Noah Dettwiler, 20 ans, est redevenu lui-même. Le pilote suisse de moto parle toujours aussi bien l’allemand de Bâle. Il est difficile de croire que son accident quasi mortel en Malaisie remonte à seulement 18 semaines. Aujourd’hui, le Soleurois au cœur bâlois et domicilié à Barcelone s’exprime publiquement pour la première fois sur le drame de Sepang.
«Je sais que j’ai eu énormément de chance. Les médecins m’ont dit que tout le monde n’aurait pas survécu», confie Noah Dettwiler. Son corps en pleine forme lui aurait-il sauvé la vie? «C’est possible. Je ne me souviens pas de grand-chose le jour de l’accident, juste de deux ou trois détails du matin. Je n’ai aucun traumatisme lié à l’accident», précise-t-il.
«La vidéo de l’accident ne me fait pas d’effet particulier»
C’est le jour du Grand Prix de Malaisie que le pilote de Moto3, victime d’un problème technique lors du tour de reconnaissance, a ralenti et a été percuté violemment par le champion du monde José Antonio Rueda, 20 ans. Noah Dettwiler a survécu à plusieurs arrêts cardiaques. «Je peux regarder la vidéo aujourd’hui, elle ne me fait pas d’effet particulier», assure-t-il.
L’émotion est la plus vive le lundi, lorsqu’il remercie ses proches pour le soutien immense qu’ils lui ont apporté ces derniers mois. «Pour eux, c’était évident. Pour moi, pas du tout. Leur soutien a été énorme et m’a beaucoup aidé.»
Sa famille, avec sa sœur Noëlle, ses parents Nicole et Andy, ainsi que son amie Canelle Nativi, l’a accompagné depuis l’unité de soins intensifs de Kuala Lumpur, jusqu’aux hôpitaux de Zurich et aux centres de rééducation de Bellikon et de la clinique Rennbahn de Bâle.
Canelle Nativi est toujours présente à ses côtés et le pilote lui a consacré de vrais mots d’amour: «Nous avons traversé une période très difficile, elle a toujours été là pour moi. Maintenant, tout va bien, nous sommes très heureux.»
Lorsque l’accident est survenu, Canelle était en Europe et a tremblé à distance. «Puis le mercredi, j’ai décidé de venir aussi», raconte la sœur du jeune pilote, Antoine Nativi. Depuis, elle ne quitte plus son ami, tout comme sa famille. «Elle a tellement aidé à l’hôpital que tout le monde pensait qu’elle y travaillait», sourit Noah Dettwiler. « C’est merveilleux d’avoir quelqu’un d’aussi proche à ses côtés, dans les bons comme dans les mauvais moments. »
Focus sur le championnat italien
Le couple s’est rencontré à Spielberg en 2021, lors de la Red Bull Rookies Cup. Depuis, le lien n’a jamais été rompu, et ils sont officiellement ensemble depuis 2024. Canelle a rejoint Noah à Barcelone, où il s’entraîne. «Nous vivons ensemble depuis plus d’un an. Pour moi, c’est clair: nous avons un avenir commun», affirme-t-il.
Aujourd’hui, Canelle Nativi gère aussi les réseaux sociaux de son compagnon. Et la perspective de le revoir en piste se précise: il veut à nouveau courir. Au début de la rééducation, l’idée paraissait lointaine, mais le désir de revenir est devenu pressant. «Bien sûr, j’en ai parlé avec mes parents. Mais ils me laissent faire et me soutiennent entièrement», assure-t-il.
Cet hiver, il n’était pas encore prêt pour un retour en Grand Prix. Il se concentre désormais sur le championnat italien Supersport, avec un contrat déjà signé. Le 29 mars, il reprendra le guidon pour la première fois. «Je ne sais pas ce que je ressentirai à 280 km/h, mais c’est justement pour le découvrir que je veux y aller vite!»
La première course est prévue fin avril à Misano, mais la date exacte n’est pas encore fixée. Malgré d’énormes progrès physiques en 18 semaines, sa mobilité reste limitée, notamment à cause du métal dans sa jambe gauche. «Le jogging n’est pas encore possible, mais nous faisons beaucoup de natation et de vélo», explique Noah Dettwiler.
Une chose est sûre: peu importe le jour où il reprendra la compétition, son amie Canelle sera à ses côtés.