Objectif Champions League. Après son doublé la saison dernière, Servette Chênois entame son exercice 2026/27 par un déplacement de 4630 kilomètres. Les Genevoises disputent en effet un mini-tournoi à Aktioubé, au Kazakhstan, dans le cadre du deuxième tour des qualifications pour la C1. «Les longs déplacements sont toujours compliqués à gérer, surtout à cause de la fatigue. Nous aurons un très long trajet, avec des escales, mais il faudra faire avec», résume l’internationale helvétique Meriame Terchoun (46 sélections), l’une des onze nouvelles recrues grenat du mercato estival. Mais ce long périple ne pourra en aucun cas constituer une excuse.
Pour rééditer l’exploit de l’automne 2021 et s’inviter à la table des 18 meilleures formations du continent, le club grenat va devoir franchir un chemin semé d’embûches. Avec comme première étape, un duel mardi (9h en Suisse) contre le Dinamo-BSUPC, champion de Biélorussie. Malgré ses brillantes performances à l’échelle nationale (trois Coupes de Suisse et trois sacres en championnat depuis 2021), Servette Chênois, dû à son peu de vécu européen, n’est pas considéré comme une tête de série. Mais nul doute que les Biélorusses n’ont pas dû avoir le sourire après le tirage au sort.
505’000 euros à la clé
Difficile cependant de savoir à quoi s’attendre avec le club basé à Minsk. «Le football féminin n’a pas encore suffisamment de visibilité, explique Meriame Terchoun. On ne trouve pas facilement des images ou des vidéos des adversaires.» Elles devraient toutefois être à la portée des Genevoises. En cas de succès, elles affronteront ensuite, en finale, le vainqueur du duel entre Breidablik et l’équipe locale d’Aktioubé. A priori, il devrait s’agir des championnes d’Islande, un gros morceau. Mais les Grenat ne pensent pas encore à ce duel décisif. «Pour le moment, on est concentrées sur ce premier match», coupe Laia Ballesté, autre internationale suisse (2 sélections) revenue au pays cet été. Si les protégées de Cristian Toro s’imposent, elles se hisseront ensuite au troisième et dernier tour qualificatif. Avec un adversaire potentiellement plus huppé.
Il y a deux ans, les Servettiennes avaient buté sur cette ultime marche, incarnée par les joueuses de l’AS Rome, championnes d’Italie. Une équipe d’un calibre supérieur. Malgré les débuts prometteurs d’Amina Muratovic, le SFCCF s’était incliné 3-1 dans la Ville éternelle, avant de prendre l’eau à la Praille (2-7). Avec le changement de formule, la Champions League se déroulant désormais, comme chez les hommes, sous forme d’un championnat de huit journées, l’opposition sera moins relevée, plus d'équipes étant qualifiées d'office. Mais, contre les championnes des Pays-Bas (PSV Eindhoven), de Norvège (Brann), de République tchèque (Sparta Prague) ou du Danemark (HK Koge), le SFCCF ne partirait pas avec l’étiquette de favori. Et il faudra sortir deux matches de référence pour empocher les 505’000 euros prévus pour toutes les équipes qui participeront à la phase de la Ligue.
Sans Élodie Nakkach ni Bénédicte Simon
Le niveau des championnes de Biélorussie n’est pas la seule inconnue de cette première rencontre officielle de la saison des Genevoises, qui seront privées d’Élodie Nakkach et Bénédicte Simon, engagées en Coupe d’Afrique des Nations. Onze nouvelles joueuses ont en effet rejoint le bout du lac lors du mercato estival: Meriame Terchoun et Noémie Carage (Dijon), Mickaëlla Cardia (Anderlecht), Laia Ballesté (Espanyol Barcelone), Manon Le Page et Amanda Chaney (Strasbourg), Natascha Andonova (Madrid CFF), Laura Strik (PSV), Jacintha Weimar (Feyenoord), Stefanie Da Eira (Bruges) et Paola Hernández (Tenerife). Avec très peu de temps pour transformer cette somme d’individualités en collectif.
«Ce n’est jamais facile au début, mais le groupe est très ouvert et l’intégration s’est très bien passée, relève Meriame Terchoun. On essaie de communiquer, parfois dans différentes langues. Cela nous fait rire et nous permet aussi d’apprendre les unes des autres.» Comme l’année dernière, les activités de team building seront primordiales pour performer sur le terrain. Et la mayonnaise semble déjà prendre. Dans ce sens, «le stage de préparation à Crans-Montana nous a permis de créer une bonne cohésion et de mieux nous connaître, ajoute Laia Ballesté. Cela se ressent déjà sur le terrain, où les automatismes commencent à apparaître.» Pour leur dernier match de préparation, les Servettiennes ont notamment infligé un sec 12-0 au FC Sion, certes en phase de reprise. «C’est sûr, cette victoire nous a fait du bien au moral», ajoute la défenseure neuchâteloise. De quoi effectuer le long périple jusqu’au Kazakhstan avec quelques certitudes et l’esprit léger.
YB peut compter sur Ramona Bachmann
Servette Chênois n’est pas le seul représentant helvétique à espérer se qualifier pour la Champions League. Mais pour son dauphin, Young Boys, il s’agit plus d’un rêve que d’un objectif atteignable. N’étant pas placées dans la voie des championnes, les Bernoises risquent de rencontrer sur leur route des équipes de top niveau sur la scène européenne. Mardi, elles se frotteront aux Autrichiennes du St. Pölten, une équipe qui s’est qualifiée pour la C1 lors des trois dernières saisons. En cas de succès, elles affronteront le vainqueur du duel entre Odessa et le Sporting. Mais, au 3e tour, YB pourrait tomber contre des équipes comme Chelsea, l’Inter, le Real Madrid, le PSG ou le Wolfsburg de la Genevoise Smilla Vallotto.
La bonne nouvelle pour les Bernoises? Ramona Bachmann, 13 mois après sa blessure au genou qui l’a privée de l’Euro 2025, a joué la fin du dernier match de préparation contre Côme la semaine dernière. «Ce n’était “que” 15 minutes, mais cela signifie tout pour moi, a écrit la Lucernoise sur Instagram. Il y a même eu quelques larmes, car le fait d’être enfin de retour sur le terrain après tout ce travail acharné, ces revers, cette patience et ces sacrifices m’a procuré une joie et un soulagement immenses.»
