La suisse envoie un signal fort
L’avortement sera entièrement pris en charge par l’assurance maladie dès 2027

Dès 2027, les caisses maladie suisses prendront en charge l’ensemble des coûts liés à l’interruption de grossesse. Avec cette décision, le Parlement envoie un signal fort face aux remises en cause du droit à l’avortement dans le monde.
Publié: 10:18 heures
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Les caisses d'assurance maladie payeront entièrement les frais relatifs à l'IVG dès 2027.
Photo: Getty Images
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Décision majeure à Berne. Dès 2027, les interruptions volontaires de grossesse (IVG) seront entièrement couvertes par l’assurance maladie. Cette mesure figure dans le «paquet de maîtrise des coûts 2» adopté par le Parlement pour le secteur de la santé, rapporte le «Tages-Anzeiger».

Cette décision va à l'encontre de la tendance mondiale à restreindre davantage le droit à l'avortement. Dans de nombreux pays comme les Etats-Unis, la Pologne ou la Hongrie, ce droit est de plus en plus bafoué. Avec la prise en charge totale des coûts, la Suisse envoie un signal clair.

La coprésidente du PS salue cette décision

La décision a été prise sans débat politique important. Même les partis conservateurs comme l'Union démocratique du centre (UDC) ou le Centre ne s'y sont pas opposés. La coprésidente du Parti socialiste (PS) Mattea Meyer qualifie la décision de «jalon». «Nous vivons actuellement un véritable retour en arrière en matière d'égalité. Le droit à l'autodétermination des femmes sur leur propre corps est de plus en plus attaqué par les milieux de droite», a-t-elle déploré.

Le Parti libéral-radical (PLR) soutient également la décision. «Dire oui à délai imparti pour recourir à une IVG implique aussi de reconnaitre cette procédure», a expliqué la présidente des Femmes PLR, Bettina Balmer.

Pourtant, il y a toujours des opposants à l'avortement au Parlement. Le conseiller national de l'Union démocratique fédérale (UDF), Andreas Gafner, regrette cette décision. «Nous devrions plutôt empêcher le droit à l'avortement et proposer des alternatives aux personnes concernées. Au lieu de cela, nous incitons à ce type de procédure», a-t-il affirmé.

12'000 IVG par en an en Suisse

Dans sa réponse à une intervention critique, le Conseil fédéral défend la position libérale. «L'accès à un avortement sûr et légal fait partie d'un système de santé moderne et est une condition pour l'autodétermination des femmes.»

Avec environ 12'000 interruptions de grossesse par an, la Suisse se situe à un niveau relativement bas en comparaison internationale. Une interruption de grossesse coûte actuellement entre 1000 et 2500 francs. A partir de 2027, ces coûts seront entièrement pris en charge par les caisses maladie. Et ce indépendamment de la franchise ou de la quote-part choisie par les assurées.

Une procédure autorisée depuis plus de 20 ans

En Suisse, l'IVG est autorisée depuis plus de 20 ans. En 2002, la population a voté à plus de 72% pour autoriser légalement l'avortement jusqu'à la 12e semaine de grossesse.

Outre les situations dans lesquelles «une atteinte grave à l'intégrité physique de la femme enceinte» est médicalement prouvée, la loi correspondante prévoit donc que l'interruption de grossesse n'est pas punissable pendant les 12 premières semaines «si la femme en fait la demande par écrit et fait valoir qu'elle se trouve dans une situation de détresse».

Le 25 septembre 1977, l'initiative visant à autoriser l'IVG dans les 12 premières semaines de grossesse avait été rejetée de justesse dans les urnes. A l'époque, 51,7% des votants avaient voté non.

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