La retraitée Therese Stooss se présente comme la victime d'une surveillance totale et incessante des clients du géant orange. Dans une lettre adressée à Migros dont une copie a été transmise à Blick, elle affirme avoir simplement mal scanné tous les articles à la caisse automatique: «Le montant de cet article était probablement très faible, sinon j’aurais remarqué, en voyant le montant à payer, que quelque chose n’allait pas.»
Or, la réalité décrite par l'ordonnance pénale est nettement moins anodine. Il s'avère désormais que la retraitée aurait dérobé une entrecôte d'une valeur de 69,95 francs. Cet article aurait été, et de loin, le plus cher de ses achats puisqu'à la caisse, la cliente n'avait même pas dû débourser 30 francs. Pour couronner le tout, les bandes de vidéosurveillance montrent distinctement la retraitée en train de choisir et d’emporter ce morceau de choix au rayon boucherie.
«J’ai acheté des cipollatas, mais pas d’entrecôte!»
Sur le plan juridique, la présomption d’innocence s’applique toujours. La retraitée a jusqu’au 7 septembre pour faire appel. Et Therese Stooss campe fermement sur sa position. «Je ne vois pas comment on peut penser qu’il s’agissait d’une entrecôte. J’étais au rayon boucherie et j’ai acheté des cipollatas, mais pas d’entrecôte», déclare-t-elle.
Bien qu’elle conteste le contenu de l’ordonnance pénale, la retraitée envisage désormais de clore le dossier: «Je vais faire le point avec un avocat, mais je vais probablement accepter la sanction – c’est-à-dire 200 francs d’amende et 150 francs de frais de procédure. Je veux simplement que cette affaire soit réglée.»
Elle n'est pas bannie de Migros
Du côté de Migros Aare, la fermeté reste de mise quant au contrôle des caisses automatiques. «En cas de suspicion de sortie de marchandises sans paiement, nous examinons attentivement les circonstances de chaque cas particulier, comme c’est le cas ici. La sanction que vous mentionnez le confirme», précise le service de presse de la coopérative.
Migros n'a toutefois pas souhaité bannir la cliente de ses rayons: Therese Stooss reste la bienvenue. «Il n’y a pas d’interdiction d’accès.»