Au total, 79 armes de l'armée et 45 composants d'armes ont été enregistrés comme disparus en 2025. La plupart ont été volées. Or, tout militaire qui perd son arme doit s'attendre à des conséquences, puisqu'il est responsable de conserver son équipement personnel en toute sécurité. Le devoir de diligence implique aussi de protéger son équipement contre la perte, les dommages et la destruction.
Dans les cas les moins graves, celui qui enfreint les directives s'en tire avec une simple sanction disciplinaire. Mais dans de nombreux cas, il y a une amende. En cas de faute grave, une peine pouvant aller jusqu'à trois ans de privation de liberté est même encourue. Si l'arme a été volée, on peut s'en sortir sans sanction, pour autant que l'arme ait été conservée conformément aux règles.
Fusil d'assaut volé dans une cave
Des cas exemplaires de la justice militaire, dont Blick a eu connaissance, montrent à quel point la perte d'une arme peut coûter cher. Le premier jugement concerne un homme du canton de Zurich, qui s'est fait voler son fusil d'assaut 90 l'année dernière dans sa cave. Le sous-sol de son immeuble n'était généralement pas fermé à clé et accessible de l'extérieur, ce dont les malfaiteurs ont su tirer profit. Le compartiment de la cave de l'intéressé se composait d'une cage en lattes de bois et n'était sécurisé que par un cadenas. Les voleurs ont donc eu la tâche facile, car le compartiment «offrait peu de résistance contre l'accès non autorisé», comme indique le jugement.
La justice militaire a toutefois salué le fait que le prévenu avait pris certaines mesures pour protéger l'arme qui lui avait été confiée. Ainsi, l'arme «n'était pas entreposée de manière visible derrière des bouteilles de vin» et sa culasse était conservée séparément dans l'appartement.
Le tribunal a donc considéré que la faute était minime, a reconnu un cas léger de non-respect des prescriptions de service et a sanctionné le prévenu d'une amende disciplinaire de 500 francs. Il a également dû prendre en charge les frais de justice de 200 francs. L'intéressé avait déjà été puni d'une autre manière: en plus du fusil d'assaut, les voleurs ont également emporté trois bouteilles de vin.
Le pistolet est réapparu chez une ex-femme
Un officier romand qui avait perdu son arme de service – un pistolet 75 – s'en est tiré à meilleur compte. La disparition est survenue entre sa dernière mission en 2018 et 2024, moment où il s'est rendu compte de la perte et l'a annoncée à la police. Peu après, le pistolet a refait surface chez son ex-femme.
L'accusé a perdu son arme durant plusieurs années, constate la justice militaire dans son jugement. En ne surveillant pas suffisamment l'arme qui lui avait été confiée et en ne prenant pas les mesures nécessaires pour s'assurer qu'elle était conservée en lieu sûr, il a violé son devoir de diligence par négligence.
L'auditeur compétent a toutefois souligné de manière élogieuse que l'officier avait annoncé la perte à la police et qu'il avait ensuite retrouvé l'arme. Il s'est donc montré clément, notamment au vu de la situation financière de l'accusé. Il ne lui a infligé qu'une amende disciplinaire de 80 francs. Les frais de procédure ont été laissés à la charge de la Confédération.
Une «simple affirmation de protection» coûte cher
Un cas antérieur datant de 2020 montre qu'une perte d'arme peut s'avérer plus coûteuse: un militaire zurichois a été déclaré coupable par la justice militaire «d'abus et de dilapidation de matériel».
Lorsque l'homme a été libéré de ses obligations militaires en 2018 et qu'il a voulu remettre son matériel militaire, il manquait un pistolet 75. Lorsqu'on lui a demandé où se trouvait l'arme, il a déclaré qu'il l'avait vue pour la dernière fois douze ans auparavant et qu'il l'avait déjà remise en 2007 – sauf que cette remise n'était enregistrée nulle part. Lors de l'enquête, l'accusé a également insisté sur le fait qu'il avait rendu l'arme depuis longtemps, ce que la justice militaire a toutefois considéré comme une «simple affirmation de protection».
La justice a estimé que le fait que l'intéressé «ne se soit pas préoccupé pendant une si longue période de savoir où se trouvait son arme ou, s'il avait constaté sa perte, de déposer une plainte auprès de l'autorité compétente» constituait une circonstance aggravante. L'accusé a été sanctionné d'une amende de 500 francs ainsi que d'une peine pécuniaire avec sursis de 15 jours-amende à 100 francs – pour une période probatoire de deux ans. Il a également dû s'acquitter des frais de justice de 400 francs.