L'Italie ne paiera pas les factures de ses citoyens hospitalisés en Suisse après l'incendie de Crans-Montana, même si l'assurance maladie de la confédération le demande, a assuré vendredi l'ambassadeur d'Italie à Berne, Gian Lorenzo Cornado. L'hôpital de Sion (Valais) a envoyé à l'Etat italien trois factures pour un total de plus de 100'000 francs (109'000 euros) «pour une seule journée d'hospitalisation, le 1er janvier», a déclaré l'ambassadeur au Journal du Tessin.
«Absolument exorbitants»
L'ambassadeur italien en Suisse, qui n'a pas pu être joint vendredi, juge ces montants «absolument exorbitants» et assure qu'ils «devront être pris en charge soit par la LAMal (l'assurance maladie suisse, ndlr), soit par le canton du Valais, mais en aucun cas par les familles, ni par l'État italien», selon le journal. L'incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana dans la nuit du Nouvel an 2026 avait fait 41 morts, dont six Italiens, et 115 blessés.
Lors d'une rencontre vendredi avec le président du canton du Valais Mathias Reynard, l'ambassadeur italien a assuré que «l'État italien ne prendra jamais à sa charge les frais des soins prodigués pendant seulement quelques heures à nos jeunes qui ont été intoxiqués ou brûlés et qui ont souffert à cause de l'irresponsabilité des gérants de l'établissement où les sorties de secours avaient été condamnées, et des autorités communales et cantonales qui auraient dû effectuer ou ordonner les contrôles et ne l'ont pas fait».
Le président du Gouvernement valaisan lui a suggéré, selon lui, de prendre contact avec le Département suisse de l'intérieur, compétent en matière de santé, afin de «convenir d'une solution bilatérale» sur le plan de la réciprocité, étant donné que deux patients suisses ont été hospitalisés pendant des mois dans un hôpital milanais, sans que ce soit facturé.
L'ambassadeur italien avait déjà été rappelé à Rome pendant plusieurs semaines, son gouvernement protestant contre la libération du gérant du bar et exigeant la mise en place d'une équipe d'enquête conjointe.
«A titre informatif»
Des factures ont été envoyées aux patients «à titre informatif», sans qu'ils ne doivent les régler, selon la LAMal. La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni a condamné mardi sur X ces factures comme «une insulte, mais aussi une farce, que seule une bureaucratie inhumaine pouvait produire».
Il s'agit d'«une nouvelle source de tension» entre la Suisse et l'Italie à propos de cette tragédie, a commenté l'ambassadeur vendredi, espérant que «la question pourra être résolue sans problèmes supplémentaires» avec l'implication de la Confédération».