Le texte passe au Conseil fédéral
L'UDC bloque une motion de lutte contre le racisme et l'antisémitisme

La lutte contre le racisme et l'antisémitisme doit pouvoir compter sur des fonds suffisants. Après le Conseil des Etats, le National a transmis mardi au Conseil fédéral une motion en ce sens. L'UDC s'y est opposée, estimant que l'enveloppe actuelle suffit.
Les actes antisémites ont atteint un record l'an dernier en Suisse. La CICAD en a enregistré 2438 rien qu'en Suisse romande, un niveau qui n'avait encore jamais été atteint depuis le début des mesures en 2003 (archives).
Photo: MARTIAL TREZZINI
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ATS Agence télégraphique suisse

Le Conseil national a transmis mardi une motion au Conseil fédéral pour renforcer les fonds de lutte contre le racisme et l'antisémitisme. L'UDC s'y est opposée, jugeant l'enveloppe actuelle suffisante.

L'auteure de la motion, Marianne Binder-Keller (Centre/AG), constate que, dans le budget 2025, les ressources sont tombées au-dessous de 900'000 francs et au deuxième semestre, les fonds se sont taris. Elle demande des garanties pour éviter un sous-financement, plaidant à titre personnel pour un budget annuel de deux millions de francs.

Une motion symbolique

Les moyens doivent absolument être maintenus alors que les cas de racisme et d'antisémitisme se multiplient dans l'espace public ou sur les médias sociaux. «C'est un problème sociétal global», a relevé Marc Jost (PEV/BE) pour la commission.

Le Conseil fédéral s'est montré d'accord avec la demande. La garantie demandée aurait un effet de levier important dans la lutte contre ce phénomène, a relevé la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider. Les moyens sont utilisés dans des projets ancrés localement. «La stratégie nationale et sa mise en oeuvre sont indispensables si nous voulons relever le défi social que représentent le racisme et l'antisémitisme. Il en va de la sécurité, de la dignité et de l'égalité de nos concitoyennes et concitoyens», a-t-elle déclaré.

L'UDC a jugé la portée de la motion purement symbolique. Selon le parti conservateur, les ressources financières consacrées à la lutte contre l’antisémitisme et le racisme sont suffisantes. Il rappelle que le montant sera déterminé par le Conseil fédéral et discuté au Parlement dans le cadre des débats budgétaires.

Si on veut lutter contre l'antisémitisme, il faut nommer explicitement les auteurs, identifier les problèmes et lutter contre les menaces à leur naissance, selon Benjamin Fischer (UDC/ZH). L'antisémitisme doit selon lui être combattu dans le droit pénal. Un scepticisme qui n'a pas convaincu. Le texte a été adopté par 130 voix contre 58.

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