Les informations principales sur le drame à Crans-Montana
- L'incendie s'est déclaré vers 1h30 dans le sous-sol du bar «Le Constellation».
- Bilan des autorités: 41 morts, 115 blessés dont 70 Suisses
- L'incendie est dû à un engin pyrotechnique planté sur une bouteille et à l'embrasement d'une mousse insonorisante fixée au plafond. L'enquête est toujours en cours.
Filippo, 15 ans: «Ce n’est pas normal de s’amuser avec ses amis et de finir comme moi»
Filippo, 15 ans, a été grièvement blessé dans l'incendie de Crans-Montana. La moitié de son corps a été brûlée. Le jeune Italien se trouvait avec un groupe d’amis au «Constellation» le soir du Nouvel-An. Près de deux mois après le drame, il raconte à «La Repubblica» les scènes d’horreur qu’il a vécues.
Sorti de l’hôpital de Milan il y a deux semaines, l’adolescent porte encore les stigmates physiques et psychiques de cette nuit. «Une fille a couru vers nous en criant de fuir», se souvient-il. «Les flammes ont jailli et ont atteint mon dos. Tout le monde s’est précipité dehors, puis je me suis retrouvé face à une masse de corps. La véranda s’était transformée en chambre à gaz. En un instant, tout le monde s'est évanoui.»
Pendant l’entretien, Filippo tient entre ses mains le pantalon qu’il portait ce soir-là. Le tissu conserve les traces du drame. «Il y a du sang, celui qui coulait de mes mains en feu, quand j’ai essayé en vain de les glisser dans mes poches pour attraper mon téléphone et appeler à l’aide.»
Filippo doit sa survie au fait de s’être réfugié sous une table. «Je priais pour ne pas mourir pendant que les flammes dévoraient mon dos.» Près de deux mois plus tard, sa vie reste dominée par les séquelles des brûlures. «Mes poumons ne fonctionnent plus qu’à 46%», confie-t-il. Aujourd’hui, il formule un vœu simple: «Je veux que justice soit faite pour nous tous. Ce n’est pas normal de s’amuser avec ses amis et de finir comme moi. Comme une allumette.»
Voici ce que Jacques et Jessica Moretti ont dit pendant leurs auditions à Sion
Jacques et Jessica Moretti ont été auditionnées le 11 et 12 février à Sion pendant plusieurs heures. Ils ont répondu aux dizaines de questions posées par les près de 80 avocats des victimes de l'incendie de Crans-Montana. La chaîne française RTL a eu accès au contenu de ces deux auditions.
Jacques Moretti s'est adressé aux proches des victimes, présents pendant les auditions. «Je leur souhaite ma pleine empathie, je suis désolé, aucun parent ne devrait avoir à vivre cela.» Il s'est tourné vers Leïla Micheloud, maman de Melissa et Farah, deux jeunes victimes de 18 et 20 ans grièvement brulées pendant l'incendie. «Il s'agit d'une catastrophe. Je ne peux pas être présent avec eux mais nous sommes avec les familles dans les pensées et les prières.»
«On ne se dérobera jamais»
Concernant la mousse acoustique au plafond, Jacques Moretti dit avoir effectué des tests d'inflammabilité avec un chalumeur avant d'installer la mousse, assurant qu'à «aucun moment cela n'a pris feu». Il ajoute avoir demandé conseil à des professionnels du magasin de bricolage Hornbach avant d'acheter ce produit. Au sujet des extincteurs non-utilisés pendant l'incendie, il affirme que le feu s'est propagé trop vite et qu'avec le mouvement de panique, personne n'a eu le réflexe de les utiliser.
Le lendemain, après l'altercation devant le tribunal, Jessica Moretti a été auditionnée à son tour et a pris la parole en pleurs: «Ce que ces mamans vivent est indescriptible. Je suis moi-même mère. Personne ne devrait avoir à vivre cela. On ne se dérobera jamais. C'est pour cela que nous sommes passés par-devant ce matin, car on savait qu'il y avait un rassemblement. On comprend votre colère, votre haine. Je réitère que nous serons là pour répondre à n'importe quelle question, nous serons là pour vous.»
