L'un d'eux a été tué par Israël
En 2012, des membres du Hamas étaient invités au Palais fédéral

En 2012, l'ex-conseiller national vert Geri Müller avait invité au Palais fédéral des membres du Hamas. L'un a été tué, l'autre est le porte-parole du groupe armé. Aujourd'hui encore, le politicien ne veut pas qualifier le Hamas d'«organisation terroriste».
Publié: 06.01.2024 à 19:07 heures
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Dernière mise à jour: 06.01.2024 à 19:09 heures
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Geri Müller et ses visites controversées (de gauche à droite): Sayyid Abu Musamih, le porte-parole du Hamas Mushir al-Masri, Geri Müller et Khamis al-Najjar.
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Guido Felder

L'Argovien Geri Müller avait déjà suscité l'indignation lorsque, alors qu'il était conseiller national vert, il avait rencontré en 2012 des représentants du Hamas au café du Palais fédéral. Une photo le montrant avec la délégation de trois personnes et un cadeau des invités dans les mains avait fait le tour des médias.

Cette invitation avait d'ailleurs provoqué la colère d'Israël. Le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Avigdor Lieberman, parlait d'«un exemple d'hypocrisie internationale». Pour l'Association Suisse-Israël, cette rencontre représentait «une insulte aux valeurs démocratiques et aux droits de l'homme qui constituent l'esprit de Genève».

Un des invités tué

Aujourd'hui, deux de ces invités font la une des journaux dans le cadre de la guerre actuelle à Gaza. Ainsi, Khamis al-Najjar a été tué fin décembre lors d'une attaque contre sa maison à Khan Younès dans la bande de Gaza. Sa femme, deux de ses enfants et un de ses petits-enfants ont aussi été tués. Khamis al-Najjar était médecin de profession et membre du Conseil législatif palestinien. Il entretenait des liens avec les Frères musulmans et aurait été responsable de l'enlèvement de soldats israéliens.

L'homme qui a remis le cadeau à Geri Müller fait également la une des journaux. Il s'agit du porte-parole du Hamas Mushir al-Masri. Selon des informations israéliennes, des fusils, des roquettes et des bombes ont été saisis à son domicile en décembre. Les deux représentants du Hamas ainsi qu'un autre invité figurent sur la liste de financement du terrorisme des Etats-Unis. Aucune nouvelle du troisième membre du groupe, Sayyid Abu Musamih. 

Cadeau remis

Geri Müller, aujourd'hui conseiller indépendant à Baden, déclare à la demande de Blick qu'il n'a plus eu de contact avec les invités depuis. «Je n'ai rencontré la délégation à la 'Vue des Alpes' près du Palais fédéral qu'une heure environ pour une séance.» Puis, il a remis le cadeau au Palais fédéral conformément aux prescriptions.

Geri Müller est président de la «Société Suisse – Palestine» et était à l'époque président du «Groupe d'amitié Suisse – Palestine» du Conseil national. La réunion avait été organisée, dans une situation d'urgence, pour discuter d'une amélioration de la situation pour la population palestinienne.

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Et il défend encore aujourd'hui cette réunion. Les trois invités souhaitaient échanger sur des problèmes de livraison de médicaments. Selon le Vert, la Suisse a toujours été connue pour s'entretenir avec les deux parties.

«Les tueries dans la bande de Gaza doivent cesser»

Concernant la mort de Khamis al-Najjar et la découverte d'armes chez Mushir al-Masri, Geri Müller déclare: «Les tueries dans la bande de Gaza doivent cesser. L'armée israélienne tue des milliers d'innocents dans sa campagne, plus de 70% sont des femmes et des enfants. De nombreux Israéliens portent visiblement leurs armes au quotidien.»

S'il reconnaît que le Hamas pratique la terreur, il ne le classerait pas comme une organisation terroriste. «Les colons israéliens et l'armée en Cisjordanie font aussi régner la terreur, et ils ne sont pas non plus qualifiés de terroristes», martèle Geri Müller. Le mot «terreur» dans une désignation ne rend service à personne. Il faudrait plutôt des discussions constructives. Pour l'ex-conseiller national, le Hamas est un «mouvement aux multiples éléments».

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