Grimper sur des trains en marche pour poster des vidéos de leurs actions vertigineuses sur les réseaux sociaux. Certains jeunes paient de leur vie ou de leur santé pour prendre part à cette tendance dangereuse. Les trainsurfers font actuellement les gros titres en Suisse. Le dernier en date est l'accident d'un jeune de 17 ans survenu mercredi à la gare de Mosen (LU).
Un passant a tout vu. «Tout à coup, j'ai entendu un énorme clap et j'ai vu un gros éclair», raconte-t-il à Blick. Le riverain s'est précipité sur le balcon, a regardé en bas et a vu le jeune homme de 17 ans allongé sur le ballast entre le train et la voie ferrée. «Il a criait: 'Ma jambe, ma jambe est en feu'.»
Tendance sur les réseaux sociaux
La victime n'en était pas à son premier coup d'essai. L'adolescent était présent la semaine dernière lorsqu'un ami a perdu la vie à Beinwil am See (AG). Le trainsurfer de 18 ans s'est approché trop près de composants sous tension. Il a été mortellement blessé par une décharge électrique et a été éjecté du toit du train en marche. Bien que le jeune homme de 17 ans ait été témoin de la scène en tant qu'accompagnateur, il ne s'est pas laissé décourager – et a été lui-même gravement blessé.
Sur les réseaux sociaux, les internautes pleurent le mort et exprime leur sympathie pour le blessé. Sur le compte Tiktok du jeune homme de 18 ans décédé, on trouve des images de trainsurf qu'il a probablement tournées lui-même. Ainsi, une vidéo le montre sur le toit d'un train à plus de 200 km/h.
Le phénomène n'est pas nouveau. A noter toutefois que les chiffres d'accidents avaient diminué dans les années 2000 et 2010, ce qui s'explique par des mesures de sécurité accrues autour du trafic ferroviaire.
Une victime sur deux décède
Mais aujourd'hui, le phénomène du trainsurfing a été relancé par les réseaux sociaux, comme le montre une étude de l'hôpital universitaire de Zurich intitulée «Burned for the Likes» (en français : brûlé pour les likes), publiée en décembre 2025. Un travail qui se penche sur les trainsurfers, leurs blessures et les conséquences, ainsi que le rôle des réseaux sociaux.
Dans l'étude, les médecins ont comparé tous les trainsurfeurs traités à Zurich. Douze personnes en l'espace de dix ans. En moyenne, 44% de la surface de leurs corps était brûlée – plus du double de ce qui est constaté dans les accidents du travail. Une personne accidentée sur trois perd un membre, près d'une sur deux décède.
Les coûts s'élèvent à plus de 500'000 francs par traitement. Et seule une victime sur quatre retrouve ensuite une formation ou un emploi. Les experts constatent que les réseaux sociaux fonctionnent ici comme un moteur, car ils glorifient le surf en train et invisibilisent les avertissements de sécurité.
Mourir pour des likes
Lorsqu'on cherche «Trainsurfing» sur Tiktok, on tombe certes sur un avertissement, mais une telle barrière ne sert pas à grand chose. Les trainsurfeurs intègrent les images dangereuses dans des vidéos d'apparence inoffensive. Ils parviennent aussi à contourner l'avertissement en modifiant l'orthographe et les hashtags. Les auteurs de l'étude zurichoise en concluent: «Cela montre à quel point il est facile de trouver des contenus apparemment bloqués via des recherches alternatives.»
Les contributions sur Tiktok ou Instagram glorifient les actions qui mettent la vie en danger et atteignent ainsi un public de millions de personnes. «Ils incitent à imiter ces cascades, à les filmer et à les poster», explique le criminologue Dirk Baier à Blick. Il met en garde contre le contenu. «Les petites erreurs ou les inattentions, aux conséquences mortelles, ne sont pas thématisées.»
En d'autres termes, il ne s'agit plus seulement de réussir une épreuve de courage entre amis, mais d'obtenir la reconnaissance d'une masse beaucoup plus large. La forme de récompense: les vues et les likes. Le fait que chaque trajet puisse être le dernier est soit omis, soit accepté de manière pseudo-héroïque.
65 fois plus élevé qu'avec une prise de courant
On ne sait pas combien de personnes pratiquent le trainsurfing en Suisse. Mais une chose est sûre: les électrocutions mortelles dans les trains ne sont pas toutes le fait de cette pratique illégale. Ces dernières semaines, deux autres adolescentes, de 17 et 14 ans, ont perdu la vie après avoir grimpé sur des trains à l'arrêt. La police argovienne s'est sentie obligée de lancer un avertissement public en vidéo.
Les CFF se montrent touchés par ces incidents. Ils expriment leurs condoléances aux proches des personnes mortellement accidentées. Un porte-parole écrit que ces incidents montrent à quel point il est dangereux de monter dans un train. Il souligne: «La caténaire est soumise à une tension de 15'000 volts, soit environ 65 fois plus que celle d'une prise de courant domestique.»
Avec des panneaux d'avertissement, des mesures de construction, des barrages et des cours, l'entreprise ferroviaire met en évidence les risques autour des trains. Les CFF réexamineront les mesures de sécurité et de prévention existantes après les derniers incidents et les renforceront si nécessaire.