«Je n'ai pas rien fait»
Soupçonnée d'avoir pris la fuite pendant le drame, elle affirme qu'elle voulait «appeler les pompiers» pour «sauver le maximum de personnes», avant d'ajouter qu'elle avait l'intention d'entrer de nouveau dans le bar lorsque tous les clients auraient été évacués. Comme Jacques Moretti, elle explique que la panique l'a empêchée d'utiliser les extincteurs. «C'était une scène apocalyptique. Je n'ai pas rien fait. On est resté sur les lieux à faire face au chaos.» Interrogée sur la présence illégale de jeunes de moins de 16 ans dans le bar «Le Constellation», Jessica Moretti suppose que certains ont profité de l'absence de l'agent de sécurité pour entrer, mais affirme avoir vérifié elle-même les cartes d'identité.
Source: RTL
Les enquêteurs italiens attendus pour une séance de travail à Sion
La procureure générale du canton du Valais a officiellement invité les magistrats du parquet de Rome à se rendre à Sion, dans le cadre du drame de Crans-Montana. La date de cette réunion de travail demeure à fixer définitivement. Selon l'agence de presse italienne, Adnkronos, Beatrice Pilloud a adressé, lundi un courrier au parquet de Rome, l'informant de sa disponibilité pour recevoir les enquêteurs italiens, en Valais. L'information a été confirmée, mardi après-midi, à Keystone-ATS.
La délégation transalpine aura accès à l'ensemble des documents rassemblés à ce jour, que les magistrats pourront consulter. Les procureurs romains retourneront donc en Suisse, «à une date encore à convenir», selon le ministère public valaisan contacté par Keystone-ATS.
Une première rencontre la semaine dernière
Jeudi dernier, au sein des locaux de l'Office fédéral de la justice à Berne, Beatrice Pilloud avait rencontré le procureur général du parquet de Rome, Francesco Lo Voi, afin de «renforcer la coordination» entre la Suisse et l'Italie dans le cadre de l’enquête sur l’incendie de Crans-Montana.
Comme c'est le cas depuis le 1er janvier, le ministère public du canton du Valais conserve la direction de la procédure sur le territoire suisse, c’est-à-dire qu’il décide, entre autres, quels moyens de preuve sont recueillis et si les enquêteurs italiens assistent à leur obtention. Le parquet de Rome a, lui, la même responsabilité sur le territoire italien.
Pour l'heure, plusieurs chefs d'accusation sont retenus par le parquet de Rome, soit: homicide involontaire, homicide involontaire multiple, incendie criminel et coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours.
Source: ATS
Doris Leuthard nommée présidente de la fondation pour Crans-Montana
Doris Leuthard prend la présidence de la fondation Beloved, créée à la suite du drame de Crans-Montana. L'ancienne présidente de la Confédération a été désignée, mardi, par les membres du Conseil d'Etat valaisan.
Le conseil de fondation compte neuf membres, «des personnalités reconnues pour leur expertise et leur engagement, en particulier dans les domaines de la médecine, de la prise en charge des victimes et de l’accompagnement humain», précise un communiqué de l'Etat du Valais diffusé, mardi. Elle compte notamment en son sein un délégué des familles des victimes françaises. Des démarches sont en cours pour désigner son pendant italien.
Le nombre de blessés de l'incendie continue de baisser
Près de huit semaines après l’incendie de Crans-Montana, 21 blessés sont encore soignés dans des hôpitaux suisses. Neuf se trouvent dans une clinique de réadaptation. Vingt-huit victimes sont, elles, toujours prises en charge à l'étranger, dont 11 ressortissants suisses. Contactés par Keystone-ATS, mardi, le Réseau national de médecine de catastrophe KATAMED a fait le point sur les blessés, en lien avec le drame du bar «Le Constellation» du 1er janvier dernier.
Selon un décompte au 23 février, 21 blessés de l'incendie se trouvent toujours dans un hôpital en Suisse. En Suisse romande, des patients, mineurs ou non, sont toujours pris en charge au CHUV à Lausanne (12) et à l'hôpital de Morges (1). Il n'y a plus de blessés soignés à l'hôpital du Valais. En Suisse alémanique, huit victimes sont encore prises en charge à Zurich, dont deux toujours aux soins intensifs, à l'hôpital universitaire pour enfants.
