimes. «Les indemnités versées par les assurances ne suffisent pas. Il faut créer un fonds pour indemniser tout le monde.»
Avec d'autres familles, il a fondé l'association Swisshearts afin de collecter des dons.
Des enregistrements glaçants de la nuit de l'incendie à Crans-Montana ont été retrouvés
La chaîne française France Télévision a recoupé des appels aux secours passés lors de la nuit de l'incendie à Crans-Montana. La chaîne a eu accès à 171 appels reçus par la Centrale 144 entre 1h30 et 3 heures du matin dans la nuit du Nouvel An.
Ces enregistrements ont été ajoutés dans le dossier d'instruction par l'Organisation cantonale valaisanne des secours. Ils relatent les échanges entre la centrale qui coordonne l'intervention des ambulances et les témoins de la scène, mais aussi les victimes elles-mêmes et les personnes qui les ont aidées.
«C'est une zone de guerre»
Un premier appel confus a été reçu à 1h29 et le second dix secondes plus tard, expliquant qu'une explosion s'était produite au «Constellation» et qu'il y avait des blessés. Les appels s'enchaînent ensuite très rapidement. Les secours envoient les ambulances et tentent de calmer les personnes à l'autre bout du fil, sans se douter encore de l'ampleur du drame.
«Il y a plein de gens qui sont blessés, il y a du sang, j'ai jamais vu ça de ma vie», s'exclame une personne au téléphone. Certains demandent des conseils aux secours et disent avoir aidé des grands brûlés. Enregistré, un secouriste souffle à son collègue: «Les psychologues d'urgence ont été déclenchés? Alors il faut faire péter tous ceux qui sont disponibles, c'est une zone de guerre, je te le dis franchement.»
Source: France Télévision
L'actuel chef de la sécurité de Crans-Montana est mis en cause
L'actuel chef de service de la sécurité publique de la commune de Crans-Montana est mis en cause dans le cadre de l'enquête de l'incendie au bar «Le Constellation», nous indique son avocat, confirmant une information de BFMTV.
Il sera entendu le 6 février prochain en «qualité de prévenu» selon une source proche du dossier, affirme l'AFP. Et ce, probablement pour n'avoir pas demandé de contrôle depuis son entrée en fonction en mai 2024, précise la RTS. C'est la quatrième personne visée par une enquête, après Jacques et Jessica Moretti, ainsi que l'ancien chargé de sécurité.
Contacté par l'AFP, le ministère public valaisan a refusé de faire tout commentaire.
«Je vous confirme que mon client est cité à comparaître pour le 9 février en qualité de prévenu»
Après les gérants du bar «Le Constellation», Jessica et Jacques Moretti, une troisième procédure pénale a été ouverte par le Ministère public valaisan mercredi dans le cadre du drame de Crans-Montana. Elle touche un ancien chargé de sécurité de la commune.
«Je vous confirme que mon client est cité à comparaître pour le 9 février prochain en qualité de prévenu», a indiqué l'avocat David Aïoutz jeudi matin à Keystone-ATS, confirmant une information de la RTS. «Il n’y aura, à ce stade, pas d’autre déclaration.»
Source: ATS
Le Ministère public étend la procédure pénale contre un ancien chargé de sécurité
Le Ministère public valaisan étend la procédure pénale contre un ancien chargé de sécurité de Crans-Montana, révèle la RTS ce mercredi. Il était responsable de plusieurs contrôles incendies dans le «Constellation». Celui-ci sera auditionné le 9 février prochain. L'avocat du prévenu a confirmé l'information.
Le Conseil fédéral répond pour la première fois à l'Italie
Le Conseil fédéral s'est exprimé pour la première fois en tant que collège sur le drame de Crans-Montana. Par la voie de sa porte-parole, il s'est dit profondément bouleversé. Il partage également la demande d'une enquête approfondie formulée par l'Italie.
Le Conseil fédéral s'efforce d'exprimer sa sympathie aux victimes et à leurs proches et d'aider l'ensemble du pays à surmonter le choc et le deuil. Le gouvernement suit de près l'évolution de la situation et est régulièrement informé de l'avancement des travaux. Il comprend aussi le choc que cette catastrophe a provoqué en Italie. Il partage la demande d'une enquête approfondie et professionnelle sur les causes et les responsabilités de l'accident.
Comme des citoyens italiens ont été touchés par l'incendie, la justice italienne doit impérativement ouvrir une procédure pénale. Une demande d'entraide judiciaire a été adressée à la Suisse. L'Office fédéral de la justice l'a examinée et transmise au Ministère public valaisan le 14 janvier pour exécution. Celui-ci se prononcera d'ici la fin de la semaine, a précisé Nicole Lamon devant les médias à Berne. Les équipes communes d'enquêtes sont une pratique courante dans les procédures complexes. Elles permettent un traitement efficace des affaires pénales.
Source: ATS