Le tribunal a tranché
19 ans de prison pour le jeune homme qui a enterré son ami vivant dans un grotte

Son acte extrêmement brutal a même laissé son avocat sans voix devant le tribunal. Pascal K. a enterré son ami Linus A. dans une grotte argovienne en avril 2019. Il a été condamné jeudi à plus de 19 ans de prison.
Publié: 20.10.2022 à 19:02 heures
Le jeune homme avait enterré son ami dans un grotte, causant la mort de celui-ci.
Ralph Donghi

Le Tribunal de district de Brugg (AG) a tranché: Pascal K.* devra purger une peine de prison de 19 ans et deux mois. Le 7 avril 2019, l'homme de 23 ans avait enterré vivant son ami Linus A.* dans une grotte, avant de se griller un cervelas à proximité.

Le meurtrier bénéficie d'une mesure stationnaire pour délinquants gravement perturbés. Le Tribunal de district l'a condamné à 19 ans et deux mois de prison, avec sursis au profit de la mesure.

Avant de prononcer le jugement, le président de la Cour déclare: «Vous êtes responsable. C'est un acte inconcevable, incompréhensible, cruel, bestial et inhumain.» Présent lors de la sentence, l'homme reçoit le jugement sans broncher. Puis il écoute, les bras croisés, les griefs retenus par le président.

Les proches en larmes

Pour des raisons de place et de sécurité, le procès a eu lieu dans le bâtiment de la police mobile d'intervention à Schafisheim (AG). C'est là que les proches de la victime ont pris la parole ce lundi. En larmes, ils ont évoqué leur souffrance.

L'avocat du prévenu a ensuite pris la parole. Il a déclaré que son client souffrait de TDAH, de troubles de la personnalité et d'un QI de 71, des éléments difficiles à soigner. Le médecin légiste a ensuite expliqué les circonstances de la mort de la victime, un récit difficile à écouter pour les proches, qui n'ont pu retenir leurs larmes.

L'accusé est resté le plus souvent à l'écart du procès

Quant à lui, Pascal K. n'est resté que peu de temps dans la salle d'audience lors du procès. Il a souhaité aller aux toilettes et n'est plus revenu. Il aurait eu «peur» de la foule. Il a ainsi préféré être interrogé dans une pièce voisine, par transmission vidéo dans la salle d'audience. Ses réponses aux questions étaient le plus souvent: «Je ne sais plus.»

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Mais même hors de la salle, le coupable demandait des pauses, buvant de l'eau le dos tourné à la caméra. Après avoir répondu aux questions, Pascal K. n'a pas assisté au reste du procès. Patrick Bürgi, l'avocat de la famille de la victime, a déclaré le lendemain au tribunal: «Un tel comportement est lâche et presque insupportable pour les proches.»

Mardi, la procureure a plaidé. Elle a affirmé que Pascal K. était «glacial» lors de son acte. Elle a requis 16 ans et quatre mois de prison ainsi qu'une mesure d'hospitalisation.

L'avocat de la défense: «C'était un acte spontané»

L'avocat des victimes a exprimé dans sa plaidoirie que les mots lui manquaient à la lecture de l'accusation. Pascal K. a laissé sa victime «mourir misérablement». Même l'avocat de la défense du coupable n'avait «pas vraiment» les mots pour décrire son acte. Il a tout de même dû les trouver pour son client et a déclaré que l'acte était «spontané». Quant au motif, il a parlé de la «jalousie» que Pascal K. avait envers sa victime. Il a demandé à ce que celui-ci soit condamné à douze ans de prison et à une mesure pour jeunes adultes.

Alors que le coupable leur adressait ses derniers mots, les proches de la victime se sont contentés de secouer la tête: «Je me suis excusé d'avoir tué votre fils de la manière la plus brutale.» Puis il a pris congé en disant: «Bien, je crois que c'est tout.»

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