Devoir de vérité
A Crans-Montana, ces vérités suisses qui nous font mal

Comment parler de la tragédie de Crans-Montana sans ouvrir les yeux sur certaines vérités suisses qui nous font mal? Pour le podcast Helvetix Café, Claude Ansermoz, rédacteur en chef de Blick, ouvre le débat. Voici ce que nos voisins doivent comprendre après l'horreur.
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Le 9 janvier à Martigny (VS), Emmanuel Macron était présent lors de l'hommage national aux victimes de la tragédie de Crans-Montana.
Photo: keystone-sda.ch
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Richard WerlyJournaliste Blick
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L’heure est venue d’expliquer. De regarder la réalité en face. De redire à nos voisins, stupéfaits par les manquements présumés des autorités locales dans l’incendie du Constellation, que le système politique suisse place aujourd’hui la responsabilité de l’enquête et de la manifestation de la vérité dans les mains du Canton du Valais. Pas simple, alors que les médias français et italiens continuent de questionner le fonctionnement de la Confédération et de s’insurger devant le silence du Ministère public valaisan, que Blick a eu aussi, plusieurs fois, l’occasion de déplorer.

Expliquer suppose de bien connaître. D’utiliser les mots justes pour décrire les faits et le déroulé des investigations, trois semaines après la tragédie qui a coûté la vie à 40 personnes. La Suisse si parfaite a-t-elle failli? Le pays se retrouve-t-il devant une réalité que nous sommes tous, trop souvent, tentés d’oublier ou de négliger? C’est à cet exercice de vérité que notre rédacteur en chef, Claude Ansermoz, a décidé de se plier dans deux épisodes exclusifs d’Helvetix Café, le podcast de Blick qui, d’habitude, se penche sur la France, sa politique et ses dysfonctionnements.

Déferlante médiatique

Le premier épisode, que vous pouvez écouter ici, revient sur l’enchaînement des faits, sur la déferlante médiatique, sur ce qui s’est vraiment passé à Crans-Montana après cette nuit d’horreur du 31 décembre. Pour expliquer, il faut avoir en tête les lieux. Il faut connaître cette station alpine valaisanne. Il faut avoir, comme l’a fait Claude Ansermoz, le courage de défendre le travail des médias, malmenés par la population. Comment cela a-t-il été possible dans ce pays souvent comparé, en France, à une horloge suisse?

Le deuxième épisode d’Helvetix Café, consacré à la tragédie de Crans-Montana, reviendra, la semaine prochaine, sur nos institutions, leur fonctionnement et ces spécificités souvent difficiles à comprendre depuis Paris, Milan ou Rome. Cherchons-nous des excuses? Non, sûrement pas. Le propos de ce podcast est de faire la lumière, mais aussi de nous montrer critiques envers nous-mêmes. Avons-nous, comme l’affirme l’ancienne présidente de la Confédération, Micheline Calmy-Rey, valaisanne d’origine, trop fermé les yeux sur les méfaits du copinage local et des arrangements coupables?

Nous regarder dans le miroir

Nous avons, à Blick, la volonté de nous regarder aussi dans ce miroir helvétique qu’est l’incendie de Crans-Montana. Car nous savons combien ce brasier ne cessera jamais de nous hanter. En parler à cœur ouvert, en toute transparence, est le service que nous devons aux victimes et à leurs familles. Sans exagérations. Mais surtout sans concessions.

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