La route jusqu'au Brésil est encore longue. Même si la Nati, avant même son match en Irlande du Nord ce mardi soir à Lurgan (19h en Suisse), est assurée de finir en tête de son groupe des éliminatoires pour le Mondial 2027, elle est encore loin d'avoir validé son billet pour l'Amérique du Sud l'été prochain. En cause, le système «compliqué» qui prévaut pour les qualifications à la Coupe du monde dans le football féminin.
Afin d'éviter des rencontres trop déséquilibrées lors de ces qualifications, il a été décidé que ces dernières se déroulent selon le format de la Ligue des nations, avec trois divisions Ligue A, Ligue B, Ligue C. Pour le Mondial 2023, avant la mise en place de ce système, l'Espagne s'était qualifiée en terminant sa campagne avec 54 buts marqués, 0 encaissé. L'Angleterre avait fait encore mieux: 80 réussites, aucun goal concédé. Pour les équipes de ce niveau, ces rencontres ne faisaient aucun sens. Et pour la Lettonie, qui en avait pris 20 contre les Anglaises, l'Arménie, qui s'était ramassé un 19-0 face à la Belgique, ou la Moldavie, qui était repartie de la Tuilière avec 15 buts dans les bagages, non plus. Les disparités sont encore beaucoup trop grandes dans le football féminin pour un système «classique».
La Suisse paie ses mauvais résultats
Cette année, la Roja et les Lionesses se retrouvent dans le même groupe (avec l'Islande et l'Ukraine) offrant des duels dignes d'intérêt, tant pour les footballeuses que pour les spectatrices et spectateurs. Avec un tel système, les équipes de première division sont – logiquement – favorisées lors des barrages. Problème, la Suisse était tombée en Ligue B de la Ligue des nations l'année dernière, juste avant l'Euro. Cette relégation en deuxième division, qui fait partie des éléments qui ont coûté sa place à Pia Sundhage, rend la qualification pour le Mondial 2027 plus compliquée. Comme en Australie/Nouvelle-Zélande, il y aura onze équipes européennes directement qualifiées pour la Coupe du monde, une douzième devant disputer les barrages intercontinentaux. Pour rappel, au classement FIFA, il y a 16 membres de l'UEFA qui sont mieux classés que la Nati.
A l'issue des éliminatoires qui s'achèvent ce mardi, seulement quatre sélections auront leur sésame: celles qui ont remporté leur groupe dans l'élite. Pour les autres, il faudra passer par deux tours de barrage. Lors du premier, dans ce que l'UEFA appelle «Voie 1», les équipes qui terminent aux deuxième et troisième rangs de Ligue A affronteront une équipe de Ligue C (soit les six premiers de chaque groupe et les deux meilleurs deuxièmes). Dans la «Voie 2», les sélections qui ont terminé quatrième de Ligue A et celles qui ont fini premières de Ligue B, comme la Suisse, se mesureront aux deuxièmes et troisièmes de deuxième division, la Turquie et l'Irlande du Nord dans le groupe de la Nati.
Du lourd au deuxième tour
Lors du deuxième tour de barrage, les vainqueurs de la «Voie 1» rencontrent les vainqueurs de la «Voie 2». Les huit perdants n'iront pas au Brésil. Un classement suivant les résultats des éliminatoires est ensuite réalisé pour sélectionner les sept nations qui représenteront l'Europe l'été prochain, les équipes de première division ayant la priorité sur celles de Ligue B. Celle qui termine huitième devra passer par des barrages intercontinentaux, en février prochain, pour espérer être de la fête au pays du football.
Grâce à sa première place, l'équipe de Suisse s'assure de ne pas affronter une équipe de Ligue A au premier tour des barrages. En revanche, sauf incroyable exploit, elle défiera une équipe qui a fini au deuxième ou troisième rang de son groupe en première division. Sachant que les championnes du monde espagnoles et les championnes d'Europe anglaises figurent dans la même poule, il faudra avoir de la chance au tirage pour éviter de tomber sur elles. La Nati a encore beaucoup d'obstacles à franchir avant de pouvoir disputer le troisième Mondial de son histoire, après 2015 et 2023.
