Le procès en Suisse pour blanchiment d'argent de Gulnara Karimova, fille de l'ex-président de l'Ouzbékistan, ainsi que de la banque privée suisse Lombard Odier, s'est ouvert lundi en l'absence de la principale intéressée, emprisonnée dans son pays. La fille d'Islam Karimov, l'ancien homme fort de ce pays d'Asie centrale, a été condamnée en mars 2020 en Ouzbékistan à un peu plus de treize ans de prison pour extorsion et détournement de fonds.
Son procès en Suisse se déroule devant le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone. Mais «Mme Gulnara Karimova et un autre prévenu n'ont pas comparu ce jour», a indiqué à l'AFP une porte-parole du tribunal, expliquant que la décision de la cour concernant la poursuite de débats serait rendue mardi matin.
Immunité diplomatique
Gulnara Karimova est poursuivie par le ministère public de la Confédération (MPC) qui l'accuse «d'avoir participé à une organisation criminelle dénommée "l'Office", active dans différents pays, et d'avoir blanchi en Suisse, entre 2005 et 2012, des valeurs patrimoniales générées par des crimes commis par ladite organisation criminelle, dont (elle) était, selon l'acte d'accusation, la cheffe ultime», indiquait-t-il dans un communiqué en 2024. Elle avait été nommée par son père au poste de représentante permanente de l'Ouzbékistan auprès de l'ONU à Genève, des fonctions qu'elle a occupées jusqu'à l'été 2013, bénéficiant de l'immunité diplomatique jusqu'à cette date.
L'enquête a mené le MPC à retenir qu'une partie des fonds blanchis en Suisse aurait été versée sur des comptes à la banque Lombard Odier, à Genève. «Le rôle de la banque et de l'un de ses anciens gestionnaires aurait été déterminant pour permettre la dissimulation du produit d'activités criminelles», selon le MPC. Pour cette raison, la procédure pénale a été menée depuis décembre 2016 à leur encontre pour «soupçons de blanchiment d'argent aggravé».
Accusations rejetées
La banque rejette ces accusations. Ce lundi encore, elle a souligné dans un communiqué que «le procureur n'accuse pas Lombard Odier d'avoir participé sciemment ou volontairement à une activité de blanchiment d'argent». «Les allégations portées contre la Banque concernent de supposés manquements organisationnels liés à la prévention efficace du blanchiment d'argent. La Banque réfute ces allégations et entend se défendre lors du procès», a-t-elle ajouté.