«Geri» retrouve sa liberté
Ce qu'il faut retenir du succès des Suissesses contre Malte

Vendredi à Lugano, l'équipe nationale a été très enthousiasmante lors de son succès 6-1 contre les Maltaises. Voici ce qui montre que la troupe de Rafel Navarro est sur le bon chemin.
Avec un but et une passe décisive, Géraldine Reuteler a brillé avec la Suisse contre Malte, vendredi à Lugano.
Photo: Getty Images
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Florian PaccaudFlorian Paccaud - Journaliste Blick

Ce n’était que Malte. Certes, la Suisse a montré son visage le plus enthousiasmant de l’ère Rafel Navarro, mais gagner 6-1 contre l’équipe pointant au 86e rang du classement FIFA n’a rien d’un exploit. Il en faudra plus pour faire partie des 7 meilleures équipes européennes – 8 en cas de succès lors du barrage intercontinental – qui se rendront au Brésil à l’été 2027 pour disputer la Coupe du monde. «On sait que le chemin est encore long», a relevé Johan Djourou après la victoire à Lugano.

«Il ne faut pas commencer à se dire que c’était incroyable, poursuit le directeur technique de toutes les équipes nationales féminines. On a joué Malte, sans manquer de respect à notre adversaire. Notre groupe était abordable et on se devait de finir premières.» Tenues en échec en Turquie, les Suissesses ne vont pas réussir le sans-faute. «Dans l’ensemble, l’équipe continue de grandir et de progresser, remarque le Genevois. Quand on commence avec une nouvelle philosophie, cela prend du temps.» Il y a deux aspects où la Nati semble avoir franchi un palier, qu’il faudra confirmer mardi en Irlande du Nord.

Interrogé sur le fait de savoir si le match contre Malte était le meilleur de l’équipe de Suisse depuis qu’il était en place, le sélectionneur était hésitant. «Pour moi, la première rencontre, contre l’Irlande du Nord, était très bonne parce que nous avons eu le contrôle tout le temps. Sur le banc, j’avais vraiment le sentiment que nous maîtrisions les débats du début à la fin.» Johan Djourou abonde, rappelant que l’entame d’une campagne de qualifications n’est jamais évidente, «avec les nerfs à gérer aussi».

Géraldine Reuteler retrouve sa liberté

C’est surtout la mentalité affichée par ses troupes qui a plu au sélectionneur. «Au niveau de l’attitude et de l’énergie que les joueuses ont mises sur le terrain, c’était notre meilleur match», affirme-t-il. Il est vrai que, depuis le début de l’année, jamais les Suissesses n’avaient montré un état d’esprit aussi conquérant durant 90 minutes. Pia Sundhage avait dû attendre l’Euro pour trouver la bonne formule, confirmée ensuite lors des deux matches amicaux suivants – ses deux derniers – à l’automne 2025. Rafel Navarro a bénéficié de l’euphorie de l’inauguration du nouveau stade de Lugano pour retrouver cet allant. 

Un autre élément qui montre que l’équipe de Suisse évolue dans le bon sens est la performance de Géraldine Reuteler. La meilleure joueuse suisse du dernier Euro peinait à trouver ses marques dans le nouveau système mis en place par le coach espagnol. Contre Malte, celle qui va quitter l’Eintracht Francfort cet été a livré son meilleur match de l’ère Navarro. «Oui, je suis d’accord. J’ai beaucoup parlé avec elle. C’est une joueuse qui a besoin de jouer avec de la liberté sur le terrain.» Régulièrement trouvée entre les lignes, elle a grandement aidé la Nati à mettre la défense maltaise hors de position, réussissant sa première passe décisive et son premier but lors de ces éliminatoires.

Adapter le système aux joueuses

Au début, «Geri» voulait peut-être trop bien faire. «Lors des premiers matches, elle jouait bien, mais elle était peut-être trop préoccupée par l’idée de tenir la position que nous attendions d’elle, souligne l’entraîneur. Par exemple, une fois nous lui avons demandé d'occuper le demi-espace droit. Elle était donc dans ce demi-espace, mais elle y restait tout le temps. Ou alors nous lui avons dit d’être à la base du jeu, et elle ne quittait pas sa place.» Contre Malte, il lui a été demandé de plus se projeter vers l’avant, ce qu’elle a fait avec succès.

«Nous devons aussi comprendre, et nous le faisons de mieux en mieux, le type de joueuses que nous avons, relève Rafel Navarro. Cela fait partie du processus. Nous avons nos idées et nous devons les faire intégrer à l’équipe. Mais, de notre côté, il faut que nous comprenions mieux les footballeuses que nous avons à disposition.» Si le Catalan est capable de mettre de l’eau dans sa sangria par rapport à son système de jeu, alors l’équipe de Suisse a fait un énorme pas en avant.

«Contente pour mes coéquipières qui jouent»

Un dernier signe qui montre que la Nati se trouve sur le bon chemin pour retrouver la flamme qui l’animait durant l’Euro est l’état d’esprit des remplaçantes et du groupe en général. Seraina Piubel, même pas sélectionnée pour le dernier Euro ni convoquée au début des qualifications, a fait son retour dans l’équipe sans faire de vague. Elle a apporté sa réponse sur le terrain. «Elle s’est très bien entraînée durant toute la semaine et c’est pour ça qu’elle était dans le onze», explique le coach. Avec une performance de choix à la clé, comme en atteste son but important juste après l'égalisation maltaise. L’absence d’Iman Beney ne s’est même pas fait ressentir.

Autre Romande indispensable à la Nati de Pia Sundhage durant l’Euro, Smilla Vallotto était remplaçante. La Genevoise de Wolfsburg, en raison de problèmes de santé et d’une opération des amygdales en janvier, n’a pas encore retrouvé toutes ses capacités. Ce qui ne l’empêche pas de garder le sourire. «Je suis toujours contente pour mes coéquipières qui jouent.» C’est avec cet état d’esprit que la Suisse avait fait vibrer le pays l’été dernier. C’est avec cette mentalité qu’elle peut espérer s’envoler pour le Brésil pour le Mondial 2027.

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