La course à la succession de Guy Parmelin est ouverte, les candidats et candidates ont jusqu'au 23 octobre 12h pour s'annoncer. Plusieurs noms circulent pour l'élection au Conseil fédéral. Tour d'horizon:
L'UDC veut proposer à l'Assemblée fédérale un ticket à deux le 9 décembre. Le parti annoncera le 20 novembre les noms des candidats officiels. L'UDC n'a encore jamais eu de femme au Conseil fédéral. Eveline Widmer-Schlumpf, membre de l'UDC, avait été élue sans être officiellement candidate au poste et avait dû par la suite changer de parti.
Les candidats déclarés
CÉLINE AMAUDRUZ: Vice-présidente de l'UDC Suisse, la Genevoise Céline Amaudruz est la première à avoir annoncé sa candidature. Celle qui siège au National depuis 2011 se dit «prête à assumer cette responsabilité au service du pays», a déclaré l'élue de 47 ans. Ses votes à contre-courant du parti pour les droits des femmes par exemple ont toutefois irrité ses collègues UDC.
Les candidats potentiels
NICOLAS KOLLY: le Fribourgeois Nicolas Kolly (40 ans), élu au Conseil national en 2023, est intéressé à une candidature. Membre du comité directeur du groupe UDC, il intervient notamment sur les dossiers de l'agriculture et des relations avec l'UE. Il communiquera sa décision prochainement.
PIERRE ALAIN SCHNEGG: le conseiller d'Etat bernois UDC Pierre Alain Schnegg (13.12.1962), ne s'est pas exprimé sur une éventuelle candidature. Mais il peut faire valoir une longue expérience dans l'exécutif de son canton comme représentant du Jura bernois. M. Schnegg est chef de la Direction de la santé, des affaires sociales et de l’intégration du canton de Berne, depuis 2016.
FRANZ RUPPEN: Franz Ruppen (55 ans), conseiller d'Etat valaisan, réfléchit à une candidature. Le Haut-Valaisan connaît bien le fonctionnement du Parlement à Berne pour y avoir siégé en tant que conseiller national de 2015 à 2021. Il est conseiller d'Etat valaisan depuis 2021.
THOMAS AESCHI: Le chef du groupe parlementaire UDC, Thomas Aeschi (1979), n’a pour l’instant pas souhaité s’exprimer sur une éventuelle candidature. Il est considéré comme un partisan de la ligne dure, ce qui pourrait lui valoir peu de soutien en dehors du groupe parlementaire de l’UDC. Le conseiller national zougois avait été candidat face à Guy Parmelin en 2015, lors de la succession d'Eveline Widmer-Schlumpf.
THOMAS MATTER: le conseiller national zurichois Thomas Matter (1966) est considéré comme un poids lourd de son parti. Au Parlement, sa position intransigeante pourrait toutefois ne pas lui permettre de rallier une majorité. Son nom avait déjà été évoqué lors de la succession d'Ueli Maurer, mais il avait renoncé à se porter candidat. La question de savoir si cet entrepreneur, qui siège au National depuis 2014, changera d’avis reste pour l’instant en suspens.
FRANZ GRÜTER: Franz Grüter (1963), conseiller national lucernois depuis 2015, n'exclut pas de se porter candidat. Ses origines pourraient jouer en sa faveur: le dernier conseiller fédéral lucernois était Kaspar Villiger (PLR), en fonction de 1989 à 2003. L'UDC de son canton l'a encouragé à se porter candidat.
PASCAL SCHMID: le conseiller national thurgovien Pascal Schmid (1976) dit qu'il réfléchit «évidemment» à une candidature. Responsable des questions d’asile à l’UDC, il avait affiché ses ambitions pour succéder au conseiller aux Etats Jakob Stark, qui ne se représente pas. Pascal Schmid fait lui aussi partie des candidats potentiels qui pourraient ne pas réunir de majorité au Parlement lors d'une élection au Conseil fédéral.
MONIKA RÜEGGER: le nom de la conseillère nationale d'Obwald (1968), Monika Rüegger, avait été évoqué pour la succession du conseiller fédéral Ueli Maurer. Elle avait alors décliné l'offre. Elue en 2019 au National, elle est devenue la première femme du canton d'Obwald à siéger au Parlement fédéral.
