Drame de Crans-Montana
Les hommages continuent tandis que les questions restent ouvertes

Une semaine après l'incendie de Crans-Montana, les hommages se poursuivent à travers la Suisse. De nombreuses questions restent toutefois soulevées, tant en territoire helvétique qu'à l'étranger.
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L'hommage du FC Lutry a fait le tour du pays.
Photo: Keystone
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ATS Agence télégraphique suisse

Les hommages aux victimes de l'incendie de Crans-Montana se sont poursuivis ce week-end. En parallèle, de multiples questions demeuraient ouvertes dans le volet judiciaire du drame, notamment le maintien en détention préventive du gérant du bar «Le Constellation».

La justice valaisanne a pris cette décision vendredi, à la suite de l'audition des époux Moretti, gérants de l'établissement. Le Ministère public a invoqué un risque de fuite pour justifier cette mesure. Cette dernière doit toutefois encore être confirmée par le Tribunal des mesures de contrainte. Dimanche en fin de journée, celui-ci ne s'était pas encore prononcé à ce sujet.

Par ailleurs, contactée par Keystone-ATS, la procureure générale du Valais, Béatrice Pilloud, ne s’est pas exprimée sur les informations diffusées samedi sur la RTS concernant le gérant du Constellation. Les chefs d’accusation des prévenus, Jacques et Jessica Moretti, «peuvent évoluer au gré de l’enquête», a-t-elle encore souligné.

«En finir avec les petits arrangements»

Dans une interview samedi à Blick, l'ancienne conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, originaire de la commune de Chermignon, aujourd'hui fusionnée avec Crans-Montana, a raconté à quel point elle était affectée par la tragédie. «C'est tout simplement horrible. Les gens pleurent, on ressent ce poids partout», a-t-elle déclaré.

La socialiste a aussi donné son point de vue sur la suite à donner au drame. «Des erreurs ont été commises, il faut le dire clairement. Les enquêtes doivent désormais être menées avec soin et rigueur», a-t-elle ajouté, soulignant qu'il fallait «en finir avec les petits arrangements entre la politique et les intérêts personnels». Ce copinage doit cesser, même si l'on se connaît. La vérité doit être révélée, a insisté Micheline Calmy-Rey.

Lutry et Adelboden solidaires

Divers hommages aux victimes ont eu lieu à travers le pays. A Lutry (VD), le terrain de foot de l'équipe locale, – qui compte sept morts et cinq blessés parmi ses joueurs, ex-joueurs, entraîneurs ou leurs proches –, s'est mué en lieu de recueillement. Les personnes le désirant avaient jusqu'à dimanche pour inscrire un message sur un morceau de voile et l'accrocher au grillage en signe de solidarité.

A Adelboden (BE), qui accueillait une étape de la Coupe du monde de ski, une minute de silence a été observée samedi avant la première manche du slalom géant masculin. Un lieu de recueillement avait été aménagé dans la chapelle du village de l'Oberland bernois. Le programme des courses s'est toutefois déroulé comme prévu, ponctué de moments de recueillement.

Echos à l'étranger

Le drame continuait par ailleurs à avoir des répercussions hors des frontières suisses. Remo Galli, le maire de Livigno, célèbre station de ski du nord de l'Italie, a promulgué un décret interdisant les feux d'artifice dans les établissements de la commune lombarde, ont rapporté samedi les médias transalpins.

En France, une caricature de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, croquant deux skieurs en flammes, accompagnés de l'inscription «Les brûlés font du ski», en référence à la comédie «Les Bronzés font du ski», a suscité l'indignation de plusieurs internautes sur les réseaux.

«Ce n'est pas de l'humour. C'est une violence supplémentaire. La limite a été dépassée et le dire ne signifie pas censurer. Cela signifie rappeler qu'il existe une chose qui s'appelle la DÉCENCE», a notamment commenté une influenceuse célèbre en France et elle-même grande brûlée.

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