Un retraité trop doué
Il fait exploser le budget communal avec... des queues de souris

Fin décembre, une tradition plus que centenaire a pris fin à Remetschwil: la commune argovienne a cessé de verser des indemnités pour les queues de souris, car le retraité Andreas Schären se montrait bien trop efficace dans le pillage de souricières.
Publié: 02.01.2022 à 17:56 heures
|
Dernière mise à jour: 02.01.2022 à 23:16 heures
1/10
Andreas Schären chasse les souris depuis deux ans à Remetschwil (AG).
Jana Giger (texte) et Nathalie Taiana (photos)

Andreas Schären, 67 ans, attrape jusqu'à 500 souris chaque mois dans les champs de Remetschwil, dans la campagne argovienne. Il coupe la queue des animaux et les rassemble dans un bocal. A la fin de la semaine, il les apporte à la commune. Là, il reçoit un franc de dédommagement par queue de souris livrée. Une prime qui a encore cours dans de nombreuses communes de Suisse.

Il s'agit d'une tradition vieille de plus de 100 ans, qui remonte aux invasions de rongeurs d'autrefois. A Remetschwil, la tradition a toutefois vécu: la commune située sur le versant du Heitersberg a cessé de verser cette indemnité le 31 décembre 2021. La raison? Notre retraité lui-même! Andreas Schären s'est montré trop efficace dans sa chasse aux rongeurs.

«Le nombre de queues remises a soudainement explosé», explique à Blick le secrétaire communal, Roland Mürset. Auparavant, la commune recueillait 200 queues par an. Aujourd'hui, c'est parfois plus du double en un seul mois. «Comme il n'est pas obligatoire de poursuivre la tradition, nous y avons mis fin», poursuit-il.

«J'ai probablement fait exploser le budget de la commune»

Un coup de frein pour Andreas Schären. «Je trouve cela très dommage, dit-il. La chasse aux souris est une activité saine dans la nature, qui permet de rester en forme.» Cela lui permet de faire des rencontres et de discuter avec des gens, ce qui le motive. «Mais là, je crois que j'ai fait exploser le budget de la commune», dit-il en riant.

Quand il était petit, il chassait les souris dans la ferme familiale pour arrondir ses fins de mois. A l'époque, il touchait 50 centimes par queue de souris. Après sa retraite, il y a deux ans, il a recommencé. «En faisant du deltaplane dans les champs de Remetschwil, j'ai remarqué qu'il y avait un nombre incroyable de souris», explique-t-il. Il a alors indiqué à la commune qu'il aimerait s'engager dans ce domaine et celle-ci n'a alors rien trouvé à redire.

Plus de 6000 souris en deux ans

Il s'est équipé de 72 pièges pour partir à la chasse aux souris. Chaque jour, il les installe dans les champs, ce qui lui prend une heure et demie. Ensuite, il contrôle plusieurs fois par jour le nombre de souris qu'il a attrapées. «Mon record en un jour est de 128. Au total, j'ai attrapé plus de 6000 souris en deux ans», déclare Andreas Schären.

Publicité

Il n'a reçu que des réactions positives de la part des agriculteurs de Remetschwil. «Ils étaient contents que quelqu'un mette un frein à la prolifération des souris», explique le retraité. Il ne sait pas encore comment les choses vont évoluer au cours de la nouvelle année. Même si l'argent n'était pas la priorité d'Andreas Schären, il estime que le travail doit être rémunéré: «Je ne le ferai pas gratuitement!»

(Adaptation par Jocelyn Daloz et Yvan Mulone)

Vous avez trouvé une erreur? Signalez-la