La proportion de femmes au Conseil national a baissé
Quel président de parti a tenu sa parole?

Les présidents des partis suisses ont promis avant les élections d'amener plus de femmes au Parlement, réparties entre le Conseil national et le Conseil des Etats. Il est temps de faire les comptes. Qui a tenu son pari et qui ne l'a pas fait?
Publié: 25.10.2023 à 15:35 heures
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Dernière mise à jour: 25.10.2023 à 15:42 heures
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La coprésidente du PS Mattea Meyer (à droite) avait promis à Min Li Marti: «Nous nous présentons avec des listes 50-50 comme toujours.» Un pari qu'elle a tenu.
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Sophie Reinhardt

Il y a quatre ans, de nombreuses femmes ont célébré ce que l'on appelle «les élections féminines»: 20 nouveaux sièges ont été conquis par des femmes politiques au Conseil national. Elles sont ainsi passées de 32 à plus de 40% en un seul coup à la Chambre haute.

Malgré cela, les femmes étaient toujours sous-représentées en politique par rapport à leur part dans la population. Le projet «Helvetia vous appelle!» s'est fixé pour objectif de changer cela. Il a demandé aux chefs de parti, sous forme d'un pari, de viser des objectifs encore plus ambitieux pour les élections de cette année.

Après les élections, Blick fait les comptes: qui a tenu sa promesse?

Marco Chiesa: objectif atteint, avec peu d'ambition

Le président de l'UDC Marco Chiesa a parié avec les conseillères nationales Diana Gutjahr et Céline Amaudruz que l'UDC se présenterait aux élections avec plus de candidates qu'en 2019 dans toute la Suisse.

Ce n'était certes pas très ambitieux: il y a quatre ans, 22% seulement des candidats UDC étaient des femmes. Pour les élections de cette année, elles sont désormais 25%. Le chef de l'UDC peut donc se réjouir.

Au sein du groupe parlementaire de l'UDC, la proportion de femmes a toutefois baissé. Parmi les 21 nouveaux élus de l'UDC, on compte uniquement trois politiciennes. Seuls 12 de leurs 62 sièges sont occupés par des femmes. C'est l'une des raisons pour lesquelles la proportion féminine au Conseil national sera plus faible qu'au cours des quatre dernières années. Sur les 200 conseillers nationaux, il n'y a plus que 77 femmes, soit sept de moins qu'il y a quatre ans.

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Gerhard Pfister: promesse presque tenue

Le président du Centre Gerhard Pfister avait également promis de présenter davantage de candidates. Et plus encore: les meilleures places sur les listes, c'est-à-dire les plus hautes, doivent être occupées pour moitié par des femmes. Il gagne la première partie du pari. Le Centre a réussi à enthousiasmer plus de femmes pour une candidature que le PDC et le PBD (officiellement disparus en 2021 pour créer Le Centre) réunis il y a quatre ans.

Gerhard Pfister a presque réussi à imposer dans tous les canons que les meilleures places soient occupées par des femmes. A Schaffhouse, Le Centre n'a toutefois pas trouvé de candidate. A Uri également, seul Simon Stadler s'est présenté, et à Appenzell Rhodes-Intérieures, Thomas Rechsteiner.

Thierry Burkart: pari perdu

Le chef du PLR Thierry Burkart s'est montré particulièrement ambitieux. Il a parié avec la présidente des femmes PLR Susanne Vincenz-Stauffacher qu'il parviendrait à augmenter la part des femmes dans le groupe parlementaire à 40%. Alors que pour la législature qui s'achève, elle n'était que de 29%.

Même si la conseillère aux États fribourgeoise Johanna Gapany est réélue au deuxième tour, le parti libéral-radical comptera 34% de femmes. Thierry Burkart manque ainsi nettement son objectif. Cette situation s'explique notamment par un manque important de femmes au Conseil des Etats. Jusqu'à présent, le PLR ne peut compter que sur Petra Gössi.

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Dans la Chambre haute, la proportion de femmes est traditionnellement plus faible qu'au Conseil national. De ce côté, aucune détérioration ne semble se dessiner. En 2019, 13 femmes ont été élues au Conseil des États, qui compte 46 membres. A l'heure actuelle, dix femmes ont un siège assuré.

Toutefois, des candidatures féminines prometteuses à Zurich, Soleure et Fribourg se lancent dans le second tour.

Mattea Meyer: peut citer de nombreuses femmes

Il y a un an, la coprésidente du PS Mattea Meyer avait également promis à la conseillère nationale socialiste Min Li Marti d'attribuer la moitié des places sur les listes à des femmes.

L'analyse montre que 230 personnes se sont présentées pour les socialistes, dont 127 femmes. Cela correspond à une proportion de 55%. Mattea Meyer tient donc sa promesse. Le parti de l'égalité autoproclamé peut ainsi présenter une majorité de femmes dans le nouveau groupe parlementaire du Conseil national.

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Lilian Studer: pari gagné, siège féminin perdu

La présidente du Parti évangélique (PEV) Lilian Studer avait avancé que son parti se présenterait avec au moins 40% de femmes. Elle aussi a tenu sa promesse. 40 femmes et 36 hommes se sont présentés pour le PEV, ce qui correspond à une part de femmes de 53%.

Il y a tout de même une grosse ombre au tableau: comme Lilian Studer elle-même a été élue, plus aucune femme ne siège au Parlement pour le PEV.

Balthasar Glättli et Jürg Grossen: les partis écologistes tiennent parole

Le président des Vert-e-s Balthasar Glättli et le président des Vert'libéraux Jürg Grossen ont donné leur parole que la politique de leurs partis au Palais fédéral sera représenté par au moins 50% de femmes au cours de la nouvelle législature. Les deux hommes remplissent leur objectif, même si le Conseil des Etats n'est pas encore définitivement pourvu, car des seconds tours sont encore prévus.

Chez les Vert'libéraux, un si grand nombre d'hommes a été éliminé dimanche que la proportion de femmes au Conseil national culmine à 70%. La nouvelle proportion n'est donc pas vraiment une raison de se réjouir.

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Chez les Vert-e-s, la proportion de femmes au Conseil national est désormais de 57%. Ils peuvent en outre espérer qu'en plus de Maya Graf et Céline Vara, toutes deux réélues, d'autres femmes trouvent le chemin du Conseil des Etats, ce qui augmenterait encore nettement le nombre de politiciennes au sein du groupe parlementaire.

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