La Suisse devrait réduire sa dépendance envers les Etats-Unis en matière de sécurité. Le National a adopté jeudi, par 98 voix contre 87, un postulat du PS en ce sens. Ce parti demande en parallèle de renforcer la coopération avec les Etats européens et l'UE dans ce domaine. Face à «l'imprévisibilité du président américain», Priska Seiler Graf (PS/ZH) s'est demandé: «Qui sont vraiment nos amis? Avec qui coopérer? Une seule réponse est claire, c'est avec l'UE.»
Elle a aussi rappelé les retards de livraison des avions de combat F-35 et le système de défense sol-air Patriot. «Nous n'obtiendrons pas ces outils en temps utile voire pas du tout.» Par ailleurs, ceux-ci sont soumis à la souveraineté américaine, ce qui limite l'autonomie opérationnelle de la Suisse. Dans ce contexte, il est «vital» pour la sécurité du pays de renforcer la collaboration avec l'UE et les partenaires européens, selon la Zurichoise. Il s'agit de créer des synergies dans la politique de défense.
Le Conseil fédéral favorable
Le Conseil fédéral était favorable au texte. Il est nécessaire de renforcer la coopération avec les partenaires européens. Le gouvernement agit déjà en ce sens, a déclaré le ministre de la défense Martin Pfister. Et de citer par exemple l'European Sky Shield Initiative (ESSI), lancée par l'Allemagne et à laquelle participe la Suisse.
Le ministre a toutefois rappelé le rôle central des Etats-Unis. Ceux-ci restent un partenaire important même si les relations transatlantiques sont actuellement «plus incertaines et plus difficiles».
L'UDC, le Centre et quelques élus PLR se sont opposés au postulat. Thomas Hurter (UDC/SH) l'a jugé «inutile». Les Etats-Unis sont leaders dans les technologies de l'armement. Sans eux, la Suisse devrait se tourner vers la Russie ou la Chine. Cela donnerait un mauvais signal à l'étranger.