Pour protéger les enfants
L'industrie alimentaire fait face à un revirement radical sur la publicité

La publicité pour les produits sucrés, gras et salés pourrait diminuer considérablement à partir de 2027. Des entreprises comme Nestlé et Coca-Cola sont prêtes à limiter leurs publicités. Un geste pas tout à fait désintéressé.
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Ce genre d'affiches publicitaires pour des produits gras devrait disparaître progressivement à partir de 2027.
Photo: Pius Koller
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Milena Kälin

L’affiche d’une nouvelle glace, un spot publicitaire pour le dernier burger d’un géant du fast-food: ce type de publicités pourrait bientôt appartenir au passé, du moins à proximité des enfants de moins de 13 ans.

Pour échapper à une réglementation stricte du Parlement, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) mise sur l’autorégulation. En collaboration avec la branche, l’office vient de sceller un nouvel accord dont la «NZZ am Sonntag» a obtenu copie. Si un nombre suffisant d’entreprises jouent le jeu, ce train de mesures pourrait entrer en vigueur dès 2027.

Fin de la réclame autour des écoles

La publicité pour les aliments particulièrement sucrés, gras et salés serait alors interdite dans un rayon de 50 mètres autour des établissements scolaires. De tels spots ne pourraient plus non plus être diffusés avant les émissions de télévision destinées aux enfants. L'interdiction s'appliquerait également aux sites web dont le public cible est composé d'au moins 30% d'enfants de moins de 13 ans.

Les grands distributeurs Migros, Coop, Aldi et Lidl signeront l’accord, comme ils l’ont indiqué à la «NZZ». Nestlé, Coca-Cola, Emmi, Rivella et Zweifel-Chips sont également prêts à limiter considérablement leur publicité.

Mais tous ne jugent pas nécessaire d’agir: Chocosuisse, l’association des fabricants suisses de chocolat, ne signera pas. Il en va de même pour Danone, qui détient des marques telles qu’Actimel ou Fruchtzwerge.

C'est le cas pour le tabac et l'alcool

En recourant à l’autorégulation, les entreprises souhaitent éviter une réglementation légale plus stricte, comme c’est déjà le cas dans d’autres domaines.

Pour les produits du tabac et à base de nicotine, par exemple, la loi interdit totalement les affiches sur le domaine public depuis octobre 2024. Cette interdiction s’applique également aux terrains privés, dans la mesure où les affiches sont visibles depuis le domaine public. A partir de 2027, la loi révisée interdira également la publicité pour des produits tels que les cigarettes et les cigarettes électroniques sur Internet et sur les réseaux sociaux. Là encore, l’accent est mis sur la protection des enfants et des adolescents ainsi que sur la prévention de la dépendance.

Des interdictions publicitaires strictes s’appliquent également à l’alcool: la publicité pour les spiritueux est interdite dans tous les lieux fréquentés principalement par des jeunes. En matière de publicité pour les jeux de hasard, une attention particulière est aussi accordée à la population jeune. Les spots publicitaires ne sont donc autorisés à la télévision qu’à partir de 22 heures. De toute façon, seuls les opérateurs titulaires d’une concession légale en Suisse sont autorisés à faire de la publicité dans ce pays.

L'accord ne prévoit pas de sanctions

Reste à voir si le nouvel accord sur la publicité pour les denrées alimentaires sera adopté – et si cela permettra d’éviter l’adoption de lois plus strictes. Si une entreprise enfreint l’accord, elle peut être exclue du système d’autorégulation. 

La Confédération ne peut toutefois pas aller plus loin que de rendre cet accord public. Les entreprises ne doivent donc pas s’attendre à des sanctions sévères en cas d’infraction.

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