Benjamin Stasiulis, boss de la Swim Cup
«J'espère qu'un jour, Léon Marchand viendra avec son groupe d'entraînement»

Tout le week-end a lieu à la Vaudoise aréna une nouvelle édition de la Swim Cup. Blick s'est entretenu avec Benjamin Stasiulis, directeur du Lausanne Aquatique et organisateur de l'un des plus grands meetings de natation de Suisse.
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Benjamin Stasiulis est le directeur du Lausanne Aquatique.
Photo: Darrin Vanselow
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Matthias DavetJournaliste Blick

Benjamin, on se retrouve à la veille du meeting. Dans quel état d'esprit te trouves-tu?
Un peu stressé, mais c'est du bon stress. Il y a surtout beaucoup d'excitation. Je suis perfectionniste et j'ai à cœur que tout se passe bien, que tous les éléments soient au bon endroit. Mais je suis très confiant. On a vérifié tout ce qui devait l'être. Je suis optimiste et je me réjouis de voir évoluer ces nageurs. Ils arrivent gentiment. Demain matin (ndlr: ce vendredi), les courses commencent à 9h et je suis impatient de voir ce que ça va donner. Il y aura plus de 400 nageurs à Lausanne. On en a déjà eu autant, mais pas forcément de ce niveau-là.

Cette Swim Cup, c'est la deuxième à la Vaudoise aréna, mais aussi la seconde pour toi en tant que directeur du Lausanne Aquatique. Quels enseignements as-tu tirés de la première édition?
En 2023, c'était une sorte de brouillon. On a repris beaucoup de choses qui avaient bien fonctionné, comme le spectacle des lumières ou toute l'animation autour du bassin. C'est vraiment l'essence de cette compétition. Ensuite, sur le niveau général, notre vocation est d'attirer les meilleurs nageurs du monde. J'aurais aimé en avoir encore plus, notamment davantage d'Américains ou un Français en particulier: Léon Marchand. Mais on a déjà fait évoluer beaucoup de choses entre 2023 et 2026. Le meeting commence gentiment à entrer dans les habitudes et dans l'agenda des nageurs. À nous maintenant de communiquer le plus tôt possible pour que, dans deux ans, les athlètes viennent en priorité ici plutôt qu'ailleurs.

Concrètement, qu'est-ce qui a été amélioré par rapport à 2023?
On a repris l'organisation de base, mais en montant tous les curseurs d'un cran. Par exemple pour l'expérience spectateur, on a couvert toutes les parois possibles de la Vaudoise aréna avec des rideaux noirs pour rendre l'environnement plus opaque et immersif. Cela améliore aussi la captation vidéo, puisque le meeting est diffusé sur la RTS et sur notre streaming. Pour les athlètes, on a aussi voulu faire un effort important, notamment avec un prize money de 120'000 dollars. Ce n'est pas courant sur un meeting de natation et c'est quelque chose qui me tient à cœur, parce que les nageurs ont souvent des revenus modestes. Ce meeting est fait pour les Lausannois, pour la région et surtout pour les athlètes qui viennent performer.

Le plateau est évidemment très attendu par le grand public. Es-tu satisfait du niveau cette année?
Oui. Il y a environ 60 à 70 nageurs qui ont au minimum une qualification pour les championnats d'Europe, les Mondiaux ou les Jeux olympiques. Bien sûr, j'aurais aimé encore plus de champions olympiques ou du monde. Mais tout le monde n'est pas disponible à cette période. À l'avenir, si on arrive à fixer la date un an et demi ou deux ans à l'avance, ce sera plus simple d'attirer encore davantage de grandes nations. Les Australiens par exemple doivent parcourir une très longue distance, et les Américains ne sont pas encore habitués à venir ici. Si un jour on peut attirer Team USA, cela ferait encore monter le niveau d'un cran.

Quels nageurs le public devra-t-il particulièrement suivre ce week-end?
Évidemment Noè Ponti, qui est l'ambassadeur du meeting cette année. On aura aussi le champion olympique Thomas Ceccon en dos. Il y aura notamment Maxime Grousset, accompagné d'autres Français et du Genevois Roman Mityukov. Chez les femmes, Mary-Sophie Harvey, médaillée de bronze aux Mondiaux sur 200 m 4 nages, a fait le voyage depuis le Canada. Le niveau sera très relevé. Sur le 100 m libre, par exemple, 50 nageurs sont déjà descendus sous les 50 secondes. C'est toujours impressionnant à voir. 

Qu'est-ce qu'il manque encore pour attirer les toutes plus grandes stars mondiales, comme Léon Marchand ou Summer McIntosh?
Le principal défi reste le calendrier. À cette période de l'année, certaines équipes, comme celle de Bob Bowman, partent souvent s'entraîner en altitude en Sierra Nevada ou à Colorado Springs. Cela complique leur venue en Europe. Mais si un jour, Léon arriverait à enrôler tout le monde, on aurait du beau monde à la Vaudoise aréna.

Pour toi, à quoi ressemblerait un week-end réussi?
Des gradins pleins, d'énergie, de monde et d'émotion.

Et pour la prochaine édition, quels seront tes objectifs?
Le premier sera de trouver une date suffisamment tôt et de la communiquer le plus vite possible pour que toutes les équipes nationales puissent l'intégrer à leur calendrier. Ensuite, je veux continuer à donner davantage d'argent aux athlètes. J'ai moi-même été nageur pendant plus de dix ans et je sais que la situation financière peut être compliquée. Enfin, j'aimerais continuer à développer ce format sport-spectacle, tout en tirant les conclusions de cette édition.

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