A première vue, l’e-mail paraît professionnel. «Un problème a été constaté lors du traitement du paiement des redevances de radio et de télévision pour l’année 2026», écrit l’expéditeur. Selon le mail adressé à un lecteur-reporter de Blick, ce souci pourrait être lié à un mode de paiement refusé ou à des données bancaires incomplètes ou erronées. En haut du message figure le nom de Serafe, l’entreprise chargée de percevoir la redevance obligatoire pour le compte de la Confédération.
«Veuillez vous assurer que votre paiement pour l’année 2026 soit effectué intégralement et dans les délais. Dans le cas contraire, des intérêts de retard, des frais de rappel ainsi que d’autres frais administratifs peuvent être facturés», poursuit le texte. L’e-mail contient un lien censé permettre le paiement de la facture via e-Bill. Le montant indiqué est exact, soit 335 francs. Un autre lien renvoie même vers le site officiel de Serafe.
Des escrocs veulent obtenir des données bancaires
«Sur le moment, j’ai pensé que ma femme avait payé la facture et que quelque chose s’était mal passé», raconte le lecteur-reporter, qui souhaite rester anonyme. «Mais le fait que Serafe me contacte par e-mail, et non par courrier, m’a rapidement mis la puce à l’oreille.» En examinant le message de plus près, il remarque aussi une adresse e-mail d’expéditeur inhabituelle.
Il s’agit bien d’un cas de phishing qu'utilisent des escrocs pour inciter les destinataires à transmettre leurs données bancaires. Toute personne ayant saisi ses informations de paiement via ce lien doit immédiatement faire bloquer son compte.
Le timing est particulièrement sournois. Les factures de Serafe sont envoyées aux ménages de manière échelonnée tout au long de l’année. Actuellement, de nombreux foyers les reçoivent.
Serafe n'envoie pas d'e-mails pour les paiements
La société Serafe AG a connaissance de ces tentatives d’escroquerie. «En Suisse, on observe actuellement une recrudescence des attaques de phishing, parfois de plus en plus sophistiquées. Serafe AG, ou plutôt ses clients, sont également concernés», explique son porte-parole, Erich Heynen. L’entreprise met d’ailleurs en garde contre ces messages frauduleux sur son site internet.
«Serafe AG n’envoie pas d’e-mails contenant des liens qui permettent de saisir des données de compte et n’invite pas non plus à effectuer des paiements via TWINT», précise encore Erich Heynen.
La police cantonale met en garde
Les autorités connaissent bien cette arnaque. Toute personne recevant un e-mail suspect contenant un lien de paiement ou des pièces jointes ne doit ni l’ouvrir, ni cliquer sur les liens, et surtout ne déclencher aucun paiement, écrit-il à Blick. «Ces messages peuvent être supprimés ou signalés à la police cantonale.»
La police cantonale de Zurich met régulièrement en garde contre de nouvelles formes d’escroquerie sur son site internet. Début 2024 déjà, des fraudeurs avaient envoyé de fausses factures à l’apparence officielle au nom de l’Office suisse de perception des redevances radio et télévision. L’expéditeur se faisait alors passer pour «Searfe» au lieu de «Serafe», comme l’avait révélé Blick.
De son côté, Serafe AG affirme agir dans la mesure de ses moyens contre les fraudeurs. «Lorsqu’un cas d’escroquerie est clairement identifié, nous engageons les démarches juridiques nécessaires», indique Erich Heynen. Mercredi, le lecteur-reporter a d’ailleurs reçu la véritable facture de Serafe, comme chaque année, par courrier postal.