La modification du droit d'auteur visant à faire passer à la caisse les géants du web pour l'utilisation des contenus journalistiques est essentielle pour préserver la pluralité des médias en Suisse. Il s'agit d'une solution équitable pour les médias et les plateformes, a affirmé vendredi l'Alliance «FAIRPLAY – FAIRPAY».
«Aujourd'hui, les plateformes technologiques comme Google reprennent des contenus des médias suisses et gagnent des millions avec cela, sans contrepartie, en exploitant une lacune juridique», relève la coprésidente de l'Alliance, la conseillère aux Etats Flavia Wasserfallen (PS/BE), citée dans un communiqué.
«Les médias suisses investissent chaque année des centaines de millions de francs pour la production de contenus journalistiques. Ces investissements profitent directement à notre démocratie et à notre Etat de droit et, sans rémunération, le système est menacé», a dit l'autre coprésident, le conseiller aux Etats Josef Dittli (PLR/UR).
Un «standard international»
L'Alliance souligne que la rémunération du droit voisin est devenue un «standard international». L'UE a déjà introduit une telle législation. Cette réglementation a notamment fait ses preuves en France. La présidente des Vert-e-s Lisa Mazzone a relevé pour sa part que selon le projet du Conseil fédéral, les professionnels des médias recevront également leur part du gâteau.
Une étude commandée par les éditeurs suisses avait chiffré à 154 millions de francs la somme que devrait payer Google en vertu du droit voisin. D'autres estimations évoquent une somme beaucoup plus basse.
L'Alliance est formée de parlementaires issus de tous les partis, ainsi que des associations des éditeurs. La SSR, les associations des radios et télévisions privées ou encore impressum, la plus grande association des professionnels des médias en Suisse, ont également donné leur adhésion.