Le chocolatier suisse Lindt & Sprüngli, confronté à une baisse de ses volumes de ventes, a annoncé lundi le départ de son patron à la demande du conseil d'administration et a rappelé provisoirement aux commandes son ancien directeur général en attendant de trouver un successeur.
«Le conseil d'administration a conclu que Lindt & Sprüngli a besoin d'une nouvelle direction opérationnelle pour retrouver une croissance régulière et solide», a indiqué le groupe dans un communiqué. Depuis mars, le chocolatier suisse a abaissé à deux reprises ses objectifs de ventes pour 2026, face à l'effritement de ses volumes de ventes dans le sillage d'augmentations de prix.
Dans le communiqué, le groupe précise qu'Adalbert Lechner, 65 ans, va quitter l'entreprise après 33 ans de carrière au sein du groupe, dont quatre en tant que directeur général. Dieter Weisskopf, vice-président du conseil d'administration et ancien directeur général, âgé de 71 ans, va reprendre la direction pour assurer l'intérim «avec effet immédiat», selon le communiqué.
Le groupe connu pour ses lapins de Pâques dorés et ses pralines Lindor a lancé le processus de recherche d'un successeur, qui devrait être nommé durant le deuxième trimestre 2027. «Le conseil d'administration est convaincu que ce changement de direction portera la croissance future» du groupe, a déclaré son président, Ernst Tanner, cité dans le communiqué.
A 10h11 GMT, l'action Lindt & Sprüngli, la plus chère de la Bourse suisse, perdait 1,38% à 85'700 francs suisses. Le bon de participation reculait, lui, de 2,32% à 8.225 francs, alors que le SPI, l'indice élargi de la Bourse suisse, cédait 0,36%. Depuis début janvier, le bon de participation avait déjà perdu un quart de sa valeur en Bourse.
«Conséquence» des hausses de prix
«Dieter Weisskopf est un manager de longue date, et qui a eu beaucoup de succès chez Lindt», a réagi Daniel Bürki, analyste à la Banque cantonale de Zurich, dans un commentaire boursier. Dieter Weisskopf a été directeur financier du groupe, puis directeur général de 2016 à 2022.
Mais «l'entreprise est actuellement confrontée à une baisse de ses volumes de ventes, en particulier sur des marchés comme l'Allemagne et la Suisse, en partie en conséquence des fortes hausses de prix des dernières années», a rappelé Daniel Bürki. Face à l'envolée des cours du cacao, les prix avaient été relevés de 10,1% en 2023, de 6,3% en 2024 et de 19% en 2025 en moyenne à l'échelle du groupe.
Avec l'effritement des volumes, l'entreprise avait une première fois abaissé son objectif de croissance de ses ventes pour 2026 aux environs de 4 à 6% (contre 6 à 8% auparavant), puis l'avait encore réduit fin septembre pour le ramener à 0% à 2%.
Lundi, le groupe a également annoncé le départ de Michal Spiller, directeur des activités en Allemagne, qui va être remplacé par Ali Kulein, patron des activités en Autriche. Fabian Reinhardt, directeur global des ventes, reprendra sa suite en Autriche. Dans une note de marché, Jean-Philippe Bertschy, analyste chez Vontobel, estime que ces changements devraient «poser les bases du prochain cycle de croissance de Lindt».
Néanmoins, l'ampleur de ces remaniements «suggère des divergences de vues en interne», notamment sur les prix «en Europe» et «l'urgence de mesures correctrices», considère cet analyste, qui s'attend à ce que le conseil d'administration fasse lui aussi «l'objet d'un examen attentif». Le conseil d'administration «aurait pu intervenir plus tôt», juge-t-il.