L'immigration comme solution?
Le vieillissement de la population suisse menace nos retraites, mais pas seulement

La Suisse voit sa natalité baisser de plus en plus. Dans un nouveau rapport, l'administration fiscale met en garde: cela pourrait poser un problème non seulement pour l'AVS, mais aussi pour les recettes fiscales.
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En Suisse, le nombre de naissances ne cesse de diminuer.
Photo: imago/Westend61
Joschka Schaffner

La population suisse tend à vieillir de plus en plus. Depuis plusieurs années, les conséquences de ce vieillissement démographique sont régulièrement pointées du doigt. En effet, le financement des retraites pourrait être mis à rude épreuve, tandis que les dépenses de santé risquent de s'envoler.

A l'échelle de la Confédération, ces enjeux figurent naturellement parmi les principales priorités. Elisabeth Baume-Schneider, ministre de la Santé et des Affaires sociales, tente notamment, à travers la réforme de l’AVS, d'atténuer les conséquences de la baisse de natalité et de l'allongement continu de l’espérance de vie.

Un nouveau rapport de l’Administration fédérale des finances (AFF) met toutefois en lumière une problématique plus large: outre l’augmentation des prestations de vieillesse, la Suisse pourrait également voir une part croissante de ses recettes fiscales lui échapper.

Faut-il repenser le système fiscal?

Problème: en Suisse, l’imposition des personnes physiques dépend principalement des revenus issus d'une activité professionnelle. Autrement dit, si une part importante de la population atteint l’âge de la retraite, «l’assiette fiscale future pourrait s’affaiblir», selon l’AFF.

La Confédération devrait-elle dès lors revoir d’urgence son système fiscal? D’après le rapport, la situation ne serait toutefois pas aussi préoccupante: les premières études internationales menées par l’OCDE indiqueraient que l'impact serait plutôt modéré.

Le rapport de la Confédération ne précise toutefois pas dans quelle mesure les résultats observés à l’étranger sont transposables à la Suisse. Il n'est donc pas exclu qu'à l'avenir, une hausse de l'imposition sur la fortune, des dividendes, voire des entreprises, soit envisagées pour faire face au vieillissement de la population.

L’immigration pour alléger les finances publiques?

La solution qui vient naturellement à l'esprit – avoir naturellement plus d'enfants – paraît toutefois peu réaliste à court terme, selon l'AFF. La baisse de la natalité présente néanmoins certains avantages pour les pouvoir publics: tandis que les dépenses liées aux retraites augmentent, celles consacrées aux prestations familiales, notamment aux allocations familiales, continuent de diminuer.

Par ailleurs, la Confédération met particulièrement en avant un levier au cœur du débat sur la «Suisse à 10 millions»: l’immigration. «Une immigration axée sur le marché du travail peut contribuer à alléger la pression sur les finances publiques, car en Suisse, les immigrés versent en moyenne davantage d’impôts et de cotisations sociales qu’ils ne perçoivent de prestations de l’Etat», écrit l’Administration fédérale des finances.

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