Le Conseil fédéral serre la vis du recyclage
Le bocal de cornichons risque de coûter plus cher à cause d'une nouvelle taxe

A l'avenir, il faudra trier ses déchets plastiques, et les bocaux de cornichons risquent de coûter plus cher. Le Conseil fédéral a adopté de nouvelles règles de recyclage. Voici un aperçu de leurs conséquences pour les fabricants, les détaillants et les consommateurs.
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Un système de consigne risque d'être mis en place à partir de 2032.
Photo: Keystone
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Janic Urech

Le recyclage exemplaire fait presque partie intégrante de l'identité suisse. Les Suisses trient consciencieusement leurs ordures ménagères, le PET, l'aluminium et les déchets verts, et ils ficellent soigneusement leur papier.

Mais le Conseil fédéral nourrit des ambitions encore plus grandes. A l’avenir, il nous faudra examiner de plus près les sachets de la Poste et les emballages Tetra Pak, voici pourquoi. 

Que dois-je jeter différemment?

Jusqu’à présent, les pots de yaourt, les paquets de bonbons gélifiés et les briques de lait finissaient généralement à la poubelle. A l'avenir, Coop, Migros et d'autres distributeurs seront tenus de reprendre ces emballages ou d'organiser leur collecte par des prestataires externes. Cela impliquera probablement un point de collecte supplémentaire pour le traitement des déchets.

Certains cantons et municipalités collectent et recyclent déjà ces déchets plastiques séparément, mais cette pratique n'est pas obligatoire.

Que se passe-t-il si je continue à jeter tout cela à la poubelle?

Le choix d'utiliser ou non les points de collecte reste essentiellement à la discrétion de chacun. En revanche, la Confédération fixera dès 2032 des quotas contraignants de recyclage pour les briques de boissons et les plastiques à usage unique. Si la Suisse ne respecte pas cet objectif, le Conseil fédéral peut contraindre des entreprises comme Coop et Migros à mettre en place un système de consigne.

Cette règle s'applique déjà aux bouteilles en verre et en PET ainsi qu'aux canettes en aluminium. Mais comme la Suisse dépasse ces objectifs année après année, il n'y a jamais eu de raison d'introduire une consigne sur les bouteilles. Il reste peu probable que nous nous retrouvions avec un système de consigne comme en Allemagne.

Qui contrôle ces objectifs?

A partir de 2031, les entreprises devront recenser le nombre d'emballages en plastique qu'elles mettent en circulation. La Confédération pourra ainsi vérifier quelle part de ces emballages est recyclée.

Pourquoi tout cela?

Avec ces nouvelles règles, le Conseil fédéral répond à une motion déposée par Marcel Dobler, conseiller national PLR de Saint-Gall et fondateur de Digitec. Il a fait valoir que le plastique collecté servait également à fabriquer de nouveaux produits en Suisse, tels que des boîtes en plastique ou des tuyaux.

Toutefois jusqu’à présent, il fallait pour cela importer des déchets plastiques de l’étranger, car leur collecte n’était pas suffisamment systématique en Suisse. De plus, la Suisse s’aligne ainsi sur les règles de l’UE. Selon le cabinet de conseil Ecos, la solution suisse est toutefois nettement plus pragmatique et moins bureaucratique.

Vais-je bientôt devoir payer plus cher?

Il semblerait que le prix des emballages en verre soit voué à augmenter. Une taxe de recyclage, souvent implicite, est déjà intégrée au prix des boissons vendues en bouteilles en verre. Le recyclage du verre usagé est ainsi financé dès la vente.

A partir de 2028, ce système sera étendu à tous les autres emballages en verre. Bientôt, les cornichons ou le parfum pourraient coûter jusqu’à 10 centimes de plus.

Quels changements seront apportés aux emballages?

La nouvelle réglementation oblige les fabricants à réduire au maximum la taille des emballages: fini les emballages excessifs pour des produits de faible quantité. De plus, ils devront veiller à utiliser un maximum de matériaux recyclés et à limiter l'emploi de substances nocives.

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