Le patron de Moderna, Stéphane Bancel
«Nous négocions un abonnement de vaccination avec la Suisse»

Le producteur de vaccins Moderna souhaite approfondir sa collaboration avec la Suisse. Des négociations sont en cours sur un abonnement de vaccination avec un engagement d'achat d'un certain volume par la Suisse. Il souhaite aussi y développer des essais cliniques.
Publié: 21.12.2021 à 11:52 heures
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Dernière mise à jour: 21.12.2021 à 16:27 heures
Le patron de la société de biotechnologie américaine Moderna, le Français Stéphane Bancel, envisage un partenariat avec la Suisse.
ATS/Blick

Moderna est en contact presque hebdomadaire avec la Confédération. La société est en train de discuter d'un partenariat avec la Suisse, comme elle l'a déjà fait de manière similaire avec l'Australie et le Canada, a indiqué le patron de la société de biotechnologie américaine, Stéphane Bancel, dans une interview accordée mardi aux titres de Tamedia.

«Nous avons entamé des négociations avec la Suisse pour un abonnement de vaccination. Nous souhaitons également investir en faveur de scientifiques en Suisse et y développer des vaccins dans des laboratoires d'hôpitaux et d'universités», détaille Stéphane Bancel, le patron français de l'entreprise. Moderna souhaite également réaliser davantage d'essais cliniques en Suisse.

Dans certains pays, qui deviennent partenaires, la société de biotechnologie américaine installe en contrepartie une unité de production. En Suisse, le modèle est différent en raison de la collaboration avec Lonza. L'homme d'affaires souhaiterait conclure un partenariat à long terme avec la Suisse, avec un engagement d'achat pour un certain volume. Cela permettrait une livraison rapide, même en cas de nouveau virus. Il pourrait s'agir d'un partenariat entre Moderna, Lonza et la Confédération. «Mais il est encore trop tôt pour donner des détails», relève Stéphane Bancel.

Une troisième vaccination pour les trentenaires

Mais pour l'heure, les personnes vaccinées contre le coronavirus en Suisse devraient recevoir rapidement une dose de rappel, conseille Stéphane Bancel. Elles seraient ainsi bien protégées contre une hospitalisation et une évolution grave de la maladie après une infection par le variant Omicron.

«Nous remarquons que les groupes à risque comme les plus de 50 ans ont besoin d'un booster annuel, a déclaré Stéphane Bancel. Pour les trentenaires, la troisième vaccination devrait être la dernière. Le virus ne devrait plus muter aussi fortement.» Certaines personnes vaccinées pourraient continuer à recevoir un rappel tous les deux ou trois ans, sur la même base que pour la grippe. Ce qui augmenterait leurs défenses immunitaires et permettrait de ne souffrir que modérément des effets du virus.

Trois mois pour le développement du vaccin adapté

Moderna travaille aussi sur un vaccin adapté, dont le développement prendrait environ 90 jours, voire moins. La question se pose toutefois de savoir si les autorités d'homologation comme Swissmedic exigeront à nouveau une étude pour ce vaccin adapté, ce qui prendrait trois mois supplémentaires. «Au final, cela pourrait prendre jusqu'à six mois avant de disposer d'un vaccin Omicron.»

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Combination de trois vaccins

Une série de vaccins à ARNm est en cours de développement, par exemple contre la grippe ou les virus RS, qui provoquent une maladie respiratoire mortelle chez les personnes âgées et les jeunes enfants. «Nous pourrions combiner ces trois vaccins à ARNm en une seule dose et proposer aux gouvernements de s'assurer des livraisons pour une quantité donnée pendant plusieurs années.»

En cas de nouvelle pandémie, Moderna pourrait développer très rapidement un nouveau vaccin. Un pays qui se serait assuré des quantités régulières serait alors livré en priorité.

(Adaptation par Alexandre Cudré)


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