La ministérielle de l'OMC à Yaoundé doit être «un moment de rassemblement» face aux tensions politiques actuelles, selon le président de la Confédération Guy Parmelin. Jeudi par vidéo, il a appelé les membres à ne pas «reporter les réformes urgentes qui s'imposent». Face à la fragmentation économique croissante et la multiplication des approches «unilatérales», l'Organisation mondiale du commerce (OMC) doit rester «un pilier de stabilité et de prévisibilité», a insisté le Vaudois au début de la 14e ministérielle de l'institution. Comme les Etats-Unis, l'UE ou la Chine, il estime qu'elle «doit pouvoir répondre avec plus de flexibilité aux besoins actuels».
Cette question sera au centre de la réunion prévue jusqu'à dimanche au moins. Certains, comme les Etats-Unis et, de manière moins unie l'UE, veulent s'attaquer au principe de la nation la plus favorisée qui prévoit qu'un avantage attribué à un pays le soit attribué pour tous les autres. Les Britanniques et la Suisse souhaitent eux maintenir les principes fondamentaux de l'OMC. «La non-discrimination, la transparence et l'équité» doivent être maintenues, a également ajouté M. Parmelin.
Avec une dizaine de pays, Berne défend une feuille de route ambitieuse pour du contenu dans les réformes dès la prochaine réunion ministérielle en 2028. Et la Suisse souhaite aussi la possibilité de davantage de plurilatérales dans les accords de l'OMC.
Selon des sources convergentes, en cas d'échec à Yaoundé, certains membres seraient tentés de lancer des coalitions de volontaires pour avancer plus rapidement sur certaines thématiques. Mais sans tenter de les arrimer aux accords de l'OMC comme ils le font jusqu'à présent. En raison de la situation internationale, le président de la Confédération a renoncé à faire le déplacement camerounais. La délégation suisse est emmenée par la secrétaire d'Etat Helene Budliger Artieda.