Selon le baromètre électoral de la SSR
Élisabeth Baume-Schneider: la conseillère fédérale sans influence

Alain Berset et Karin Keller-Sutter sont considérés comme particulièrement puissants par la population. Tels sont les résultats du baromètre électoral de la SSR. Élisabeth Baume-Schneider est en revanche considérée comme peu influente. Voici pourquoi.
Publié: 08.09.2023 à 06:05 heures
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Dernière mise à jour: 08.09.2023 à 06:54 heures
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La conseillère fédérale Élisabeth Baume-Schneider est considérée comme ayant peu d'influence au sein du gouvernement du pays.
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Ruedi Studer

Au sein du Parti socialiste, il semblerait que l'on jongle avec toutes les émotions. Grâce au président de la Confédération Alain Berset, le parti compte dans ses rangs un conseiller fédéral particulièrement populaire et influent. Selon le dernier baromètre électoral de la SSR, 69% des personnes interrogées le considèrent comme le plus puissant des sept Sages. 

A l'autre bout de l'échelle: la ministre de la Justice socialiste Élisabeth Baume-Schneider. 63% des sondés lui attribuent la plus faible influence au sein du gouvernement. C'est dix points de pourcentage de plus que le PLR Ignazio Cassis, qui s'est enfin débarrassé de la lanterne rouge.

Certes, la Jurassienne de 59 ans n'est en fonction que depuis le début de l'année. Elle n'a donc pas encore pu marquer beaucoup de points. Mais le nouveau venu de l'UDC, Albert Rösti, occupe quant à lui déjà la troisième place de classement. Un joli score pour le Bernois. 

Un démarrage rapide pour Albert Rösti

Cela s'explique notamment par les thématiques défendues par le ministre de l'Environnement. Il a logiquement fait de la politique énergétique son cheval de bataille. Il doit désormais assurer l'approvisionnement du pays et maîtriser le tournant énergétique auquel il fait face. En tant que ministre des Transports et de la Communication également, le Bernois se positionne favorablement.

De l'extension des autoroutes et du réseau ferroviaire, au débat sur la SSR ou à sa politique anti-loup musclée, il sait créer le débat. «Il a posé ses propres jalons, mais il s'est aussi profilé comme un bâtisseur de ponts», estime un parlementaire de droite en coulisse. 

Faux départ pour Baume-Schneider

En revanche, Élisabeth Baume-Schneider est empêtrée dans ses dossiers, après un faux départ. Avec son idée de conteneurs pour l'asile, elle a d'abord fait un bide au Conseil fédéral avant de se vautrer au Parlement. «La politique d'asile est son dossier le plus important, mais elle semble être en route sans stratégie. Elle a pris dès le début de mauvaises décisions, déclare à Blick le chef du groupe parlementaire du centre Philipp Matthias Bregy. On ne peut pas prendre des décisions à grande vitesse, en passant au-dessus des cantons et des communes concernés.»

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Le Valaisan sait de quoi il parle, puisque la commune de Tourtemagne, dans son canton d'origine, a été choisie contre son gré pour accueillir une installation de conteneurs. Elle est par la suite montée aux barricades.

Les grands projets font défaut

Élisabeth Baume-Schneider manque actuellement de grands projets politiques qui lui permettraient de marquer des points. Les procédures d'asile ont déjà été accélérées avant son arrivée, le mariage pour tous a été adopté et le droit de la société anonyme a été révisé.

L'interdiction de la gifle est un projet mis en route à l'heure actuelle, mais il aura plus un caractère symbolique que des conséquences pénales. Un vrai pilier sur lequel la Jurassienne pourrait laisser son empreinte n'est pour l'instant pas en vue.

«Inoffensive et naïve»

Ce ne sont toutefois pas seulement les thématiques portées par la ministre qui lui font défaut, mais aussi ses diverses apparitions. Par exemple dans les commissions. «Elle manque parfois d'assurance dans les dossiers, ce qui fait qu'elle ne respire pas la compétence, balance un membre du Parlement. De même, son caractère inoffensif et naïf ne renforce certainement pas son influence au sein du Conseil fédéral pour exister à côté de caractères bien trempés comme Alain Berset ou Karin Keller-Sutter.»

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À droite, notamment chez les libéraux-radicaux, beaucoup avaient anticipé cela. Lors de son élection au Conseil fédéral, certains avaient porté leur choix sur Élisabeth Baume-Schneider, considérée comme «plus faible», plutôt que sur Eva Herzog. Tout ceci afin de perturber les plans de têtes pensantes du PS.

Aussi sympathique que Rösti

Si la Jurassienne manque de pouvoir, elle ne manque pas pour autant de sympathie. Elle est appréciée au sein du Parlement. «Elle est sympathique et bien placée, poursuit Philipp Matthias Bregy. Personnellement, je m'entends très bien avec elle.»

C'est aussi ainsi qu'elle est perçue par la population. Dans le classement de sympathie, elle partage la troisième place avec Albert Rösti (avec 3,2 points sur 5), juste derrière Viola Amherd et Alain Berset.

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