11 Suisses soignés à l'étranger
Neuf personnes victimes de brûlures sont soignées à la Suva. Huit se trouvent à la clinique de réadaptation romande à Sion et une dans la structure argovienne de Bellikon.
28 patients sont soignés à l'étranger, c'est 11 de moins qu'il y a 15 jours. Parmi ceux-ci, onze sont suisses et cinq sont des patients étrangers domiciliés en Suisse. Sur ces 28 blessés, 14 sont toujours soignés en France, quatre en Allemagne, huit en Italie et deux en Belgique, selon les données transmises à l'agence de presse Keystone-ATS par KATAMED.
Trois employés du bar «Le Constellation» et un client seront entendus par la justice française
Dans le cadre du drame de Crans-Montana, une commission rogatoire sera prochainement envoyée au parquet de Paris, par le pool de procureures valaisan en charge de l'affaire. Elle concerne en l'audition de quatre ressortissants français, par les autorités judiciaires hexagonales.
Les magistrats valaisans effectueront prochainement cette démarche qui concerne trois des employés du bar «Le Constellation» présents au moment de l'incendie et un client, également sur les lieux le 1er janvier. Tous sont de nationalité française et vivent actuellement dans leur pays. D'où la demande d'entraide du parquet sédunois.
«Nous avons accordé un délai aux avocats pour qu'ils puissent poser leurs questions supplémentaires», a précisé, à Keystone-ATS, la procureure générale du canton du Valais, Beatrice Pilloud. «Ensuite, la commission rogatoire sera envoyée.» Une première commission rogatoire a déjà été adressée aux autorités françaises. Elle concernait l'obtention de pièces en lien avec l'affaire.
Source: ATS
Le Ministère public valaisan présente une vidéo montrant le départ de feu
Le Ministère public du canton du Valais a présenté de nouvelles images du bar «Le Constellation» que le «Corriere della Serra» a pu consulter. Parmi elles, une vidéo montrant clairement pour la première fois le départ de feu à l'intérieur du bar «Le Constellation» au soir du Nouvel-an.
On y voit une serveuse – identifiée comme étant Cyane Panine, décédée dans l'incendie à 24 ans – tenant deux bouteilles de champagne, chacune équipée de bougies incandescentes. Assise sur les épaules d’un collègue, elle traverse la salle tandis que les flammes des bougies entrent en contact avec la mousse acoustique hautement inflammable apposée au plafond. C'est alors que le feu se déclenche.
Le casque porté par la jeune femme durant la prestation aurait fortement limité son champ de vision. Selon ses parents, cette employée saisonnière n’avait par ailleurs jamais suivi de formation en matière de sécurité incendie.
«Il ne parle pas encore, mais il essaie»: le long combat de Valentin, 16 ans
Valentin, 16 ans, fêtait le Nouvel An au «Constellation» au côté de son frère aîné Ferdinand, 19 ans, lorsque l’incendie a éclaté. L’adolescent a été grièvement brûlé et plongé 23 jours dans un coma artificiel.
Soigné à Lyon, il entame aujourd’hui un long processus de reconstruction. Sa famille, installée à Paris, est hébergée chez des proches. Dans l’émission «Weltspiegel» de l’ARD, sa mère confie que son fils a fait ses premiers pas il y a quelques jours.
«Il ne parle pas encore, mais il essaie. On n’entend rien», explique-t-elle. Pour communiquer, une ardoise lui a été donnée. Ses premiers mots, adressés à ses parents, ont été «Je vous aime». Une larme a alors coulé sur sa joue. «C’était incroyable», raconte sa mère, émue.
Pour cette famille franco-allemande, l’avenir reste incertain et nul ne sait si Valentin pourra un jour retrouver une vie normale. Le tube respiratoire a pu être retiré et l’adolescent a déjà subi de nombreuses greffes de peau sur le haut du corps. Mais les souvenirs de la soirée ressurgissent: «Les images du bar reviennent. C’est très dur pour lui», confie sa mère.
