«Elle est un peu stressée!» Iman Beney n'a pas hésité à «balancer» sa jeune coéquipière Amina Muratovic, laquelle découvre l'équipe nationale suisse cette semaine. Pourquoi la Vaudoise de 19 ans est-elle tendue? A-t-elle peur de ne pas être au niveau sur le terrain? Pas vraiment, non.
«Je suis inquiète de devoir chanter devant tout le groupe. Je ne vais même pas vous dire quelle chanson j'ai choisi», sourit la nouvelle venue, pas franchement du genre à baisser les yeux sur le terrain. Mais ce passage obligé de l'intégration pour toute première convocation la fait transpirer un peu, ce qu'elle avoue volontiers.
«Je suis plutôt solide dans les duels, c'est vrai, mais j'aime aussi faire parler ma technique, casser les lignes», explique la défenseure centrale, qui a débuté le foot au FC La Sallaz, mais vient de Tolochenaz. Son potentiel lui a permis d'attirer le regard du Servette FC Chênois, où elle est en train de s'imposer de plus en plus. Et la voilà désormais en équipe de Suisse, elle qui aurait également pu opter pour la Bosnie-Herzégovine.
«Oui, j'ai la double nationalité et j'ai été contactée par le sélectionneur de la Bosnie», confirme-t-elle. Mais la priorité a toujours été claire, assure-t-elle: la Nati.
Pour sa première convocation avec la Nati, Amina Muratovic n'est pas trop dépaysée en ce qui concerne le style de jeu. «C'est vrai, je me suis déjà habituée au football espagnol avec mon coach à Genève», détaille-t-elle, en faisant référence à Cristian Toro, l'homme qui est en train de tout gagner avec Servette (la Coupe de Suisse et la saison régulière sont déjà dans la poche, en attendant les play-off). Rafel Navarro et ses principes de jeu, basés sur la possession, ne devraient donc pas déranger la jeune défenseure, qui se tient à disposition du sélectionneur pour ces deux matches face à la Turquie, sans savoir si elle sera amenée à entrer en jeu. Viola Calligaris, Noëlle Maritz et Julia Stierli ont sans doute une longueur d'avance sur elle aujourd'hui, mais elle a l'occasion de prouver sa valeur toute cette semaine à l'entraînement. Et qui sait?
S'imposer à Servette avant de partir à l'étranger?
«Je suis tellement contente d'être là, avec des joueuses comme Lia Wälti et Ana-Maria Crnogorcevic, que j'admirais quand j'étais plus jeune. Et je connaissais quelques filles, donc l'intégration est plus facile», commente-t-elle.
Et pour la suite, sachant que plusieurs clubs européens surveillent son évolution, tant avec Servette qu'avec la Nati? «Je suis quelqu'un d'ambitieux et j'ai envie de jouer à l'étranger un jour. On verra bien. Pour l'instant, j'ai envie de grandir encore et de prendre de la confiance.» Un discours maîtrisé, une progression constante et du tempérament: Amina Muratovic est à l'aube d'une belle carrière. Encore faut-il parcourir le chemin en évitant les obstacles qui se dresseront inévitablement devant elle.
