La meilleure place pour suivre le Tour de France Femmes, ce sont peut-être les chronométreurs de Tissot qui l'occupent. Sur chaque étape, le camion du chronométreur officiel de l'épreuve se pose pile sur la ligne d'arrivée. À l’intérieur, cachée derrière les vitres teintées, se terre l’équipe de Pascal Rossier, responsable des opérations et services sportifs chez Swiss Timing, filiale du Swatch Group, comme Tissot.
L’entreprise basée à Corgémont, dans le Jura bernois, fournit des solutions de chronométrage aux différentes marques du Swatch Group, présent aux Jeux olympiques avec Omega, sur le cirque blanc avec Longines ou au Tour de France avec Tissot.
Pas le droit à l'erreur
À Lausanne, pour la deuxième étape du Tour de France Femmes 2026, le camion Tissot s'est installé sur l’esplanade de Montbenon, à l’endroit même où se termine la course. À l’intérieur du camion, l’équipe de chronométreurs de Tissot est tranquille. La course se déroule sans accroc, la tension grandira peut-être à l’approche du final. Car Tissot est chargé de fournir les classements presque instantanément aux juges.
«On est chronométreurs officiels, mais on ne donne pas seulement la mesure du temps. On est prestataire de tous les résultats, les données, la classification», détaille Pascal Rossier. Swiss Timing est donc chargé de développer les meilleures technologies pour assurer le bon fonctionnement des différentes étapes.
«La course ne peut pas s'arrêter», sourit le maître du temps. Tissot n'a pas le droit à l'erreur. «Au Mont Ventoux, on peut avoir des conditions extrêmes. On développe et teste nos technologies pour qu’elles tiennent aux intempéries, détaille Pascal Rossier. C’est fatiguant humainement et pour les appareils.» Son équipe, heureusement, possède des backups pour chaque technologie, indépendant du système principal au cas où le couac frappe.
Des écarts infimes
Parmi les technologies développées par Swiss Timing, Pascal Rossier mentionne, par exemple, les transpondeurs équipant les vélos de toutes les coureuses. «Les premiers trackers datent des championnats du monde de Mendrisio, en 2009. Ça a permis de donner les écarts de manière plus précise», explique-t-il.
Swiss Timing investit aussi continuellement dans la photo finish, qui permet de départager les concurrents sur la ligne d'arrivée. Argentique dans les années 1940, elle est devenue de plus en plus précise et moderne au fil du temps. «Aujourd’hui, l’appareil descend dans les dix millièmes de secondes», explique Pascal Rossier. Il cite notamment l’exemple de l’arrivée d’un sprint entre Marcel Kittel et Edvald Boasson Hagen, sur le Tour de France 2017. «C’est 6 millimètres d’écart après cinq heures de course et 213 kilomètres!»
Le Tour fatigue humains et machines
Sur le Tour de France, Tissot mobilise six chronométreurs. Si les moyens sont particulièrement importants sur la Grande Boucle, c'est parce que gérer un événement en extérieur amène son lot de contraintes. «Sur un tour itinérant, tu finis le soir à un endroit et tu attends d’avoir l'infrastructure le lendemain. On a une fenêtre d’installation de trois heures», résume Pascal Rossier, pas stressé pour autant.
Le partenariat entre Tissot et ASO, organisateur du Tour de France, date de 2016 et court encore sur quatre ans. Un accord sur le long terme dont Tissot se sert pour se perfectionner, développer ses technologies et fournir les meilleurs systèmes de chronométrage possibles. Avec, toujours, la meilleure vue sur les coureuses en sprint.