L'action de la société plonge
Un médicament suisse prometteur contre le Covid fait un gros flop

Double peine pour la société zurichoise Molecular Partners: sa substance Ensovibep, prometteuse pour lutter contre le Covid-19, n'a pas passé les tests d'autorisation de mise sur le marché. Depuis, les cours de l'action de l'entreprise sont en chute libre.
Publié: 17.11.2021 à 08:24 heures
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Dernière mise à jour: 17.11.2021 à 17:17 heures
Sur les antennes de Blick TV, le patron de Molecular Partners, Patrick Amstutz promettait une révolution avec son médicament contre le Covid-19.
Conny Tovar

Les espoirs et l’euphorie de la société zurichoise Molecular Partners étaient énormes: avec leur molécule Ensovibep, ils prévoyaient de faire avancer la lutte contre le Covid-19 avec un nouveau traitement. Malheureusement, les premières études menées pour obtenir les autorisations du médicament sont venues doucher leurs ambitions.

La société a effectivement annoncé mardi que la substance n’avait pas atteint les objectifs escomptés lors de ces tests. En plus de la déception, les cours de l’action de la société ont perdu près de 40% de leur valeur à la mi-journée, atteignant 8,10 francs. Une perte conséquente de 5,53 francs par rapport à la veille.

Il y a trois mois, tout semblait pourtant sourire à Molecular Partners. Son PDG, Patrick Amstutz, avait fait part au micro de Blick TV de la percée que pourrait constituer l’utilisation d’Ensovibep dans la lutte contre la pandémie de Covid. «Ce serait un coup contre le virus parmi tant d’autres, mais un coup très prometteur», avait prédit le chef d’entreprise le 11 août dernier.

Comment était censé fonctionner Ensovibep?

Le médicament est un immunothérapeutique. Dans son approche, la thérapie est comparable aux mélanges d'anticorps avec lesquels le virus doit être neutralisé. Molecular Partners travaille avec des darpins, des protéines dites artificielles, une sorte de mini-anticorps qui s'attaque au virus.

Le médicament est un immunothérapeutique. Dans son approche, la thérapie est comparable aux mélanges d'anticorps avec lesquels le virus doit être neutralisé. Molecular Partners travaille avec des darpins, des protéines dites artificielles, une sorte de mini-anticorps qui s'attaque au virus.

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La Confédération avait obtenu 200’000 doses

D’après Patrick Amstutz, la Confédération a investi plusieurs millions dans le développement du médicament pour assurer sa distribution. L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) avait même signé un accord avec Molecular Partners pour se procurer des doses d’Ensovibep dans le cas où la substance aurait été approuvée grâce aux essais cliniques.

Avec ce contrat, la Confédération s’était assuré un accès prioritaire aux 200’000 premières doses du médicament et un droit de fournir jusqu’à trois millions de doses supplémentaires.

Les premiers résultats du médicament étaient si prometteurs que, quelques mois plus tard, le géant pharmaceutique bâlois Novartis s’était également rapproché de Molecular Partners. Des plans étaient déjà en place pour augmenter la production dans un délai très court une fois le médicament entièrement développé et approuvé. Le marché boursier avait alors réagi rapidement puisque l’action avait augmenté de plus de 30%. Aucune autre action de la bourse suisse n’avait été aussi populaire ce jour-là que celle de Molecular Partners.

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(Adaptation par Louise Maksimovic)

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