Initiative sur le tabac
Le «oui» se justifie aussi au niveau économique

La publicité pour le tabac est un déclencheur essentiel pour que les jeunes commencent à fumer, a affirmé mardi un comité interpartis en faveur de l'initiative soumise au peuple le 13 février. Un «oui» à ce texte se justifie aussi du point de vue économique.
Publié: 18.01.2022 à 13:03 heures

«Il ne fait aucun doute que la publicité pour le tabac est efficace, sinon pourquoi tant d'argent y serait-il investi?», a pointé Jean-Daniel Schumacher (PLR), selon le communiqué d'un comité interpartis en faveur de l'interdiction de la publicité à destination des jeunes. Outre le PS, les Verts et les Vert'libéraux, les autres partis représentés comprennent aussi le PEV, l'UDF, les femmes du Centre et le Parti pirate.

«Quand on regarde de près la publicité, on s'aperçoit qu'elle cible explicitement les jeunes. Prétendre que la publicité n'est pas utilisée pour gagner de nouveaux clients, mais gagner des parts de marché est tout simplement malhonnête et contredit toutes les recherches», a ajouté Jean-Daniel Schumacher.

La consommation de tabac entraîne chaque année 9500 décès évitables et constitue le principal facteur de risque pour un grand nombre de maladies chroniques.

Sidney Kamerzin (Centre/VS) ne comprend pas que le Parlement renonce à des mesures efficaces, même au vu des coûts de la santé liés au tabac, qui s'élèvent à 3 milliards de francs par an. «Pour une famille de quatre personnes, cela veut dire que près de 1500 francs par année doivent être payés pour les conséquences du tabagisme sur la santé», a imagé le député.

A cela s'ajoutent chaque année 2 milliards de coûts pour les pertes de production. Aux yeux de Sidney Kamerzin, «il est inexplicable que l'économie s’accommode d’une telle situation depuis des années».

Des économies de 400 à 600 millions de francs

Le calcul de l'avantage économique d'une réglementation systématique de la publicité pour le tabac a montré qu'elle permettrait de réaliser, jusqu'en 2060, des économies de 400 à 600 millions de francs.

Publicité

Durant la même période, soit en plus de 40 ans, les restrictions publicitaires entraîneraient un transfert de 340 à 540 emplois. En effet, «80% des produits du tabac fabriqués en Suisse sont destinés à l'exportation. Une restriction publicitaire au niveau national aurait donc ici des conséquences minimes. De plus, la production de tabac nécessite peu de main-d'oeuvre», souligne le conseiller national Michel Matter (PVL/GE).

La loi sur les produits du tabac, qui entrera en vigueur indépendamment de l'issue de la votation, ne porte que sur la publicité qui cible, de l'avis de l’industrie du tabac, explicitement les jeunes, selon le comité.

Si l'initiative est acceptée, la restriction concernera la publicité pour le tabac qui touche également les jeunes, plaide-t-il dans son communiqué. La loi sur les produits du tabac serait ainsi améliorée de manière décisive.

«Ces dernières années, la publicité pour le tabac a fortement migré des canaux publicitaires classiques. Elle est aujourd'hui très présente sur Internet, les réseaux sociaux, dans les points de vente et festivals. Donc exactement là où les jeunes sont», constate la députée Léonore Porchet (Vert-e-s/VD).

Publicité

«Selon la loi sur les produits du tabac, la vente de produits du tabac aux moins de 18 ans est interdite. En conséquence, la publicité pour ceux-ci ne doit pas non plus être autorisée», a résumé le sénateur Hans Stöckli (PS/BE).

(ATS)

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