«Il est important de ne pas revenir en arrière.» Vendredi à Lugano, les Suissesses ont livré, au niveau de leur état d'esprit, leur meilleure prestation de l'ère Rafel Navarro, avec une victoire 6-1 à la clé contre Malte. «Lors du dernier match, nous avons joué durant 90 minutes à 100%, et pas seulement par intermittence, poursuit le sélectionneur. Nous voulons continuer sur cette lancée.» La Nati étant assurée de terminer en tête de son groupe, cette partie servira surtout à juger l'ensemble de ces éliminatoires.
Ce dernier match va également constituer un ultime test avant les barrages. Rafel Navarro en est conscient, son équipe va devoir encore progresser si elle entend se qualifier pour le Mondial 2027. «Nous ne sommes pas encore à notre meilleur niveau, a souligné le coach vendredi après la démonstration face à Malte. On peut faire mieux. Nous avons eu beaucoup d’occasions de marquer en deuxième période, par exemple. Je pense que nous devons être plus réalistes devant le but adverse.» Contre des équipes d'un calibre supérieur, les occasions seront moindres et il faudra se montrer clinique pour traverser l'Atlantique.
«Ne pas encaisser de but»
«Nous avons beaucoup de qualité dans l'équipe, souligne Nadine Riesen. Mais nous devons le montrer encore plus sur le terrain. Nous voulons gagner, au moins avec trois buts d’écart. Et aussi ne pas encaisser de but.» Durant ces qualifications, les Suissesses n'ont réussi qu'un seul blanchissage. C'était lors du premier match, à Lausanne, contre l'Irlande du Nord justement. Selon le coach, il s'agissait de la partie que la Suisse avait le mieux maîtrisée: «Sur le banc, j’avais vraiment le sentiment que nous avions le contrôle du début à la fin.» Mais cette fois les conditions seront différentes.
Vendredi, pour l'inauguration du nouveau stade de Lugano, la Nati a bénéficié d'une pelouse en excellent état, ce qui est toujours un plus pour une équipe qui fait de la possession du ballon sa priorité. Mardi, la pelouse du Mourneview Park de Lurgan ne ressemblera pas à celle de la Tuilière ou de l'AIL Arena. «Dans le football, les installations peuvent être complètement différentes d'un match à l'autre. Cela fait partie de notre travail: nous devons nous adapter ici pour être aussi à 100%, et pas seulement quand les conditions sont bonnes.» Et Nadine Riesen de poursuivre: «Je crois qu’au final, ce qui compte, c'est notre état d'esprit. Nous ne pouvons rien changer au terrain, mais nous pouvons agir sur notre attitude.» Cela ne pourra donc pas être utilisé comme une excuse.
Une première pour Amina Muratovic?
L'approche des vacances non plus. Il y a deux ans, l'équipe de Suisse avait livré sa pire prestation de ces cinq dernières années à cette période de l'année, avec une défaite en Hongrie pour le dernier match de la saison (1-0). «Je suis assez compétitrice pour vouloir les six points», avait prévenu Ana-Maria Crnogorcevic au début du rassemblement. Trois ont déjà été acquis, avec la manière. Après le succès contre Malte, Aurélie Csillag avait promis: «On veut encore confirmer qu’on peut faire un match comme aujourd’hui (ndlr: vendredi passé). Et puis avoir un bon feeling avant les vacances.» Malheureusement, l'attaquante de Liverpool, très remuante contre Malte, a dû, pour des raisons personnelles, déclarer forfait pour le déplacement outre-Manche.
Rafel Navarro ne pourra donc pas appliquer l'adage «on ne change pas une équipe qui gagne». Il l'avait déjà dit vendredi, il n'apportera pas qu'une seule modification à son onze de départ. «Il y a beaucoup de joueuses dans l’équipe qui méritent d’avoir leur chance, explique Rafel Navarro. Cette rencontre sera une bonne opportunité pour les voir à l'œuvre et donner du temps à celles qui ont moins joué.» Est-ce qu'Amina Muratovic, la défenseure vaudoise de Servette Chênois, fêtera, à 19 ans, sa première sélection?
