L'espace d'un instant, Géraldine Di Tizio-Frey y a cru. Sur l'écran géant de l'Alexander Stadium, le nom de la Zougoise est apparu en troisième position, derrière celui de la nouvelle championne d'Europe du 100 m Amy Hunt et de sa dauphine Ewa Swoboda.
La joie a cependant été de courte durée puisque, une poignée de secondes plus tard, c'est finalement la Belge Delphine Nkansa qui s'est emparée de la troisième place sur le podium, pour un malheureux centième. «Mon but en venant ici était de disputer la finale, mais de perdre d'un centième, ça fait vraiment mal», souffle-t-elle en zone mixte après sa course.
Surtout que Géraldine Di Tizio-Frey avait de bonnes raisons d'être optimiste. En débarquant à Birmingham, la sprinteuse de 29 ans possédait le meilleur temps continental de la saison. Après une demi-finale rondement maîtrisée (2e chrono des engagées), la médaille semblait lui tendre les bras.
«Si quelqu'un m'avait dit au début de l'année…»
Mais si son départ a été réussi au tour précédent, il n'en a pas été de même au moment «où ça comptait». «J'ai été prise d'une mini-crampe lorsque je me suis élancée – rien de grave mais ça m'a un peu déstabilisée, regrette-t-elle. C'était une bonne course, mais elle n'était pas parfaite.» À ce niveau, c'est clairement la différence pour monter (ou non) sur le podium.
Malgré la déception évidente, Géraldine Di Tizio-Frey n'était pas non plus abattue lorsqu'elle s'est présentée devant les médias. «Si quelqu'un m'avait dit en début d'année: 'Tu vas terminer quatrième aux Championnats d'Europe', j'aurais tout de suite signé», tempère-t-elle.
Les encouragements de Mujinga Kambundji
Car il ne faut pas oublier que la pensionnaire du LK Zoug a vécu ce lundi soir sa première finale dans un grand championnat. Évidemment, la pression a pu jouer un certain rôle. «Mais je ne m'en suis pas mise, précise-t-elle. Par contre, plus l'événement approchait et plus j'étais nerveuse. Il m'a fallu apprendre à gérer cet aspect.»
Celle qui a reçu un WhatsApp d'encouragement de Mujinga Kambundji avant sa course se projette maintenant sur la suite. À savoir le relais, à venir en fin de semaine du côté de l'Angleterre. «J'ai vraiment un bon pressentiment cette année, se réjouit-elle. Nous avons tellement de sprinteuses de haut niveau en Suisse…» Suffisant pour éviter que Géraldine Di Tizio-Frey termine une deuxième fois chocolat, comme l'un de ses noms de famille semble l'y prédestiner.