Première cape avec la Nati
Amina Muratovic: «Je ne m’attendais pas à ce que tout arrive aussi vite»

Sa première sélection en équipe de Suisse est la cerise sur le gâteau d’une saison exceptionnelle pour la Vaudoise de Servette Chênois. Elle raconte ce moment particulier.
Amina Muratovi a fait son entrée en jeu au plus fort de la pression nord-irlandaise. Mais la défense suisse a tenu bon.
Photo: keystone-sda.ch
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Florian PaccaudFlorian Paccaud - Journaliste Blick

«Vas-y, c’est ton moment!» Au moment de faire ses débuts sous le maillot de l’équipe de Suisse, mardi en Irlande du Nord, Amina Muratovic a pu compter sur le soutien de Smilla Vallotto pour l’encourager. Il faut dire que le moment n’était peut-être pas le plus opportun: on jouait la 92e, les Nord-Irlandaises avaient réduit le score et poussaient pour égaliser. «C’est vrai que ce n’était pas facile, mais moi, je suis une personne qui aime le challenge», a expliqué à Blick la Vaudoise de Servette Chênois. Un ballon adverse en profondeur bien dégagé et la Nati a tenu bon, s’imposant 1-2.

«Je me sens très fière et super heureuse, a poursuivi la défenseure de 20 ans. En plus de ça, il y a la victoire de l’équipe, donc ça fait d’autant plus plaisir.» Après avoir passé les trois rencontres précédentes sur le banc, l’ancienne junior de Concordia Lausanne a pu compter sur le soutien de ses coéquipières et du staff pour entrer sur le terrain dans les meilleures dispositions possibles. «C’était peut-être le pire moment, mais je voulais lui donner cette opportunité de jouer. Elle s’entraîne très bien avec nous et elle montre beaucoup de motivation», a expliqué Rafel Navarro. De quoi couronner une saison exceptionnelle.

Le doublé Coupe-championnat comme titulaire avec Servette Chênois, son premier but en Super League, sa première cape avec la Nati: «C’est la meilleure saison que j’ai vécue. Je ne m’attendais pas à ce que tout arrive aussi vite. Tout s'est passé d’un coup… Je vis au jour le jour et prends ce qu’il y a à prendre.» Et la défenseure ne compte pas s’arrêter là, tout en gardant les pieds sur terre et en faisant preuve de maturité. La saison du SFCCF a été couronnée de succès, mais plusieurs joueuses, dont l'icône Laura Tufo, sont sur le départ, rendant les célébrations particulières. «On a eu le repas d’équipe de fin de saison et c’était la dernière fois que je voyais certains visages. Cela fait bizarre. Mais il faut savoir dire bonjour, adieu à tout, à tout le monde et à n’importe quel moment. Je pense que c'est le foot et j'y suis préparée.»

«Un enrichissement pour l’équipe nationale»

Amina Muratovic sait ce qu’elle vaut, ce qu’elle veut et est prête à bosser dur pour continuer à gravir les échelons. En équipe de Suisse, elle a l’occasion de franchir un palier. «Le niveau est différent de celui que je connais d’habitude, donc c’était un véritable défi pour moi, explique la Servettienne. J’essaie de faire du mieux que je peux chaque jour.» Son intégration dans le groupe s’est d’ailleurs très bien passée. «Je connaissais déjà quelques filles, donc, à ce niveau, ce n’était pas si difficile que ça.»

«Elle s’est très bien intégrée», confirme Ana-Maria Crnogorcevic. Avant de louer ses qualités footballistiques. «Elle est très forte techniquement, avec le ballon. Elle ose des choses, comme progresser avec le ballon pour gagner des mètres. C’est ce dont nous avons besoin. Elle est un enrichissement pour l’équipe nationale.» Sans oublier ses aptitudes en tant que défenseure. «Elle est agressive dans les duels, solide avec son corps.» Des mots qui font plaisir quand ils sortent de la bouche d'une joueuse qui a rapporté à trois reprises la C1 et qui compte 182 sélections avec la Nati. De son côté, Viola Calligaris a également loué le fait que, même si elle était nouvelle, elle n'avait pas peur de prendre ses responsabilités en communiquant beaucoup sur le terrain.

Le rêve de la Champions League

Si elle continue sur cette lancée, celle qui évolue en défense centrale, mais aussi parfois sur un côté ou dans l’entrejeu, ne va pas rester longtemps au SFCCF. La question n’est pas de savoir si elle va faire le grand saut à l’étranger, mais quand. «Il me reste encore une année de contrat à Servette, coupe Muratovic. Donc, oui, pour le moment, je reste.» D’autant plus que les Grenat tenteront l’été prochain de se qualifier pour la Champions League. «C’est quelque chose qui fait rêver. Disputer une telle compétition, c’est l’un des plus grands accomplissements.» C’est d’ailleurs sur la scène européenne qu’Amina Muratovic avait réalisé son premier match référence.

En 2024, le Servette FCCF disputait les play-off pour la C1 contre l’AS Rome. Alors qu’elle n’avait que 18 ans, elle avait été titularisée lors du match aller en Italie, une première pour elle à ce niveau. Cela ne l’avait pas déstabilisée, bien au contraire. Sa performance de haut vol n’avait certes pas suffi à faire tomber les championnes d’Italie de l’époque, mais disputer cette compétition reste dans un coin de sa tête. D'autant plus qu'elle était dans les tribunes durant l'épopée grenat en 2021 contre Chelsea, Wolfsburg et la Juventus. «Je me rappelle de ce que celles qui étaient sur le terrain me procuraient. Et j'espère pouvoir transmettre la même chose: beaucoup d'émotions, des rêves et des objectifs à atteindre», expliquait-elle il y a deux ans. Aujourd'hui, cette C1 pourrait également être un excellent tremplin, tant pour le reste de sa carrière que pour aller au Brésil avec la Nati.

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