«Je ne renierai pas mes amis»
Malgré la défiance croissante de l’opinion, les Moretti peuvent encore compter sur quelques proches fidèles. Parmi eux, Gilles, un ami de longue date du patron du bar Le Constellation.
Jacques et lui se connaissent depuis plus de quinze ans. Dans les années 2000, ils évoluaient tous deux dans le milieu de la prostitution. En 2008, Jacques Moretti a été condamné à Annecy, en France, pour «incitation à la prostitution». Dans ce jugement, Gilles apparaît comme l’un des deux interlocuteurs suisses mentionnés. Lui, en revanche, n’a jamais été poursuivi pénalement.
Aujourd’hui, dans un entretien accordé à la «SonntagsZeitung», cet ami de longue date sort du silence. Il y défend le couple à plusieurs reprises. «Je ne renierai pas mes amis, même si ce qui s’est passé est terrible», affirme-t-il. «Mais, mon Dieu, ils ne l’ont pas fait exprès. Je redoute le moment où je les reverrai. Ils sont anéantis.»
Interrogé sur un éventuel prêt accordé aux Moretti, Gilles répond sans détour: «Oui, moins de 30’000 francs, mais la somme a été remboursée.» Il rejette aussi l’idée que Le Constellation ait été financé avec de l’argent issu de la prostitution. «Je peux vous assurer que les Moretti n’avaient rien lorsqu’ils ont repris le bar.»
Enfin, Gilles évoque les plaques en mousse installées dans l’établissement. Ce sont elles qui, lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, ont pris feu à cause de cierges magiques, déclenchant la catastrophe. «Jacques a peut-être fait une erreur avec cette mousse acoustique, mais il n’est pas le seul responsable. Si elle avait été contrôlée, la tragédie aurait pu être évitée.»
Les victimes italiennes de Crans-Montana affirment que Jessica Moretti s'est enfuie
Les victimes italiennes de l'incendie du bar «Le Constellation» à Crans-Montana affirment avoir vu Jessica Moretti prendre la fuite le soir du drame, révèle le «Corriere della Sera».
«Toutes les issues de secours du bar étaient fermées, on ne nous a donné aucune explication. Même les extincteurs n'ont pas été déclenchés et l'incendie s'est déclaré en quelques minutes; il n'y avait aucun matériau ignifuge. Jessica Moretti? Elle s'est enfuie», affirment les victimes italiennes.
D'après les victimes, même si la capacité maximale du bar était atteinte, les clients pouvaient entrer seulement après avoir payé leurs boissons. «Ils demandaient jusqu'à 270 euros pour une bouteille de champagne et il n'y avait aucune restriction pour les mineurs, ils pouvaient fréquenter le bar et boire de l'acool.»
La coopération entre Berne et Rome sera «renforcée» durant l'enquête
La coordination sera «renforcée» entre la Suisse et l'Italie dans le cadre de l'enquête sur l'incendie de Crans-Montana, ont décidé les autorités pénales italiennes et valaisannes jeudi. Celles-ci se sont rencontrées à Berne jeudi.
Source: ATS
Les autorités pénales italiennes et valaisannes se rencontrent aujourd'hui à Berne
Une rencontre a lieu jeudi entre les autorités pénales italiennes et valaisannes à Berne dans le cadre de l'enquête sur l'incendie survenu à Crans-Montana. La réunion vise à clarifier les modalités de collaboration entre les deux parquets.
La délégation italienne est arrivée peu avant 10h dans la capitale helvétique, a constaté un journaliste vidéo de Keystone-ATS présent sur place. Deux policiers accompagnaient le convoi.
Le rendez-vous était donné ce matin dans les locaux de l'Office fédéral de la justice (OFJ), qui chapeaute la rencontre. Outre la coordination des procédures pénales entre les deux pays, il s'agira de discuter de la possibilité de constituer une équipe commune d'enquête (ECE).
Contacté en amont, l'OFJ a précisé qu'il s'agit d'une «réunion technique entre autorités de poursuite pénale» Aucun membre du gouvernement ne participe à la rencontre. Le Ministère public valaisan a accordé l'entraide judiciaire à l'Italie dans le dossier fin janvier.
Source: ATS