Au total, 24 matches, 21 victoires, deux nuls et un revers. 58 buts inscrits, 7 encaissés et 18 blanchissages. Servette Chênois a survolé tant la saison régulière de Women's Super League que les play-off (6-1 sur l’ensemble des deux matches contre Aarau en quarts, 6-0 contre Zurich en demies et 4-1 face à YB en finale). A aucun moment, la supériorité genevoise n’a été remise en question. La défaite à Bâle lors de l’ultime journée? Juste une piqûre de rappel avant les choses sérieuses «Au niveau des résultats, je crois que jamais le SFCCF n’avait été aussi performant, a résumé l’entraîneur Cristian Toro après la victoire contre Young Boys lors de la finale retour. Parfois, lorsque l’on arrive au dernier jour d’une saison, il faut se rappeler le chemin parcouru. Et je pense que cela mérite d’être valorisé.»
Comment expliquer une telle domination après les déboires de la saison précédente? «Je pense que cela passe avant tout par un changement d’état d’esprit, explique le président Yoann Brigante. Nous avons placé la modestie et le travail au centre du projet. Nous avons compris qu’aucun match ne serait facile et que personne ne nous ferait de cadeau.» Au contraire des Bernoises, qui auraient dû livrer une partie presque parfaite pour rivaliser.
«Aujourd’hui, nous n’avons simplement pas été assez bonnes, a avoué Imke Wübbenhorst. Nous avons encaissé des buts trop facilement. Et quand on offre ce genre de buts à une équipe comme celle-là, qui exploite presque toujours les erreurs et convertit ses occasions, cela devient très difficile.» La troupe de Cristian Toro est très compliquée à jouer. Le coach espagnol a construit une équipe avec une identité forte. «Je pense que son style de jeu a évolué au fil de la saison. Au début, le SFCCF construisait beaucoup, alors que sur la fin il est devenu plus pragmatique et plus clinique», remarque l’entraîneure bernoise, qui va bénéficier d’un été supplémentaire pour réfléchir à comment mettre fin à la série de 23 matches sans succès face à la bête noire grenat.
Objectif Champions League
Pourtant, en plus du nouvel entraîneur, Servette Chênois a connu beaucoup de changements durant l’été passé, avec un encadrement fortement remodelé et l’arrivée d’une dizaine de nouvelles recrues. «On savait quel type de joueuses et quel type de staff on allait chercher, explique le président. On savait également que les personnes conservées avaient un bon état d’esprit, une envie de gagner et une forte culture du travail.» La mayonnaise a tout de suite pris et le SFCCF n’a rarement semblé être aussi soudé que cette saison. Et si on ajoute à cela la qualité individuelle de joueuses comme Therese Simonsson et Magdalena Sobal en attaque, Bénédicte Simon en défense ou Enith Salon dans les buts, cela donne une équipe injouable.
La saison prochaine, le Servette FCCF fêtera ses 10 ans. Son plus beau cadeau serait de s’offrir une nouvelle campagne européenne, comme à l’automne 2021 où le Stade de Genève avait accueilli Chelsea, la Juventus et Wolfsburg. Mais il faudra d’abord sortir vainqueur des qualifications, puis des barrages. «J'aimerais qu’au mois d’août, lors des tours préliminaires de la Champions League, nous soyons capables de rivaliser avec nos adversaires», affirme le coach, qui a récemment prolongé son contrat. Mais il sait déjà qu'il n’aura pas beaucoup de temps pour travailler les automatismes.
Des jeunes qui poussent
«Il y aura des changements, il y aura des mouvements, annonce Yoann Brigante. Mais pas de remue-ménage.» Le président pourra également compter sur des jeunes joueuses formées au club. Vendredi, elles étaient cinq à avoir terminé la finale: Laura Felber, Amina Muratovic, Chiara Wallin, Garance Nein et Laura Tufo. Même si cette dernière ne sera plus là la saison prochaine, des jeunes pépites fleurissent au bout du lac.
Développer le secteur de la formation et amener des talents locaux en première équipe était l’une des missions de Marta Peiro lorsqu’elle a succédé à Sandy Maendly en tant que directrice sportive. «Je suis très heureux avec ça aujourd’hui, explique Yoann Brigante. Ça commence à porter ses fruits déjà, aussi avec l’énorme travail de l’Académie qui a été passablement refondue. » Un vent de fraîcheur qui pourrait aider les Grenat à se maintenir sur le long terme sur le toit de la Suisse et éviter la désillusion de l’exercice 2024/25.
