Affectés par la sécheresse
La ligne téléphonique d'aide aux paysans surchauffe

En Suisse, la ligne d’aide pour familles paysannes, active depuis 30 ans, fait face à une hausse des appels. Sécheresse, récoltes perdues et stress pèsent sur les agriculteurs confrontés aux défis climatiques et financiers.
Photo: KEYSTONE

Le téléphone d’aide destiné aux familles paysannes, mis en place il y a 30 ans, est de plus en plus confronté aux conséquences de la sécheresse et des phénomènes météorologiques extrêmes. Pertes de récoltes, manque de fourrage, difficultés financières ou encore nuits écourtées par l’irrigation alimentent stress et tensions dans les exploitations agricoles.

Les appels sont anonymes et faciles à passer. La ligne d'écoute en reçoit chaque année entre 100 et 160, officiellement enregistrés, sans compter les personnes qui appellent pour le compte d'autrui et qui cherchent une aide anonyme, a indiqué à Keystone-ATS le «Bäuerliches Sorgentelefon», la ligne téléphonique d'aide aux paysans en place en Suisse alémanique. Les femmes appellent plus souvent que les hommes.

Le nombre d’appels n’est pas directement comparable avec celui des années précédentes, ont précisé les responsables de la ligne. Les épisodes météorologiques extrêmes étaient autrefois davantage circonscrits à certaines régions. La tendance va désormais vers des phénomènes plus extrêmes et plus étendus, selon l’association.

Parmi les difficultés les plus souvent évoquées actuellement figurent les récoltes faibles, voire inexistantes pour certaines cultures, ainsi que le manque d’eau pour les animaux, les cultures et les personnes. Les agriculteurs font également face à une hausse des coûts de production.

Bêtes malades

La situation peut devenir particulièrement éprouvante lorsque plusieurs problèmes se cumulent. Le manque de fourrage oblige par exemple à en acheter à prix élevé, lorsqu’il est encore disponible. Des éleveurs sont par ailleurs confrontés à des animaux malades, voire à la nécessité d’abattre des bêtes en bonne santé.

L’irrigation constitue une autre source importante de stress. Certains agriculteurs doivent arroser leurs cultures sans relâche, y compris la nuit, pour tenter de sauver leurs récoltes. Le manque de sommeil qui en découle s’ajoute à la crainte des pertes et à la pression exercée par les faibles prix du marché. Cette accumulation peut nourrir un sentiment d’impuissance et des craintes pour l’avenir de l’exploitation.

Ces difficultés se répercutent aussi sur la vie familiale. Elles peuvent renforcer la solidarité, par exemple lorsqu’il s’agit de sauver ensemble une récolte ou de surmonter la perte d’animaux. Mais plus la surcharge et le stress se prolongent, plus le risque de crises et de conflits augmente, souligne l’association.

Le téléphone d’aide aux familles paysannes recommande aux personnes concernées de ne pas rester seules face à leurs difficultés et de chercher du soutien. Il insiste également sur l’importance de la solidarité entre agriculteurs.

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