31,6 millions de francs
La France refuse de payer après la manif anti-G7 à Genève

Genève devra assumer seule une grande partie des 31,6 millions de francs liés à la sécurité du sommet du G7 en juin. Paris a refusé de participer malgré des mois de négociations, a confirmé le Conseil fédéral.
Le président français Emmanuel Macron arrive à la base aérienne d'Eindhoven, aux Pays-Bas, le 2 septembre 2026.
Photo: KEYSTONE

En bref

Généré par l’IA, vérifié par la rédaction
  • Le Conseil fédéral annonce l'absence d'accord avec la France sur le partage des coûts de sécurité liés à la manifestation anti-G7 de juin 2026 à Genève, malgré des mois de négociations. Les dépenses totales s'élèvent à 31,6 millions de francs, dont 20 millions à la charge du canton et 12 millions pris en charge par la Confédération.
  • Le gouvernement suisse critique l'absence de contribution financière de la France, bien que des forces françaises aient soutenu la Suisse sur place. Emmanuel Macron a brièvement remercié la Suisse pour son aide lors de son discours de clôture au sommet.
  • Depuis 2008, un accord bilatéral encadre la collaboration franco-suisse, mais la Suisse insiste sur le remboursement des prestations fournies pour des événements internationaux. En 2003, la France avait couvert une grande partie des coûts du sommet du G8 à Evian, ce qui n’a pas été le cas cette fois.
sda-logo.jpeg
ATS Agence télégraphique suisse

«Force est de constater qu'aucun accord (avec la France ndlr) sur un partage des coûts de sécurité n'a pu être trouvé après des mois de négociations diplomatiques et politiques», indique le Conseil fédéral. Genève demandait un soutien français alors que les coûts liés à la manifestation anti-G7 s'élèvent à plus de 30 millions de francs.

En marge du sommet du G7 en juin à Evian (F), un important dispositif de sécurité a dû être mis en place à Genève. En juillet, la conseillère d'Etat genevoise Carole-Anne Kast avait chiffré les coûts à 31,6 millions de francs. Dans ce montant, 20 millions environ seront à la charge du canton et le reste est payé par la Confédération.

Environ 12 millions de francs seront à la charge de la Confédération, a confirmé mercredi le gouvernement dans une réponse à une interpellation de la sénatrice Johanna Gapany (PLR/FR). En avril, il avait décidé de participer à hauteur de 80% au coût des mesures de sécurité incombant aux cantons de Genève, Vaud et du Valais.

«Le remboursement se fera sur la base des décomptes détaillés qui seront soumis par les cantons», écrit encore le Conseil fédéral. Concernant le soutien militaire, douanier ou en matière de renseignements, il a pu être fourni dans le cadre des budgets existants.

Merci de Macron à la toute fin

Le gouvernement rappelle encore que la Suisse a régulièrement demandé à la France, depuis le début des discussions à l'été 2025, d'assumer sa responsabilité de pays-hôte du sommet, également sur le plan financier. Paris avait pris en charge une grande partie des coûts après le sommet du G8 en 2003, aussi à Evian et qui avait également conduit à des émeutes et des dégâts matériels à Genève.

Or depuis, la collaboration entre les deux pays est réglée par un accord entré en vigueur en 2008. Des représentants des forces de l'ordre françaises sont venus aider leurs collègues genevois au moment de la manifestation anti-G7, sans pour autant faire du maintien de l'ordre. Le président français Emmanuel Macron a lui remercié la Suisse pour son soutien dans les dernières secondes de son dernier discours au sommet, à la fin de la conférence de presse.

«Un soutien mutuel»

«Des prestations fournies par la Suisse en faveur de l'organisation d'un événement d'un autre pays doivent être rémunérées», soutient sur le principe le Conseil fédéral. Toutefois, «chaque situation doit être appréciée au regard de son contexte particulier, des obligations internationales applicables ainsi que des intérêts de sécurité, mais également de politique étrangère, propres à la Suisse».

Les deux pays disent rester en contact «pour tirer les enseignements du sommet du G7, et pour thématiser les différents aspects de la coopération nécessaire à la tenue d'événements de grande ampleur internationale, y compris les questions relatives à la répartition des charges et aux modalités de soutien mutuel».

Articles les plus lus