Aux Swiss Press Awards 2023
Maurine Mercier est sacrée journaliste de l'année pour son travail à Boutcha

Maurine Mercier (RTS) est la journaliste suisse de l'année. Elle a été récompensée pour son reportage à Boutcha, théâtre de massacres de l'armée russe. Le photographe de l'année est le Bernois Alex Kühni (Tamedia), aussi pour son travail en Ukraine.
Publié: 28.04.2023 à 20:35 heures
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Dernière mise à jour: 28.04.2023 à 20:37 heures
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Maurine Mercier, formée à La Télé Vaud-Fribourg et qui s'était déjà fait connaître pour ses reportages en Tunisie et en Libye, est honorée pour son reportage à Boutcha, dans lequel elle a pu tendre son micro à une femme violée pendant deux semaines dans sa maison par des soldats russes.

Les prix de l'édition 2023 des «Swiss Press Awards» ont été remis vendredi soir à Berne par la Fondation Reinhardt von Graffenried, en présence de la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider. Maurine Mercier a été sacrée journaliste de l'année par le jury, qui a relevé le «talent exceptionnel» de la journaliste de 41 ans, née d’une mère québécoise et d’un père vaudois, et basée à Kiev depuis plus d'une année.

Maurine Mercier, formée à La Télé Vaud-Fribourg et qui s'était déjà fait connaître pour ses reportages en Tunisie et en Libye, est honorée pour son reportage à Boutcha, dans lequel elle a pu tendre son micro à une femme violée pendant deux semaines dans sa maison par des soldats russes.

Ces témoignages poignants de la mère et de sa fille de 13 ans ont déjà valu à Maurine Mercier les prestigieux prix Jean Dumur et Prix Bayeux des correspondants de guerre, l'année dernière. La journaliste collabore également avec France Inter, TV 5 Monde et la RTBF.

Journalisme de données à l'honneur

La guerre en Ukraine a également valu le titre de photographe suisse de l'année à Alex Kühni, envoyé spécial pour les rédactions de Tamedia. Le Bernois avait déjà remporté la catégorie «International» du Swiss Press Photo 2023, dévoilé le 5 avril dernier. «Parce que (ces photos) laissent sans voix, parce qu'elles sont monstrueuses et courageuses à la fois», avait alors écrit la présidente du jury, Albertine Bourget.

La catégorie texte des «Swiss Press Awards» est remportée par Barbara Achermann, pour son enquête sur le climat de peur et d'humiliation au sein de l'Académie de danse de Zurich. L'article publié dans l'édition suisse du magazine allemand «Die Zeit» a conduit à l'ouverture d'une enquête administrative au sein de l'institution.

Dans le domaine online, c'est le journalisme de données qui est à l'honneur. Le trio de journalistes de SRF, Pascal Albisser, Julian Schmidli et Lukas Frischknecht, se voit récompensé pour un «moniteur climatique» qui permet de prendre la mesure, en Suisse aussi, du changement climatique.

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Soutenir le journalisme de qualité

En vidéo, le jury honore Cristina Karrer (NZZ Format), pour son reportage à Turkana, dans le nord du Kenya, où il n'a plus plu depuis trois ans. Une sécheresse extrême qui oblige les habitants à trouver de nouvelles stratégies de survie.

Enfin, pour le journalisme local, Martina Brassel, de la rédaction régionale de SRF, est récompensée pour son enquête dans le canton d'Appenzell Rhodes-Intérieures sur un conflit entre des chasseurs et un fonctionnaire cantonal de la chasse.

La Fondation Reinhardt von Graffenried a été créée en 2009 dans le but de soutenir le journalisme et la photographie de presse dans les médias imprimés et en ligne. Les vainqueurs des différentes catégories se voient remettre chacun la somme de 15'000 francs, les journaliste et photographe de l'année repartant eux avec 25'000 francs chacun.

(ATS)

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