Le Covid vraiment responsable?
Pourquoi le nombre de morts est bien plus élevé que prévu en Suisse en 2022

Cette année, la surmortalité est énorme en Suisse. Les experts sont confrontés à une énigme. Le médecin-chef de Winterthour, Urs Karrer, soupçonne toutefois le Covid-19.
Publié: 10.11.2022 à 12:57 heures
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Dernière mise à jour: 10.11.2022 à 17:25 heures
Urs Karrer estime qu'il y a plusieurs indices montrant que la surmortalité est liée au coronavirus.
Chiara Luraschi

Une tendance inquiétante se dessine sur cette année 2022: en Suisse, le nombre de décès est nettement plus élevé que prévu. Selon les statistiques, le Covid-19 ne semble pourtant pas avoir d’influence particulière. Mais les chiffres pourraient être trompeurs. Parmi les plus de 65 ans, 4500 décès de plus qu’attendus ont été comptabilisés jusqu’à présent.

Les experts s’interrogent sur les causes de cette surmortalité. Urs Karrer, médecin-chef de la polyclinique médicale de l’hôpital cantonal de Winterthur, y a également réfléchi. Pour lui, le Covid-19 pourrait tout de même jouer un rôle. «D’un point de vue épidémiologique, on trouve un lien temporel clair entre les vagues de forte activité virale suivies de vagues de surmortalité chez les plus de 65 ans», explique l’expert au quotidien alémanique «Tages-Anzeiger». Il ajoute que la chaleur est peut-être un facteur en été, mais pas au printemps ou en automne.

Un danger qui persiste

«On peut bien sûr argumenter qu’un lien temporel avec les vagues de Covid ne prouvent rien, même si cela se produit de manière répétitive. Mais cela reste une indication», explique encore Urs Karrer au «Tages-Anzeiger».

Les cas de Covid-19 sont pourtant en baisse. Cela s’explique notamment par le fait que beaucoup moins de personnes se font tester, suppose le médecin. Parallèlement, la disposition à se faire vacciner est faible.

Actuellement, environ 15% des personnes âgées de 60 à 80 ans se font à nouveau vacciner, ce qui montre une demande plutôt faible. «La pandémie semble moins présente dans l’esprit des gens et beaucoup pensent à tort qu’il n’y a plus aucun risque».

Le rappel serait surtout utile juste avant une vague de virus, car son efficacité est plus puissante les premiers mois. C’est donc maintenant, durant les mois d’hiver, qu’un booster est recommandé, selon Urs Karrer. Ce, en particulier pour les groupes à risque, afin que l’on puisse limiter la surmortalité.

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