JEAN-PIERRE GALLATI: selon l'Aargauer Zeitung, le directeur de la santé argovien Jean-Pierre Gallati envisage de se porter candidat. L'élu s’est lui aussi attiré les foudres de certains membres de son parti pendant la pandémie de Covid-19. En 2019, il avait été élu au Conseil national ainsi qu’au gouvernement cantonal argovien. Après quelques mois passés à Berne, il a pris ses fonctions en Argovie.
BENJAMIN GIEZENDANNER: Le conseiller national argovien (1982), entrepreneur et fils du politicien UDC Ulrich Giezendanner, envisage une candidature, sous réserve du soutien de l'UDC de son canton.
CHRISTIAN IMARK: le conseiller national soleurois (1982) n'exclut pas de se porter candidat. Il se positionnera après ses vacances.
MICHAEL GRABER: le conseiller national haut-valaisan Michael Graber (1981) réfléchit à une candidature. Conseiller national depuis 2019, l'avocat-notaire de Brigue accéderait au Conseil fédéral moins de deux ans après le départ de Viola Amherd, également originaire de Brigue-Glis.
Ceux qui ont renoncé
ANDRE RÜEGSEGGER: Sollicité par l'UDC de Schwyz, le conseiller d'Etat André Rüegsegger a fait savoir lundi qu'il renonçait à une candidature au Conseil fédéral. Selon un communiqué de la section cantonal de son parti, il est arrivé à la conclusion qu'il ne souhaitait pas briguer un autre mandat politique et la fonction de conseiller fédéral n'avait jamais fait partie de ses objectifs personnels. «Ma place reste dans le canton de Schwyz, où je souhaite poursuivre les projets en cours.»
NATALIE RICKLI: l'ancienne conseillère nationale Natalie Rickli (née le 19.11.1976) a annoncé lundi qu'elle renonçait à briguer un siège au Conseil fédéral. Elle a expliqué dans un post Instagram que «le canton de Zurich, qui est le plus grand canton, a besoin d’un gouvernement stable en ces temps difficiles» et qu'elle souhaitait donc se concentrer sur son mandat de conseillère d'Etat. Directrice de la santé publique dans le canton de Zurich, elle sera, au moment de l’élection au Conseil fédéral, en pleine campagne électorale pour défendre son siège. Mme Rickli s'est dite honorée que son nom ait été mentionné pour succéder à Guy Parmelin
YVAN PAHUD: Yvan Pahud (46 ans) a annoncé vendredi renoncer à se porter candidat. Le conseiller national vaudois a déclaré à la RTS et à 24 Heures: «C'était une décision difficile de ne pas briguer la succession de Guy Parmelin, car le poste m'intéresse fortement. Mais ce n'est tout simplement pas le bon moment. Avec la déclaration de candidature de Céline Amaudruz, on a une candidate pour la Suisse romande.»
ESTHER FRIEDLI: la conseillère aux Etats saint-galloise Esther Friedli a renoncé à se porter candidate. Elle souhaite se concentrer sur son travail au Conseil des Etats et se présenter à sa réélection l'année prochaine. Elle avait déjà renoncé à une candidature après le retrait d'Ueli Maurer en 2022.
MAGDALENA MARTULLO-BLOCHER: Figure de proue à l'UDC, la conseillère nationale grisonne Magdalena Martullo-Blocher ne se présentera pas non plus. «Je suis entrepreneuse et cela n'est pas compatible» avec mon emploi à la tête de l'entreprise Ems-Chemie, a-t-elle déclaré à la radio-télévision alémanique SRF.
MARCEL DETTLING: le président de l’UDC Suisse Marcel Dettling, conseiller national schwyzois, ne nourrit pas non plus, pour l’instant, d’ambitions gouvernementales. «Ma mission est de diriger le parti».
PIERRE-ANDRÉ PAGE: le conseiller national fribourgeois Pierre-André Page, actuel président du Conseil national, renonce lui aussi au siège de conseiller fédéral. Il soutient en revanche une éventuelle candidature de son collègue fribourgeois Nicolas Kolly.
SYLVAIN FREYMOND: le conseiller national Sylvain Freymond, président de l'UDC vaudoise, n'entend pas non plus se présenter. Il veut se concentrer sur les élections cantonales de février prochain.