Election au Conseil fédéral
Mauvaise orthographe, écriture illisible... Quels sont les risques pour des bulletins invalides?

Certains membres du Parlement n'ont pas tous une écriture bien lisible. Et tous ne savent pas comment s'écrit le nom d'un candidat. De telles erreurs compliquent parfois le comptage des voix lors de l'élection du Conseil fédéral, comme en 1999.
Publié: 08.12.2023 à 19:56 heures
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Le choix le plus passionnant de l'élection du Conseil fédéral de mercredi prochain sera celui entre Jon Pult (à gauche) et Beat Jans.
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Pascal Tischhauser

Mercredi prochain auront lieu les élections au Conseil fédéral. Six membres du gouvernement doivent être confirmés et le successeur d'Alain Berset doit être désigné. Parmi les bulletins de vote déposés, on trouve régulièrement des bulletins nuls. C'est à se demander si certains parlementaires sont incompétents... ou plutôt malins.

Lors de ces élections, les deux candidats ont un nom court: Jon Pult et Beat Jans – facilement confondables. Si un parlementaire inscrit l'un des deux Socialistes, un voisin indiscret aura de la peine à distinguer qui a été inscrit.

Des astuces existent

Même si le groupe parlementaire a demandé avec insistance à ses membres de voter pour l'un des candidats officiels, il existe une astuce qu'utilisent parfois les élus.

Imaginons qu'un parlementaire ne souhaite pas voter pour Gherard Andrey, mais que pour faire croire à ses voisins de siège, il griffonne un long nom. Il écrit alors quelques signes illisibles sur le bulletin de vote, et celui-ci devient ainsi invalide. Les noms mal orthographiés, comme John Puld ou Beat Jenins, seraient acceptés. Mais de telles erreurs d'écriture ne facilitent pas le décompte.

Même si l'on ne prévoit qu'un quart d'heure par tour dès huit heures du matin, les élections au Conseil fédéral s'éternisent. Les six membres actuels du Conseil fédéral sont d'abord confirmés dans leurs fonctions, en commençant par Guy Parmelin. La première élection devrait être rapide.

La réélection de Cassis pourrait prendre du temps

Mais la deuxième élection pourrait prendre plus de temps. Les Vert-e-s attaquent le siège PLR d'Ignazio Cassis avec le conseiller national Gerhard Andrey. Même si le Fribourgeois échoue, deux ou trois tours de scrutin pourraient être nécessaires. D'autant plus si quelqu'un se permet une petite plaisanterie et écrit simplement Gerhard. Il pourrait aussi s'agir du chef du Centre Gerhard Pfister. Cela retarderait les élections.

Et tout ceci peut influencer les résultats. Comme dans le cas Roos en 1999, les deux conseillers fédéraux du Parti démocrate-chrétien (PDC) Arnold Koller et le défunt Flavio Cotti avaient démissionné. Deux femmes PDC, Rita Roos et Ruth Metzler, avaient été désignées comme candidates à la succession d'Arnold Koller.

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Au troisième tour de scrutin, elles ont obtenu chacune 122 voix. Un bulletin de vote portant le nom de «Roth» a été déclaré nul. S'il avait été attribué à Rita Roos, elle aurait été élue conseillère fédérale. Mais lors de l'élection de remplacement de Flavio Cotti, c'est justement Jean-François Roth qui a été désigné comme candidat. On a donc supposé qu'il s'agissait de lui. Cela a coûté l'élection à Rita Roos.

Keller-Sutter ne doit pas s'inquiéter

Revenons au 13 décembre: après la plausible confirmation d'Ignazio Cassis dans ses fonctions, la réélection de Viola Amherd devrait aller vite. Il n'y aura pas non plus d'attaque contre Karin Keller-Sutter. Ainsi, la réélection d'Albert Rösti et d'Elisabeth Baume-Schneider devraient également rapides.

Ensuite – il devrait être midi – l'Assemblée fédérale procédera à la succession de Berset. En théorie, une seule voix pourrait suffire pour désigner le nouveau membre du Conseil fédéral. Et ce, si 245 conseillers nationaux et aux Etats votent blanc et que seul Jon Pult écrit son propre nom.

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