Guy Parmelin «observe» mais n'agit pas
La gauche critique la posture attentiste du gouvernement face à la crise du logement

Le ministre de l'Économie, Guy Parmelin, assure être conscient des possibles conséquences sociales que peut avoir la crise actuelle du logement… sans pour autant mettre en place des mesures concrètes. La gauche ne supporte plus cet attentisme.
Publié: 07.03.2023 à 16:00 heures
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Le ministre de l'Économie, Guy Parmelin, préfère observer la situation plutôt que de prendre des mesures immédiates contre la crise du logement.
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Lea Hartmann

«Nous observons la situation.» Cette déclaration des membres du Conseil fédéral est devenue plus qu’habituelle en temps de crise, surtout depuis la pandémie de Covid-19. Face à la pénurie actuelle de logements, le gouvernement adopte la même posture: observer et attendre, alors que les loyers sont déjà presque inabordables pour certaines personnes.

Le ministre de l’Économie, Guy Parmelin, chef de l’Office fédéral du logement (OFL), semble être conscient de la situation critique actuelle. Il a récemment mis en garde contre les «tensions sociopolitiques» si les loyers augmentent «et que les personnes aux revenus modestes ne trouvent plus de logement».

Mais une fois encore, le gouvernement préfère l’observation à l’action. «Je suis très attentivement l’évolution de la situation et j’examine les mesures possibles avec l’OFL», a encore assuré le conseiller fédéral à la «SonntagsZeitung».

«C’est une tragédie»

Carlo Sommaruga, conseiller aux États socialiste et président de l’Association des locataires, constate aussi l’invertie du gouvernement. «Le Conseil fédéral ne voit pas la nécessité de prendre des mesures immédiates pour l’instant, mais il suit de près l’évolution de la situation», a-t-il dit dans une intervention. Le Genevois semble affligé: «Il est incroyable que le Conseil fédéral ne propose rien face à une telle situation d’urgence et à la menace d’une crise sociale.»

La conseillère nationale des Vert-e-s Natalie Imboden, du canton de Berne, est saisie de la même incompréhension. «C’est une tragédie. L’analyse de Parmelin selon laquelle la situation actuelle conduit à des distorsions sociales est juste. Mais maintenant, il faut agir d’urgence!», appelle-t-elle.

Contacté par Blick, l’Office fédéral du logement a indiqué que de premières mesures avaient été discutées. Mais rien n’est encore «prêt à être décidé». Il existe pourtant depuis des années un groupe composé de représentants de la Confédération, des cantons et des villes qui se réunit pour discuter de la politique du logement. Mais cet organe ne se rencontre qu’une fois par an. La dernière fois, c’était en septembre dernier.

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Plus de rendement au lieu de loyers plus bas?

L’impatience grandit au Parlement. Même le camp bourgeois estime qu’il faut agir. Lundi, deux interventions du conseiller aux États lucernois Damian Müller, membre du PLR, étaient à l’ordre du jour de la Chambre basse. Il a demandé au Conseil fédéral d’examiner les facteurs qui ont conduit à l’explosion des loyers – et de proposer des mesures pour s’attaquer au problème à moyen et long terme.

Mais rien ne changera rapidement. De plus, dans la foulée, le Conseil des États se prononcera également sur une intervention du conseiller aux États grison Stefan Engler. Le titre de sa proposition est prometteur: «Plus de sécurité juridique dans le droit de la location» – aussi bien pour les bailleurs que les locataires.

Les partis de gauche préviennent toutefois qu’une telle proposition permettrait d’ancrer dans la loi des rendements plus élevés pour les bailleurs. Il s’agit de définir de combien le rendement net peut être supérieur au taux d’intérêt de référence fixé par la Confédération.

La proposition devrait être clairement acceptée, et le Conseil fédéral la salue aussi. Mais pour les représentants des locataires comme Natalie Imboden et Carlo Sommaruga, les choses sont claires: au lieu de s’attaquer au problème, une telle proposition ne fait que l’aggraver.

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